• Autant en emporte le vent LC L'intégrale

    Autant en emporte le vent LC  

    Best-seller absolu depuis sa parution en 1936 ! En pleine guerre de Sécession, la ravissante et très déterminée Scarlett O'Hara voit le bel avenir qui lui était réservé à jamais ravagé. Douée d'une énergie peu commune, elle va se battre sur tous les fronts, dans la Géorgie en feu, pour sauver la terre et le domaine paternels : Tara. Ses amours ? Le fragile et distingué Ashley Wilkes et Rhett Butler, forceur de blocus et séduisante canaille, attiré par Scarlett parce qu'elle n'a pas plus de scrupules que lui... Amours romantiques, violentes, impossibles, rythment ce grand moment de l'histoire américaine, le drame du Sud.

     

    Autant en emporte le vent LC   L'intégraleDans quelle catégorie ranger ce roman ?  Saga familiale, romance historique ? Après tout on s'en fiche, c'est un peu tout ça à la fois, mais c'est surtout Le livre à lire. Personnellement c'est ici une relecture. 

    J'ai découvert ce roman, certainement comme beaucoup de personnes ,après avoir vu la version cinématographique et être tombée sous le charme de Scarlett via Vivian Leight . Cependant l'adaptation de ce roman qui lui a valu 8 Oscars ne rend pas complètement hommage au roman et à son héroïne. Il faut suivre Scarlett dans son quotidien, partager ses pensées le plus intimes pour cerner le personnage et voir au delà de la première impression.

    Scarlett est un personnage hors du commun, qui séduit le lecteur par sa volonté farouche de s'en sortir. De sauver Tara. Et pourtant elle a tout d'une peste !  Eh bien malgré tout, Scarlett l'on voudrait bien lui ressembler un peu, si l'on n'avait crainte d'être stigmatisée, d'être mise au ban de la bonne société sudiste. Et l'auteur de mettre en avant le pouvoir du qu'en dira-t-on, de brosser le portrait d'une féministe avant-gardiste  qui choque par ses propos, ses comportements, son audace. Margaret Mitchell s'attache à dépeindre la condition féminine au XIXe siècle.  De part son tempérament de rebelle la jeune fille de 17 ans a bien du mal à se plier aux conventions sociales. A 17 ans la reine du comté ne rêve que de tenues de bal, à flirter alors qu'elle doit tenir son rang de veuve.  Sa rencontre avec Rhett Buttler et la guerre vont bouleverser  sa vie.

    La jeune femme fera feu de tout bois pour parvenir à ses fins. En ses temps troublés pour elle la fin justifie les moyens.

    L'auteure brosse le portrait d'une jeune peste, ado choyée, capricieuse, manipulatrice, à qui personne ne résiste sauf  ... Ashley. Enfin presque... Ashley et son sens de l 'honneur, des obligations sociales. Dans le premier tome du roman l'auteure nous dépeint un passé lointain, que nous ne peinons  pas à imaginer tellement  Margaret Mitchell le fait avec ce talent qui lui est propre. 

    Férue d'histoire, c'est toujours  un plaisir de plonger dans une fresque historique, c'est à mon sens une manière très ludique de s'instruire. C'est une période tragique de l' HISTOIRE  Américaine que nous conte l'auteure. Elle nous fait découvrir l'envers du décor. Pour nombreux  d'entre nous cette guerre contre les Esclavagistes du Sud fut une cause noble. Mais tout est loin d'être noir ou blanc.  Elle remet en question certaines de nos croyances. Quelle cause vaut-elle de commettre en son nom des atrocités innommables ? La libration des noirs du joug de leurs tortionnaires était-elle la seule et unique raison de cette guerre entre entre Conféderés et Unionistes ? N'existait-il pas comme dans beaucoup de guerres des enjeux politiques bien plus importants ?

    C'est ce volet que l'auteure développe ici.  L'aventure humaine, les effets pervers de la guerre, hier comme aujourd’hui, les conséquences dramatiques sur la population sont toujours les mêmes, chaos et dévastation, destruction et reconstruction.

