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    Elle(s)Lorsqu'un couple arrive à un point de non-retour, c'est l'équilibre de toute la famille qui menace de voler en éclats...Depuis toujours, Elle nourrit de grandes ambitions. Sur le point de démarrer une thèse en sociologie, elle rencontre le beau et charismatique Pierre, tout aussi ambitieux qu'elle. Néanmoins, deux ambitieux dans un couple, cela fait un ambitieux de trop. Aujourd'hui mariée et mère de trois enfants, après avoir mis sa vie professionnelle entre parenthèses depuis sept ans, et s'être entièrement donnée à sa famille, la jeune femme aspire à autre chose qu'à sa position de maman et d'épouse. Plus que tout, elle souhaite changer de vie, lassée de ce morne quotidien dans lequel elle se consume peu à peu. Devant la détresse de la jeune femme, Pierre joue les aveugles car pour lui, rien ne doit changer. Sa vie lui convient très bien ainsi. Les relations entre le couple deviennent de plus en plus tendues, le combat se fait de plus en plus acharné jusqu'au jour où l'orage éclate. Une tempête aux dommages irréversibles pour toute la famille.

     Editeur :  Auto-édition
    Genre: Contemporain
    Date de sortie: 12/01/2017
    Prix du livre papier : 
    Version numérique: 2,99 €
    ISBN: 9791023604719  
     
     
     
     
     
     
    Elle(s)Tout d'abord je dois dire que la couverture ne donnait pas particulièrement envie que l'on s'y arrête. J'admets  que c'est un gros défaut défaut chez moi ,que celui  de me laisser tenter par la vitrine. Une fois de plus ce roman va me pousser à admettre qu'il ne faut pas se fier aux apparences. 
     

    "ELLE" n'a pas de prénom, et j'avoue que cela m'a un peu déconcertée. Nous avons un Pierre, un Noé, un Ethan, une Mila, le docteur  Monroe, mais nous avons ELLE. Choix délibéré et si justifié de l'auteure comme le lecteur le comprendra en cours de lecture.

     ELLE, une femme parmi d'autres ELLES, une anonyme avec lequel le lecteur partage ses espoirs ses désillusions. ELLE, l'enfant, l'ado, la jeune femme, celle qui ne veut pas blesser, celle à l'éducation conventionnelle du "soit parfaite", celle qui accepte toujours le choix des autres, la vie que d'autres décident pour elle. 

    N'est-elle pas heureuse ? Elle ne manque de rien pourtant. Un mari travailleur acharné qui subvient à tous ses besoins, qui lui permet d'être femme au foyer, des enfants magnifiques et brillants, de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, la possibilité de passer des vacances dans des lieux de rêve comme Hawai, une belle maison confortable et chaleureuse. La vie rêvée de beaucoup de femmes, non ? Oui, mais alors ?

    Alors, elle a beau aimer ses enfants plus que tout au monde, pouvoir veiller sur eux  sans avoir à les confier à une étrangère, son souhait, vu l'échec de sa tentative de nounou, elle ne satisfait pas de cette vie. Pourquoi ?

    Est-ce que  parce que dans cette vie sur ce sol étranger, elle n'arrive pas à trouver sa place alors que toute la famille s'est adaptée ? 

    Pourquoi tait-elle à son mari que ce mode de vie ne lui convient pas, quelle aspire à autre chose ? 

    Trop encline à vouloir le bonheur des autres, ELLE préfère s'incliner, sans jamais faire valoir ses aspirations. Ainsi au fil du temps, elle accumule les déceptions et les rancœurs, se voyant refuser,par exemple, d'aller en France  et  se voir contrainte de passer des vacances à Hawai, ce  qui comble de plaisir les enfants,  de s'imposer des réceptions dominicales, véritables corvées et durant lesquelles elle ne parvient pas à lier des liens avec la gent féminine qu'elle côtoie pourtant régulièrement. Mais c'est ainsi, c'est sa personnalité, faire le bonheur de sa famille, au détriment du sien. 

    C'est à sa chute dans un gouffre sans fond que nous la voyons tomber. Chaque jour un peu plus. 

    C'est d'une manière originale que commence le récit. Suite à une énième séance avec le Dr Monroe, notre héroïne va  narrer son histoire. Se dévoiler à son médecin, et à cette occasion, à nous lecteurs.

    Nous suivons donc le quotidien triste et monotone, ponctué d’introspection, et de moments de joie. C'est sa vie avant Pierre, avant l' Amérique, puis sa vie d 'expatriée et de mère au foyer, qu'est devenue cette jeune femme, qui ne rêvait que d' une brillante carrière contre-carrée par l'arrivée de Noé. Une arrivée toutefois qui la remplie de bonheur avec cette relation fusionnelle mère/enfant.

    C'est avec beaucoup de finesse et de justesse que Celine De Rosa nous fait partager les émotions de cette héroïne s'enlisant quotidiennement dans des situations qui la dépasse, dans la dépression.

    Comme souvent dans la vraie vie, personne ne s'en aperçoit.  Son comportement déroutant,  avec ses sautes d'humeurs changeantes,donne d'elle un bien piètre, celle d'une  caractérielle insatisfaite.

    Pierre, le mari trop pris par son poste important, préoccupé à subvenir aux besoins de la famille, s'est complètement américanisé, tout comme ses enfants et tout à sa vie ne voit rien, ou fait mine de ne rien voir.

    Isolée, sans amies à qui se confier, ELLE, sombre jour après jour, se repliant davantage sur elle. Aucune de ses relations, ses femmes parfaites ne perçoit sa détresse. Aucune de ces femmes ne peut comprendre ce qui peut bien lui manquer alors qu'elle possède tout, tout pour être heureuse. Mais c'est quoi : tout ? 

