• Hello, petite nouveauté dans le retour de mes avis.  Suite à une demande de participation pour une site de chroniques, je vais suivre leur guide de chroniques. Je ne sais pas si tous mes retours seront identiques à venir, car l’exercice est assez difficile  quant on est habitué à une certaine méthode.   

     

     

    Outlander T3 Le voyage 

    Editeur : J'ai lu
    Genre: Romance  historique
    Date de sortie: 11/02/2015
    Prix du livre papier :  Broché : 31,91€ Poche : 17,00€
    Version numérique: 11,99 €
    Nb de pages : 1020

     

     

     

     

     

     

     

     

    Plonger dans l’univers de Diana Gabaldon, c’est s’assurer de longues nuits sans sommeil.

     

    Le synopsis :

     

    Vingt années se sont écoulées depuis le périple de Claire Beauchamp-Randall dans l'Ecosse du XVIIe siècle. Si l'infirmière britannique a refait sa vie depuis, le souvenir de Jamie Fraser et des années tumultueuses vécues ensemble reste intact. Aussi, lorsqu'elle apprend qu'il a survécu à la sanglante bataille de Culloden ayant marqué la défaite de l'armée écossaise, elle se trouve confrontée à un terrible dilemme. En remontant une nouvelle fois le temps, retrouvera-t-elle celui qu'elle a quitté deux décennies auparavant ? Fuite, tempêtes, intrigues politiques et prophéties étranges : la suite d'une série incontournable

     

     

    La critique :

    Une fois tombée sous le charme Claire et Jamie, le lecteur ne parvient plus à les abandonner. Ils sont si vivants sous la plume enchanteresse de l’auteure qui nous dépeint des personnalités si fortes et entières qu’elles nous font rêver éveillés.

    Jamie est un héros de son temps, élevé dans les préceptes de loyauté, de droiture, d’esprit de famille, fidèle à son clan.  Il ne faillit jamais à la parole donnée, est prêt à tous les sacrifices pour ceux qu’il aime. D’où le choix terrible qu’il a dû faire.

    Claire est l’héroïne à qui toute lectrice souhaiterait ressembler. Une femme moderne qui se bat pour ses convictions, au XVIIIe siècle, comme au XXe. Elle est forte et déterminée.

    Le récit des aventures de nos protagonistes principaux oscille entre celles de Jamie, laissé pour mort en 1745, et celles de Claire de retour dans son passé, présent, à chaque lecteur de faire son choix. Dans ces chapitres-là, l’héroïne en est la narratrice. Nous partageons donc ses ressentis, ses interrogations, ses peurs et ses faiblesses.

    Ainsi défiant le temps et l’espace, nos 2 protagonistes vont survivre dans époques différentes. Et au lecteur de s’interroger sur la possibilité de chacun de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée.

    Le quotidien de Jamie est particulièrement bouleversante et l’auteur joue de nos émotions, nous faisant basculer entre rires et larmes. Les sentiments ressentis sont intenses tant les rebondissements sont émouvants, les événements dramatiques. Et l’on éprouve un sentiment d’urgence à voir nos deux héros réunis.

    Evidemment c’est bien ce que va nous offrir l’auteure en nous concoctant de nouvelles aventures, parfois un peu trop rocambolesques. Toutefois sa plume descriptive sur les nouveaux paysages, sur une nouvelle destination persiste à nous enchanter. Cependant c’est le profil psychologique et le lien puissant qui lie les protagonistes qui prime pour nous tenir en haleine tout à long de ce tome, et l’on en oublie les quelques situations abracadabrantes dans lesquelles l’auteure en fait un peu trop, à mon goût. Mais l’histoire d’amour est si passionnelle que l’on lui pardonne ses excès.

    La présence des personnages secondaires tels que Jenny, Ian et Fergus, pour ne citer que les principaux, réjouit le lecteur, tant on s’ est attaché à eux dans les tomes précédents.

    Le volet historique est particulièrement bien traité, et les us et coutumes d’un pan de l’histoire maîtrisé. L’auteure mêle fiction et réalité. Le volet  mythes, rituels sacrificiels, magie, paganisme, sorcellerie s’insère bien dans cette intrigue bien ficelée dans laquelle les rebondissements sont déconcertants parfois, mais surtout relancent sans cesse l’action. La romance y tient encore une grande place, avec toujours quelques scènes érotiques toujours très soft.