    Si le film laisse entrevoir l'ambiance des romans, la plume de Margaret Mitchell justifie son Pulitzer. L'émotion est au rendez vous, la détresse d'une communauté brisée par la botte implacable des Yankees est palpable. Tandis que la liberté, dont certains ne savent que faire, est rendue  aux "noirs", les droits des  Sudistes sont bafoués à moins de renier ses valeurs.

    L'auteure s'attache à décrire les sentiments ambivalents des vainqueurs envers la population noire, les exactions non sanctionnés d'une population libérée et livrée à elle même. Elle brosse avec réalisme le contexte social de l'époque et les conséquences futures , certainement dus à des erreurs de tactiques, sur le devenir, sur cette  fracture subie par la société américain suite à la  Guerre de Sécession et qui ne fut pas résolue par l abolition de l'esclave. La violence extrême  relatée dans ce roman et subie par les états du Sud par les armées du général Sherman  aggravera les relations communautaires. Nous assistons à la naissance du Klu Klux Klan qui ici se subtilise à la loi de l'armée Américaine qui ne punit pas les délits commis par les anciens esclaves. L'image de ce corpuscule est ici très édulcorée et ses actions  semblent justifiables ? Mais la réalité est tout autre. Il ne faut pas l'oublier que ce roman traduit l'état d'esprit de l'auteure  bercée durant son enfance  par des récits sur la Guerre de Sécession et elle n'est peut-être pas très objective. Les rapports raciaux sont assez paternalistes. Difficile de juger du réalisme des liens entre maîtres et esclaves. La relation de Scarlett  avec Mama est finement décrite  avec habileté et justesse en brossant le destin partagé entre patrons et esclaves. On peut la penser crédible.

     C'est dans ce contexte historique que Margaret Mitchell place notre héroïne et nous offre une analyse des comportements humains. Scarlett et tous ses amis survivants du drame qui les frappe va devoir s'adapter. C'est soit vivre ou survivre en attendant des jours meilleurs, le retour au passé. 

    Scarlett ne veut pas survivre, elle veut vivre pleinement,  ayant subit trop restrictions. Tout comme son père elle se bat bec et ongles faisant fi de conventions sociales, des principes d'une communauté conservatrice. Pour elle le passé est mort, il faut songer à l'avenir. Et peut importe les moyens pour atteindre son but. Elle choque, pour autant derrière la cuirasse qu'elle s'est forgée, il faut voir une jeune fille apeurée, torturée,  ne rechignant pas à l'effort pour mettre à l'abri les siens. Ce qui lui permet de repousser à demain toute question  de bien fondé. Oui elle y pensera demain, demain quand elle sera à l'abri elle redeviendra une femme honorable, suivra les préceptes inculqués par Ellen, sa, mère.  La religion est très présente dans ce roman. Scarlett craint un Dieu vengeur, mais parfois se fiche bien de ce Dieu qui laisse les siens dans la misère.

     Dans cette oeuvre tous les personnages sont importants. aucun ne laisse indifférent.  L'on s'attache à la douce Melly, l'on peine à comprendre Ashley, on s' horrifie devant les comportements machiavéliques de Scarlett, on est séduit  par Rhett à la fois bad boy de service et parfait gentleman, on rêve d'une Mama à nos cotés... Chaque personnage vous touche et vous émeut. Ils connaissent  tous cette époque difficile, enchaînant la prospérité, la guerre, et la reconstruction, dévoilant ainsi les différentes facettes de leur personnalité, leurs failles et leurs faiblesses. Mais il y a aussi tous les autres, Les Fontaine, les Tarleton, Les Mead, Les Merriweather, Tous ces personnages qui font aussi l'histoire.

    C'est un roman complet et puissant avec une romance classique  avec son triangle amoureux et originale à la fois avec son aboutissement.  Elle nous tient en haleine dans ce jeu de chat et de la souris, dans ce ballet  de joutes verbales entre Scarlett et Rhett. Rhett dont on ne comprend pas toujours sa patience envers Scarlett dont il est amoureux depuis sa première rencontre. Souvent absent de la vie de Scarlett mais toujours présent  dans les grands moments de se vie.