    Tout au long de cet opus, le lecteur est sous le charme de nos héros au destin marqués événements tragiques. Ce tome est un moment fort de la saga particulièrement les chapitres des lesquels les deux amants unis dans une aventure paranormale improbable vivent séparés et toujours liés entre eux. Un magnifique voyage dans l'univers de Diana Gabaldon

     

    L’auteur :

    Titulaire d’une maîtrise en biologie marine et d’un doctorat en écologie, enseignante à l’université d’Arizona, Diana Gabaldon se lance dans l’écriture en 1988. Depuis, son succès n’a cessé de croître, et, grâce à sa saga du « Cercle de pierre », elle compte une bonne vingtaine de millions de lecteurs à travers le monde.

     

    Le détail :

    Diana Gabaldon se plait à mettre en avant la position sociale des femmes dans un monde d’hommes tout puissants, dans lequel elle n’a qu’à se plier, que ce soit au XIII ou XXe siècle. Claire s’y bat pour être reconnue en tant qu’égale de l’homme, exerçant une profession dans laquelle même aujourd’hui, ce n’est pas encore gagné. Nous trouverons aussi d’autres sujets importants tels que l’acception de l’adultère, et l’appréhension de ce sujet nous pousse à nous interroger sur la possibilité de tourner la page aisément. Mythes et légendes, rituels sont très présents dans cette histoire paranormale, et la toile de fond historique passionnante pour qui s’intéresse à l’Histoire.  

     

     La parenthèse :

    Pour ceux et celles qui l’ignorent encore la saga Outlander est à l’honneur dans une série TV sur Netflix. À ce jour la 4e saison qui correspond au tome 4 est en cours de tournage avec diffusion d’un épisode par semaine. Fan de la saga et de la série qui nous offre un Jamie à l’image du roman, je tiens à préciser que les scénaristes sont fidèles au roman, même si parfois on peut voir quelques interprétations personnelles. Cependant elles gomment plutôt les faiblesses de certaines situations. De plus les dialogues sont particulièrement proches du texte et les acteurs interprètent magnifiquement les héros traduisant l’alchimie du couple Jamie/ Claire. Un coup de cœur pour ce tome.

     

     

     

    Extaits citations

     

     

    "- Oncle Jamie, tu as dejà couché avec une femme sans en avoir envie.

    Jamie  hesita un moment, puis répondit :

    -  oui, Ian ça m'est arrivé.

    _Oh fit le garçon en se grattant la tête. Alors tu sait comment c''est. tu fais ce qu'il faut pour le faire, mais ça te dégoute un peu. Et pourtant, ça te fait aussi plaisir... tu comprends ce que je veux dire ?"

     

    "-  S'il faut choisir entre  sa vie et celle de l'in d'entre nous alors ce devra être la mienne. Tu le sais n'est-ce pas ?

     

    "- Il y a une grande différence entre les phénomènes qui sont acceptés en se basant sur la seule fois et ceux qui peuvent être démontrés objectivement a force de détermination"

     

    "- nous portons chacun les traces de nos propres batailles, dit-il doucement"

     

    "-(...) la sincérité n'est pas non plus facile à vivre. mais je suppose que lorsqu'on est honnête envers soi-même et que l'on se connait un peu, on risque de se tromper et de finir ses jours avec l'impression d'avoir gâché sa vie."

     

    "- (...) Certains d'entre nos naissent-ils avec un destin tout tracé, comme s'ils étaient programmés pour faire de grandes choses ? Ou est-ce simplement qu'ils viennent au monde avec une grande passion en eux et que, si les circonstances s'y prêtent celle-ci éclate au grand jour ?  

     

    © D. Gabaldon


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  • Outlander : T2 Le talisman1968. A la mort de son mari, le docteur Claire Beauchamp-Randall emmène sa fille en Ecosse, sur les lieux mêmes où, vingt ans plus tôt, elle a vécu d'extraordinaires aventures... Là, elle révèle à Brianna l'incroyable secret qu'elle n'a jamais dévoilé depuis qu'elle fut retrouvée inanimée auprès d'un menhir, dans un ancien site mégalithique, après trois années d'une absence inexpliquée. Ce second volet des aventures de Claire Beauchamp à travers l'Histoire entraîne le lecteur dans le Paris du siècle des Lumières. Après avoir fui l'Ecosse où ils sont devenus hors-la-loi, Claire et Jamie, le jeune Highlander qu'elle a épousé, gagnent la capitale française à la rencontre de Charles-Edouard Stuart, le prétendant au trône d'Ecosse et d'Angleterre, venu solliciter l'appui de son cousin Louis XV Leur objectif : décourager ses tentatives d'accession au trône qui, Claire le sait, marqueraient à coup sûr le début d'une répression sanglante dans les Highlands. Le couple se lance alors dans une course effrénée pour modifier le cours de l'Histoire. Pour cela, il devra affronter un monde sans pitié où il ne pourra compter que sur lui-même et la force de son amour avant de découvrir, à ses dépens, qu'on ne joue pas impunément avec la destinée humaine.

    Editeur : J'ai lu
    Genre: Romance  historique
    Date de sortie: 8/10/2014
    Prix du livre papier :  Broché : 16,00€
    Version numérique: 11,99 €
    Nb de pages : 952

     

    Outlander : T2 Le talismanPourquoi avoir attendu  aussi longtemps avant de plonger dans la suite des aventures du couple Jamie/Claire alors que j'ai eu un coup de coeur pour le tome 1 de la saga ?  Peut-être parce que je voulais conserver cet attachement pour les 2 personnages principaux de cette romance historique ?  La crainte d'être déçue après un premier opus époustouflant et une saison cinématographique à la hauteur du roman ? Certainement un peu de tout ça.

    Ne désirant pas être spoliée, je n'ai pas lu le résumé. Aussi qu'elle fut ma surprise qu'après avoir abandonnée nos héros après la terrible épreuve que Jamie a traversé, de retrouver Claire au XXe siècle.  

    Un début étonnant qui nous fait nous interroger sur le destin de Jamie. Nous sommes en 1968, plus de  20 ans après que notre héroïne est basculé en 1745 et vécue une folle aventure romanesque avec notre bel Écossais.

    Le lecteur fait la connaissance de Briana, la fille de Claire et évidemment il s'imagine faire les bonnes déductions après la lecture du dernier tome. Et bien l'auteure parviendra néanmoins à nous surprendre. 

    Dans la première partie du roman, nous retrouverons Roger le fils adoptif du révérend Wakefield, cet homme d'église passionné d' Histoire qui fut d'une grande aide à Franck Randall, le mari de Claire dans ces recherches. C'est auprès de lui que notre héroïne espère trouver les réponses qui la hantent. Qu'est-devenu Jamie et son clan ? 

    Très vite à travers le récit de Claire de son aventure incroyable nous reviendrons à sa vie avec Jamie et suivrons leurs efforts pour tenter de changer le cours de l'Histoire et ainsi éviter le massacre de Colluden et éviter les effets catastrophiques sur la population Écossaise.

    Diana Gabaldon nous passionnera pour les intrigues et les manipulations de l’aristocratie française, pour les mœurs et coutumes de toute une époque. Elle nous surprendra par des révélations  si étonnantes que j'ai douté qu'elles soient vraies. Mais tout est possible, d'autant que son contexte historique est particulièrement bien documenté.

    L 'histoire peine un peu à se mettre en place, l'auteure s'attachant à des descriptions, un peu longuettes par moment, restaurant  le contexte politique et social de toute une époque, mais qui sont très enrichissantes culturellement et qui permettent d'appréhender l'ambiance parisienne et celle de Versailles. Puis tout s’accélère et les rebondissements et les surprises sont au rendez-vous. Danger, complots, secrets, Diana Gabaldon nous tient en haleine. 

    Nous suivons le quotidien de Jamie et Claire, cette dernière ne manque pas de mettre ses talents de guérisseuse auprès de la communauté défavorisée de la Capitale, tout en soutenant Jamie dans ses projets.

    Et l'on se demande qu'elle implication sur l' Histoire leurs efforts pour sauver l' Ecosse auront-ils ? Jamie et Claire ne seront-ils pas les instruments de la débâcle, au lieu d'en être les sauveurs ? Ou ne peut-on pas changer le cours de l'Histoire quoi que l'on fasse ? De ce fait quel avenir pour nos 2 protagonistes ?

    Le volet historique est particulièrement développé, et s'accorde parfaitement à la romance et l'amour passionnel qui lie nos héros. On vibre, s'émeut, tremble pour eux. De la même manière Diana Gabaldon nous pousse à nous attacher aux autres personnages contemporains et l’histoire secondaire en nous scotchant avec une révélation inattendue concernant Geillis l'amie de Claire rencontrée en 1945.

    Un volet passionnant, un peu moins intense que le précédent, mais qui nous attache un peu plus aux protagonistes de la saga.

    Diana Gabaldon maîtrise son sujet mêlant fiction et réalité historique, qui ne peut que séduire les amoureux de  ce style de romance. 

    Une saga à suivre absolument, tout comme la série ciné, qui sur la saison 2 est plus sujette à interprétation, mais reste plaisante avec des interprètes à la hauteur des personnalités des Jamie, Claire, Jack Randal, Murthag et Cie, héros passionnés, charismatiques, détestables, amis fidèles ... des héros qui sont contraints de faire des choix cornéliens par amour pour sauver celui qu'il aime plus que tout."