    Personnage au prime abord antipathique, Scarlett semble ne mériter que ce qui lui arrive,  mais sa résistance naturelle et la force qu’elle incarne parviennent à générer suffisamment d’empathie pour s’attacher au personnage et lui pardonner ses travers. 

    Ce roman est une belle analyse des capacités  de l'homme et de la nécessité de s'adapter aux changements. Les civilisations s'écroulent , d'autres renaissent de leurs cendres. Les individus font donc face à l'adversité en fonction de leurs valeurs morales, Scarlett jette les siennes aux orties. Elle penche vers la loi du plus fort. Mais faut-il pour autant écraser les plus faibles ? Melly n'est pas la petite femme fragile détestée par Scarlett, elle est forte,  et si nécessaire, capable de se battre bec et ongle pour ceux qu'elle aime.

    C'est dans la 5e partie que l'auteure développe la relation Rhett/ Scarlett avec des rebondissements et  scènes vibrantes d'émotion magistralement interprétées à l'écran par Clark Gable pour Rhett, Olivia de Havilland pour Mélanie,Leslie Howard pour Ashley et Hattie McDaniel (première actrice noire qui recevra un Oscar). C'est dans ces derniers chapitres que tout ce joue. Scarlett prendra enfin conscience d'une vérité qu'elle a refusé de voir durant toutes ces années, qu'en est-il de l'amour qu'elle porte à Ashley, n'est-ce qu'un rêve de jeune fille capricieuse habitué à obtenir tout ce qu'elle désire ? Cependant n 'est-il pas trop tard ?  Rhett dévoile ses sentiments profonds pour Scarlett, cette jeune femme qui lui ressemble. Le dénouement surprendra le lecteur.

    Tout au long de cette fresque historique et romanesque, l'auteure s'attache à nous plonger dans l’intimité de  jeunes femmes de 16 ans, à la maturité mentale d’une femme de 25 ans de nos jours.  Il faut en tenir compte pour prendre la mesure des personnages  et l'évolution de leurs caractères. Parfois j'ai regretté que  l'âge de certains d'entre  n'ait pas été mieux définis. Cependant l'on parvient aisément à trouver crédible ses mariages de raison dans lesquels  se jette Scarlett et trouver réaliste la romance entre Rhett et notre héroïne. Tout comme  la fin toute logique. On peut se demander un instant que Margaret Mitchell envisageait une suite. Pour l'heure il reste à chacun d'imaginer la sienne, ou découvrir celles concoctées par d'autres auteurs après l'aval des descendants de l'auteur. On peut lire donc : Scarlett d' Alexandra Ripley, Le Clan Rhett Buttler, Le voyage de Ruth.

    Et voilà que je viens de refermer ce livre qui reste pour moi un des livres que j’emmènerais sur une île déserte.  Margaret Mitchell  m'a à nouveau transportée dans son monde. Doit-on déplorer qu'elle n'ait pas écrit d'autres romans ? Peut importe son nom restera à jamais dans les mémoires avec ce best-seller qui ne vieillit pas. Je pense que je vais très bientôt  revoir le film qui est très près du roman, bien que les enfants de Scarlett aient été oubliés.

     

     

     

      

     

     

    Extraits citations

     

    "- Rien ne se passe comme on l'espère, répondit'il. La vie n'est pas tenue de nous donner ce que nous attendons d'elle. Nous prenons ce qu'on nous offre et encore devons nous encore  nous estimer heureux que es choses ne tournent pas plus mal" 

     

    " Vous avez les 'obes desoies, et les sie'ies et  le magasin et l'argent et vous vous donnez des ai' de beau cheval, mais ça vous empêche pas d'êt' quand même une mule."