    Une fois que l'on a fait leur connaissance, on n'a plus envie de les quitter, mais plutôt celle  marcher sur leurs pas dans les paysages magnifiques Écossais.

    Je vais me plonger de ce pas dans le 3e opus de cette saga de 9 livres dont certains en 2 tomes. Un sacré challenge chaque volume étant de 900 pages environ.

     

    Outlander : T2 Le talisman

     

     

    Extraits citations

     

    "Nous étions en vie et nous étions un. Rien ne semblait pouvoir nous arriver"

     

    "- (...) Je crois que c'est ça qui  nous rend triste ; on porte le deuil de l'enfant qui n'est jamais né, même si on tient dans ses bras celui que l'on a réellement mis au monde"

     

    " - (...) C'est ta punition comme la mienne. Regarde ce que tu as fait de moi, comme je regarde ce que j'ai fais de toi.

     

    "il était le roi. Je n'avais d'autre ressource que d'attendre patiemment son bon vouloir."

     

    -(..) Ce qu'il y entre moi et ce Randall ne pourra se résoudre que par la mort de l'un d'entre nous et encore ! On peut tuer quelqu'un  sans utiliser un couteau  ou un pistolet. Il y a des choses pire que la mort physique"

     

    "- Sang de mon sang, chuchota-t-il et Chair de ma chair. Tu me portes en toi Claire, et tu ne peux plus me quitter quoique il arrive. Tu es à moi pour toujours que tu le veuilles ou non A moi et je ne te laisserais pas plus partir"

     

    " Il ne restait que les stèles recouvertes de mousse pour témoigner de leur existence, unique trace d'humanité dans ces hauteurs désolées"

     

    © D. Gabaldon

     

     

     


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  • Nous les filles de nulle part" Scandale, soif de justice, romance, une vision positive et épanouïe de la sexualité, et un coup de poing dans les fondations sexistes de notre société : ce livre est un joyau." Kirkus Reviews

    Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
    Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l'avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n'a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
    Très vite, Grace comprend que cette violence s'exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l'équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
    Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.

     Editeur : Albin Michel
    Genre: Romance contemporaine Adolescents
    Date de sortie: 28/3/2018
    Prix du livre papier : 19,00€
    Version numérique: 12,99 
    Nb de pages : 544

     

    Nous les filles de nulle partC'est à ma binôme Gaëlle que je dois la lecture de ce livre dans lequel je me suis plongée sans lire le résumé. J'en savais assez.

    Ceci est une fiction, pour autant on peut considérer que ce n'en est pas une mais une réalité que vivent de nombreuses femmes à Prescott où ailleurs à travers le monde. 

    Erin, Grace et Rosina n'existent que dans l'imagination d' Amy Reed certes, mais elles et les élèves de Prescott, c'est vous, moi, elles toutes ces Filles de nulle part. Toutes ces femmes maltraitées par les hommes, qui se taisent, ne sont pas entendues quand elles tentent de raconter leur histoire, subissent le regard, à minima, indifférent des autres,au pire jugées responsables de ce qui leur est arrivé. Elles sont assujetties au pouvoir des hommes. 

    Des hommes persuadés du bien fondés de leurs actes, confortés par un pouvoir en place. Rappelons nous de cette agression récente dans un avion et dont l'auteur s'est justifié en citant Donald Trump !

    Que faire alors quand on a été victime et dans l'incapacité physique de dire non, ce nom recevable en cas de plainte ? 

    Que faire alors quand la force vous soustrait à tous les moyens de mettre un terme de ce que vous refuser de donner  ? Votre corps ne vous appartient-il pas ?

    À travers ce récit bouleversant qui met en avant 3 marginales du lycée, "la petite grosse","la mexicaine lesbienne" et" l'autiste débile", issues de milieux différents, de familles dysfonctionnelles dans laquelle la communication est rompu, nous suivons le combat de filles abusées, maltraitées, sous la coupe des mâles de Prescott.  

    Ces derniers bien qu'incriminés par une de leurs victimes poursuivent leur vie comme si de rien n'était, protégés par des adultes qui sont sensés représenter l'autorité, rendre la justice. Des hommes, mais des femmes aussi,  à travers la proviseure Slatterly. Ignoble non ? Celle-ci ne devrait-elle pas protéger les lycéennes ? 

    Nous sommes ici dans un jeu de pouvoir machiste. Nos jeunes filles seront-elles assez fortes et unies pour parvenir à se faire entendre ? Ne dit-on pas que l'union fait la force ? C'est ce qu'elles croient. Mais cela ne suffit pas. Il faut que quelqu'un veuille écouter ce que vous avez à dire. Hors le sherrif de Prescott s'y refuse, malgré les témoignages de plusieurs victimes, des preuves indirectes à travers les  textes sur le blog des Mecs de Prescott. Blog à vomir, fictif, mais qui traduit l'idée que ce font les mecs sur leur pouvoir et sur ce qu'ils pensent des femmes.

    L'auteure met en avant l'image stéréotypé qu'ont les hommes sur les femmes, de ce qu'ils s'imaginent avoir le droit de faire, de ce qu'elles désirent. De ces femmes, Amy Reed, brosse le portrait de jeunes filles en quête d'identité, de popularité. Leur position n'est pas enviable, car quoi qu'elles fassent, elles seront, soit des putes, soit des prudes. Dans un cas comme dans l'autre, elles n'auront jamais la reconnaissance des garçons. Mais des autres aussi. De ce fait, elles agissent comme elles s'imaginent devoir le faire, alors que cela ne correspond pas à ce qu'elles sont.  Elles aussi, se persuadent de savoir ce que veulent les hommes. Amber nous prouvera qu'elle se trompe. Dans tous les cas, elles finissent parfois par se convaincre qu'elles sont responsables de ce qui leur arrive. 

    La thématique est très contemporaine et d'actualité avec ce scandale suite au viol d'une actrice et du mouvement qui s'en est suivi avec la création de Time's Up et #Metoo, pour n'en citer que quelques uns. Mais si la parole des adultes commencent à se faire entendre, celles d'ados semble plus difficile, tout au moins c'est que tente de nous dire l'auteure. Parmi ces messages on peut noter celui de l'éducation machiste reçue par les garçons à travers la scène au resto entre Rosina, Eric et sa famille.  Ce qui nous fait nous interroger sur la part de responsabilité des adultes misogynes et du message que les pères et mères font passer à leurs enfants qui seront les adultes de demain et reproduiront les mêmes comportements. Une boucle sans fin. Un autre thème est aussi abordé, c'est celui de la vision de la sexualité chez les jeunes filles et de l'importance de leurs envies,  et du fait que leur corps leur appartient, qu'elles aussi ont droit  d'avoir des besoins et des envies sexuelles. Encore quelque chose qui n'est pas reconnu comme possible.

    Un roman, je le redis, bouleversant. L'auteure nous plonge dans une ambiance stressante tout le long du récit. Les rebondissements ne nous incitent pas à croire en un happy-end. Cette aventure vous donne la boule au ventre et en fin de lecture on n'en ressort pas apaisé, bien au contraire. C'est un livre qui va rester en vous un moment.

    La lecture en est douloureuse et de ce fait, j'ai mis presque 15 jours à le lire, à petits pas. Malgré le coté sombre de cette histoire,  l'auteure instille une note d'espoir à travers le comportement de nos héroïnes, de ces filles de nulle part, un titre on ne peut plus approprié. Elle nous rappelle aussi que la lutte doit être constante, qu'il ne faut pas baisser les bras, et que même si l'union fait la force, il faut parfois une seule voix pour se faire entendre, mais qu'il faut aussi d'une seule personne pour vous écouter. Un message fort à tous les adolescents mais aux femmes en général. Un roman qui vous donne envie d'hurler, pleurer mais aussi espérer.

     

    Nous les filles de nulle part

     

     

     

    Extraits citations

     

    " parce qu'on n'arrête pas les filles. Elle sont une force. Elles de forment qu'un seul corps. "

     

    " Ce sont toutes les filles, toutes leurs voix, se faisant entendre le plus fort possible. Elles flambent dans la pénombre. Elles marquent la nuit au fer rouge"  

     

    " Mais en cet instant, une étincelle de savoir vient de se loger en lui, la prise de  conscience soudaine que son monde est renversé, sens dessus-dessous - que ces filles vont définir sa vie autant qu'il a déjà défini les leurs." 

     

     " Elle sait qu'on s'habitue à la manière dont les autres vous voient, qu'une personne commence et qu'ensuite tout le monde suit, et qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour que tout le monde vous voit de cette manière, y compris vous-même" 

     

     " elle est mineure. Elle n'a aucun droit. Ce sont ses parents qui décident de ce qui est bien et mal pour elle, même s'ils ont tort"

     

    " L'agent de l'accueil a mystérieusement disparu. Il n'y a plus au seul responsable en vue. Rien qu'ne salle plein de de filles scandalisées et  un garçon. Ce sont des adolescentes. Des gamines rien de plus. Elles ne sont pas dignes d'être écoutées." 

     

    " Mieux vaut choisir la sécurité. Mieux vaut s’intégrer. Mieux vaut garder ses distances avec l'influence destructrice du désir"

     

    " Détester c'est au moins accorder un peu de pouvoir à l'autre."