     

    "la famille respirait un air de gaieté factice qui glaça e,core plus Scarlett que l'amertume des Fontaine à Mimosa et à l'angoisse de Cathleen à Pin fleuri "

     

    " - (...) Scarlett, gardez toujours quelque chose à craindre, exactement comme vous gardez quelque chose à aimer"

     

    " (...) je n'aurai plus jamais le ventre creux. Non, ni moi, ni les miens. Même si je dois voler ou tuer, tant  pis, j'en prend Dieu à témoin, je n'aurai jamais le ventre creux"

     

    " C'était bien cela qu' Ashley avait voulu dire en écrivant que la guerre n'a rien de glorieux, qu'elle n'était que saleté et souffrances"

     

    " Croire était un devoir sacré. Et ceux qui étaient assez traîtres pour ne pas le croire devaient au moins avoir la décence de se taire"

     

    " "c'est presque comme si j'étais amoureuse de lui ! se disait-elle intriguée. Mais je ne l'aime pas, je n'y comprend plus rien""

     

    "- (..) A condition d'avoir assez de courage... ou assez d'argent... on peut toujours se passer d'une bonne réputation."

     

     (...)" Un homme du monde  se conformait toujours aux usages, disait ce qu'il fallait, aplanissait les  difficultés. Mais cet  homme semblait fort peu se soucier des usages ."

     

    " " J'ai toujours pensé, dit le capitaine d'un air songeur, que cette façon de porter le deuil,  d'emprisonner les femmes dans le crêpe pour le restant de leurs jours  et de leur interdire toute distraction était aussi barbare que la sâti hindoue" "

     

    " Elle n’était plus une jeune fille pour se permettre  de danser et de flirter et elle n'était plus  mariée pour s’asseoir en compagnie des épouses pour critiquer les jeunes  filles. Elle n'était pas assez âgée pour être veuve"

     

    " Elle avait entendue dire  que les gens étaient souvent les artisans de leur propre malheur, mais jusque-là elle avait cru que cette phrase était purement rhétorique."

     

    "À 16 ans la vanité est plus forte que l'amour et dans son cœur brûlant il n'y avait place que pour la haine"

     

    " - (...)  Scarlett ! Scarlett ! N'arriverai-je donc pas  à vous faire comprendre qu'il ne peut  y avoir de sérénité dans le mariage à moins que 2 époux se ressemblent "

     

    " Elle apprit à cacher aux hommes une intelligence aiguë sous un visage aussi aimable que celui d'un bébé"

     

    " Ellen n'avait la  vie ni facile ni heureuse, mais elle  ne s’était pas attendue à mener une vie facileet, si son existence n'était pas heureuse, c'était là le lot de toute les femmes. le monde était fait pour l'homme et  elle en acceptait l'ordonnance" 

    "- (...) Chez les femmes l'amour vient après le mariage.

    (...) 

    - (...) quelle rage ont donc les américains de vouloir faire des mariages d'amour comme les domestiques, ou les yankees ?"

     

    " la terre est la seule chose qui compte, clama-t-il (...) . C'est la seule chose  au monde  qui dure. Tache de ne pas l'oublier ! C'est la seule chose qui vaille la peine qu'on travaille pour elle, qu'on se batte.. ou qu'on meure"

     

     " Ashley se mouvait dans un monde interieur plus beau que la Géorgie et la retrouvait la réalité de mauvaise grâce"

     

    © M. Mitchell

     

     

    Avec Gaelle


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  • Commentaires

    1
    Gaelle GUITTON
    Mardi 4 Septembre à 10:46
    Je confirme c’est un roman complet et merveilleux. L’auteur est morte subitement envisageait t’elle une suite je ne suis pas sure car je trouve que la fin offre un message très fort! Merci de m’avoir proposé cette Lc et d’avoir fait une relecture
    2
    Mardi 4 Septembre à 19:31
    LADY MARIANNE

    maman adore-
    j'en ai tellement entendu parler et jamais lu--- trop gros ces romans--
    un peu à l'eau de rose d'une autre époque-
    très célèbre,  à traversé les années  sans problème -
    bonne soirée- bizzz

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