     

    " -(...)il doit y avoir plus d'une manière d’être une fille, non ?"

     

    " Quand on n'a déjà rien au départ, on n'a rien à perdre"

     

    " Rosina reste pétrifiée, impuissante. Elle n'est personne, elle n'est rien. Une serveuse, la fille de sa mère, un corps, une meuf."  

     

    " Parfois la seule chose qui soit pire que la mort c'est la survie "

     

    "- qu'est-ce que ça peut foutre, qu'une fille est été violée ? ajoute Rosina  amère et sarcastique. Elle ne comptait pas. Aucune de nous ne compte. Elle est partie. On n'a qu'à l'oublier, c'est tout." 

     

    " les gens ne veulent pas entendre une chose qui va leur rendre la vie encore plus difficile, même si c'est la vérité" 

     

    " Bien souvent la clé de la survie, c'est la mutation, le changement. Et la plupart du temps, ce changement n'est rien de plus qu'un accident. Parfois, ce changement n'est rien de plus qu'un accident. Parfois, ce sont les anomalies de la nature qui se révèlent les plus fortes."

     

     " Ce qu'elle sait, c'est que qu'on qu'on fasse les gens trouvent un moyen de vous coller une étiquette. "

     

    © A. Reed


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    AmerLine prend la vie comme elle vient, avec un air de je-m’en-foutisme presque arrogant. Pourtant, elle garde en elle de profondes blessures.
    Secrètement lesbienne mais médecin estimé dans son petit village de la côte bretonne, elle n’imagine pas en prenant le train pour rentrer ce matin-là que la désinvolture libertine qui orchestre sa vie ces derniers mois est sur le point de voler en éclats.
    Malgré la présence “so british” de Gill dans son quotidien, quels sont les événements qui, en quelques jours, vont fissurer la carapace qu’elle pensait s’être forgée ? Quelles désillusions vont lui laisser ce goût amer qui la poussent à aller au-delà de ses convictions ?

     

    Editeur :  Auto-édition
    Genre:  Romance contemporaine
    Date de sortie: non précisé
    Prix du livre papier :  non 
    Version numérique:  2,99€
    Taille du fichier : 2122 B

     

     

    Je suis, depuis quelques temps, un peu frileuse en lecture d'auto-édités, suite à quelques déceptions livresques avec des points de vue totalement à l'opposé des éloges dithyrambiques postés sur Amazone . Cependant, je suis convaincue que parmi tous ces nouveaux "auteurs", certains sont excellents et méritent d'être lus et reconnus comme tels, pour exemples : Céline Joyce Mitchell et sa saga Agartha, Pierre Guy Laurier et La Colonie de Haute-Terre ... et quelques autres encore comme Théo Lemattre, Marie Dewitte. Pour autant ils sont noyés dans la masse et leurs textes estimés au même niveau que d'autres et leurs auteurs qui sont pour moi, des écrivaillons,  feraient mieux d'en rester à ce qu'ils savent faire bien mieux. Hum je suis sévère. Je sais, mais ça m'horripile de lire des chroniques complaisantes parce qu'on est amis avec l'auteur. 

    Fermons la parenthèse et mon petit coup de gueule.

    Cependant, à force de voir les avis positifs de mon amie auteure Laureline Roy, sur les écrits d' Andrea B Cecil, eh bien, j'étais très très curieuse, d'autant que je fais confiance à son jugement. 

    Ce roman est à la hauteur de mes attentes, tant sur le style (même si quelques expressions m'ont titillée ) que sur le thème d'actualité : les violences faites aux femmes.

    Certes, rien de nouveau sous le soleil, direz vous, le sujet ayant été maintes fois exploité. cependant c'est là où Andrea B. Cecil innove.

    On doit s'y attendre, vu qu'elle donne le ton dans sa préface. Dans la vie, il ne faut pas accepter pour acquis ce que tout le monde affirme. Pour preuve: longtemps on a cru la terre plate. Aujourd'hui, on croit encore que les hommes ont des besoins sexuels incontrôlables,  on  impute à eux seuls tous les actes de violences à l'encontre des femmes. Et pourtant...

    Eh oui, Andrea B Cecil va nous prouver que l'on se trompe à travers cette fiction, qui pourrait ne pas en être une, tant elle semble être inspirée d'un fait divers.

    Line est homosexuelle. À la sexualité débridée, ( et voilà notre personnage avec l'appétit sexuel d'un homme, :) ), ce qui lui a valu sa rupture avec la femme qu'elle aime profondément. Nous verrons en cours de lecture que malgré cet amour qu'elle lui porte, elle ne peut résister à l'attirance physique pour d'autres femmes.  Premier thème soulevé par l'auteure, qui peut surprendre. Normal au vu de nos idées bien ancrées.

    Malgré tout, Line ne tient pas à ce que tout le monde connaisse ses préférences sexuelles, mais elle va commettre un faux pas qui aura un impact sur sa carrière, lorsqu'elles seront étalées au grand jour.  Deuxième thème, l'homophobie et ses conséquence. Comment au XXIe siècle peut-on être aussi intolérants ? Refuser la différence ?

    Si on s’étonne au prime abord qu'une femme à la personnalité si marquée, se complaise à s'inventer une vie plus conforme aux attentes du voisinage, on comprend très vite les raisons de ses mensonges. D'autant plus que la relation avec la famille bourgeoise n'est pas au beau fixe.

    Mais le thème central du roman est la violence conjugale. C'est l'histoire de toutes ces femmes qui rencontrent des tables basses si dangereuses qu'il faudrait sans débarrasser. Facile, il n'y a qu'à la jeter dehors ! Hélas, tout n'est pas si simple ! 

      Il faudra à Hoelen, l'aide de Line pour tenter de s'en éloigner malgré tous les risques encourus. Le danger omniprésent qu'elle représente et pourtant la peur des conséquences prend toute la place dans un raisonnement sensé.

    L'auteure maîtrise son sujet sur la violence, le harcèlement, l'humiliation infligée par, ici, une perverse  narcissique. Il n'y a pas que les hommes qui jouent dans cette cour. La relation bourreau/victime est très bien décrite. Les émotions sont au rendez-vous. 

    L'on se demande comment va terminer cette histoire :  en drame en happy-end avec la réconciliation entre Line et Hoelen ?

    Le dénouement n'en sera que plus déconcertant. Je n'ai pas songé une seconde à cette issue possible. Je reste totalement déroutée.

     Malgré ce final inattendu, j'ai énormément apprécié cette aventure livresque, pour l'intrigue et la plume de l'auteur, pour les personnages bien campés, l'évolution de l'histoire. J’émettrais toutefois un petit bémol, car un petit truc m'a chagriné. Je n'ai pas très bien compris l’intérêt du secret du famille. J'aurais aimé que cela n'en reste pas à : je te l'ai dit et puis voilà. De ce fait, il manque un petit quelque chose, entre la confrontation avec la mère et le dernier chapitre, comme des pensées de notre héroïne qui pourrait expliquer le dénouement que, pour être honnête je n'ai pas bien compris.

     Roman émouvant, bien construit qui interpelle et dénonce les violences conjugales, avec un petit rappel de centres d'aide.

    Une autrice à découvrir.

    PS : La couverture et le titre m'ont intriguée un moment, à la fin de ma lecture le tout prend sons sens.

     

    Amer

     

     

     

     


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  • Un bon parti : Défi octobreLa tension est palpable chez toutes les mères de Cincinnati : Chip Bingley, beau médecin, célèbre participant d'une émission de téléréalité, vient de s'installer en ville et... c'est un cœur à prendre. Elizabeth, de passage pour aider sa mère après l'accident de son père, se fiche bien de tous cette agitation, d'autant que Chip est toujours accompagné de son insupportable et suffisant collègue, Fitzwilliam Darcy. Elle tente de redresser les finances familiales en dépit d'une mère qui utilise le shopping en ligne comme psychothérapie et de ses trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents dans une maison qui part à vau-l'eau. Mais elle doit aussi veiller sur son père, qui préférerait s'enfiler un bon steak plutôt que de respecter les recommandations du médecin, et sur sa sœur Jane, en train de succomber au charme, ennuyeux mais certain, de Chip.

     

     Editeur :  Presse de la Cité
    Genre: Littérature 
    Date de sortie: 1/03/2018
    Prix du livre papier :  Broché : 21,00€
    Version numérique:  14,99€
    Nombre de pages: 552

     

     

     Un bon parti : Défi octobreUne couverture accrocheuse, un peu trompeuse aussi. Enfin moi, j'y ai vu une soubrette à la recherche d'un bon parti. Que neni !

    Pour le reste, le fait que l'auteure est décidée de revisiter Orgueil et Préjugés à la sauce contemporaine a aussi joué sur mon envie de découvrir ce roman.

    je n'ai pas été déçue contrairement à l'avis de nombreuses lectrices comme je constate en lisant, ma lecture terminée, quelques avis sur Babelio.

    Cette approche est totalement délirante et pleine d'humour. Les personnages sont très caricaturaux, mais  l'on s'y attache. 5 filles entre 40 et 23 ans toutes aussi déjantées, les unes que les autres. Une mère de famille à coté de la plaque, un père qui laisse tout couler et si les 2 années travaillent, les autres vivent au crochet  de leurs parents dont les finances commencent à décliner.

    Mais pour Mme Bennet, cette Cinccinatienne issue de la classe sociale huppée, une seule chose compte, le statut social et ce quoi qu'il en compte. Ses projets, ses rêves : voir mariées ces filles à un bon parti !

    Au fur et à mesure que l'on avance dans le récit, on s'éloigne du roman culte de Jane Austen. Jane et Liz sont des femmes modernes, aux mœurs libérales.  Toutefois, elles ont beau s'en défendre, elles aspirent à vivre une relation durable. 

    Toutefois sa relation moderne  "plan cul hostile" est un peu alambiquée. Difficile de croire en ce genre de possibilité et de l'évolution vers laquelle tend l'auteure. Et que dire de la relation Jane/Chip ? 

    De nombreuses scènes frisent le burlesque, mais j'avoue avoir souri devant la cascade d’événements qui vont perturber notre très chère Mme Bennet ! Un personnage  d'une grande intolérance  à la limite du mépris et du racisme. Elle est bien pire que son homonyme dans le très célèbre roman dont l'auteure s'inspire. Et pourtant, j'ai beaucoup aimé ce personnage malgré ses idées rétrogrades.

    Les protagonistes sont toutefois peu visualisables. Cela m'a un peu manqué de me projeter  à partir descriptifs de l'auteure

    Curtis Sittenfeld, réinvente Orgueils et Préjugés et je comprend que les fans ne vont pas adhérer du tout à son interprétation, plutôt satyrique. 

    Désir d'enfant, mariage hors milieu social, fréquentation de jeunes hommes de couleur, la transexaulité , la télé-réalité, nombreux thèmes traitées par l'auteure dans cette approche très peu conventionnelle du roman culte de Jane Austeen !  Une manière de se réapproprier le roman pour en faire une histoire contemporaine.

    Personnellement, après avoir eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, j'ai apprécié ma lecture et trouvé l'intrigue originale.  Après tout il suffit d'oublier que Jane Austen en est l'inspiratrice et on plonge dans un roman contemporain qui tient relativement bien la route. L'auteure y explore la difficulté, contemporaine, des relations sociales et de celle de trouver l'âme sœur. Pour cela tout est envisageable. Sites de rencontres, Télé-réalité avec Elligible, l'équivalent Américain de  notre Bachelor !

    La plume de l'auteure est fluide et plaisante. Ses personnages, certes caricaturaux , sont drôles et attachants. Un bon moment de lecture et mon défi du mois d'Octobre validé. La règle un roman dont le titre comporte 10 lettres ou 10 mots ou avec un 10 dans le titre.

     

    Un bon parti : Défi octobre

      

     

    Un bon parti : Défi octobre

     

     

     

    Extraits citations

     

     

    " Liz avait le sentiment d'être une étudiante  en plein mode d'observation des mœurs d'un autre pays. Pourtant, même si elle n'était pas proche de sa mère, elle n'éprouvait pas à son égard autant de rancœurs que certaines de ses amies envers les leurs"

     

    "- il s'agit peut être d'une illusion due à la sécrétion d'ocytocine pendant le rapport sexuel, mais j'ai l'impression d'être amoureux de toi. Tu n'es ni jolie, ni  aussi drôle que tu l'imagines. Tu est une droguée du ragot qui veut faire passer ça pour un intérêt anthropologique envers la condition humaine. Quant à ta famille,elle est lamentable. C'est un défi au bon sens, mais tu m’obsèdes. Il est temps de renoncer au prétexte ridicule du plan cul hostile et de reconnaître qu'on est ensemble" 

     

    "- il est d'usage de croire que s'occuper d'un autre, ou laisser un autre s’occuper de soi, c'est à l'opposé du féminisme. Je ne suis pas d'accord. Se consacrer à quelqu'un, pour peu , qu'il se consacre à vous, n'a rien de honteux"

     

    "- C'est étrange... Si ton père n'avait pas eu un infarctus, Jane et toi ne seraient jamais venues à Cincinnati cet été, Willie ne vous aurait pas rendu visite et je ne l'aurais pas rencontré. Le rôle du hasard dans nos vies me laisse parfois pantoise."

     

    "Vous êtes 5, reprit Mme Bennet, secouée par une nouvelle crise de larmes. Comment se fait-il qu'aucune n'ait réussi à trouver un homme riche, normal et sympathique ?"

     

     

    © C. Sittenfeld


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