    Ce roman est très pertinent et émouvant. Il nous touche en plein cœur.  Parce, qu' ELLE, ce peut-être  moi, vous, ELLES,  qui se reconnaîtront dans le portrait de cette jeune inconnue, cette anonyme, pas si anonyme que ça. 

    Son long et inévitable glissement  dans ce gouffre sans fond, l'auteure le décrit, de manière si réaliste, que pourrait le croire, vécu. C'est puissant, émouvant, douloureux pour le lecteur qui perçoit la souffrance  du personnage principal.

    La toile de fond, ce quartier, la vie des femmes genre Desperates Housewives, renforce  ce sentiment d'isolement et peut paraître un peu trop américain et trop particulier pour être transposable en France, mais pour moi, il ne fait que renforcer ce sentiment d'isolement et d'enferment, dans une vie de mère au foyer à laquelle s'ajoute les difficultés liées à expatriation.

    Que dire de la plume de l'auteure ? Fluide, poétique, addictive, elle vous transporte et vous tient en haleine, et le lecteur se demande comment cette histoire peut se terminer et si un happy-end est envisageable.

    Car rien n'est certain, avec ce rebondissement qui explique le prologue. 

    J'avoue avoir été surprise par le dénouement un peu trop tranché, à mon goût. Quant est-il de Pierre, Noé  Ethan et Mila, comment sommes nous arrivés à ce revirement ?   

    Un coup de cœur pour ce roman qui interpelle sur la souffrance de ces nombreuses femmes qui s'oublient et perdent presque leur identité dans une vie routinière, happées par un quotidien ritualisé. Celine de Rosa nous offre une belle aventure psychologique, certains détracteurs diraient peut-être, que c'est un tantinet exagéré, mais non, il n'en est rien. Bien sûr, n'étant pas dans la peau du personnage, on voudrait bien la faire réagir, l'empêcher d'avoir certains comportements destructeurs, la juger responsable de son isolement avec ce mépris qu'elle a ,quand même, pour toutes ces femmes qu'elle a, à peine côtoyé , qu'elle ne connait pas, ne veut pas connaitre. Mais peut-on se mettre totalement à sa place, alors que son entourage n'y parvient déjà pas lui même. Peut-on en vouloir à Pierre,  alors que tout prouve que le dialogue est plus difficile dans  un couple  que l'on ne croit, (d'ailleurs je dois dire, que j'aurais aimé avoir un petit retour sur sa réaction quant à l'épisode des livres).

    Merci à l'auteure pour ce livre voyageur qui m'a permis de faire cette belle découverte, merci à binôme de m'avoir incité à cette lecture et comme d'habitude s'avère être de bon conseil. Un auteur à suivre avec son autre roman La proie 

     

    Elle(s)

     

     

    Elle(s)

     

     

    Extraits Citations

     

    "La vie est dure pour les passionnés. Il y a bien peu de place dans la société pour pour ces rêveurs uniquement poussés par le coeur"

     

    "Comment un homme si agité par la passion, n'avait pu comprendre la sienne ?"

     

    " - je savais que j'étais une bonne mère. J'avais juste besoin de vous l'entendre dire. Parfois on a besoin de s'entendre dire les choses mais personne ne vous le dit"

     

    "(...) pour beaucoup il était bien plus important d'avoir l'air heureux que de l'être, quitte à s'inventer une vie de toutes pièces"

     

    "elle souffrait terriblement de la situation et ne pouvait s’empêcher de voir sa vie actuelle comme un sacrifice, un douloureux renoncement dont elle n'avait pu faire le deuil pourtant bien des années plus tard"

     

    "elle ne faisait plus que penser à ce qu'elle avait perdu, plutôt qu'a la famille qu'elle avait gagné"

     

    "De quoi donc aurait pu-t-elle souffrir ? Elle avait tout : une famille, une belle maison et beaucoup d'argent. Cela ne suffisait-t-il pas pour être heureux ?   "

     

    "-parfois il faut frouer la mort, pour recommencer à vivre"

     

    © C. De Rosa

     

    Nouvelle couverture qui me plait beaucoup

     

    Elle(s)


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    La traversée du paradis

    1920. A l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion allemand Gustav Lerner, est envoyé en mission en Russie. Il s’y fait passer pour un communiste. Il est en réalité à la recherche de la femme qu’il aime, Tamara, jeune danseuse de cabaret qu’il a rencontrée à Berlin et qui a mystérieusement disparu du jour au lendemain…
    Dans ce grand roman d’amour et d’aventures, Antoine Rault raconte le destin de personnages inoubliables, Allemands, Russes et Français, à travers lesquels il dresse le portrait de toute une époque : celle de l’Europe des années vingt bouleversée par la guerre et la Révolution communiste. 

    Editeur :  Albin Michel
    Genre:  Romance Historique
    Date de sortie: 28/03/2018
    Prix du livre papier : Broché  22,90€ (574 pages)
    Version numérique: 15,99€ 
    ISBN: 2226435719 

     

     

     

     

    La traversée du paradisQuelle agréable surprise de se voir proposer en Masse Critique privilège ce tome suite de La danse des vivants et pour couronner le tout l’édition épreuves non corrigées. Merci donc à Babelio et les Editions Albin Michel pour ce cadeau.

    J'ai ainsi pu suivre les aventures de Charles, ce jeune homme amnésique que son père a refusé de reconnaître comme son fils , préférant laisser croire à sa femme que son enfant chéri est mort à la guerre.  

    Charles ignore tout de son passé et joue un rôle d'agent double qui ne lui correspond pas, manipulé par les Français et les Allemands il recherche une paix intérieure qu'il va trouver un temps auprès de Mona la mère du vrai Gustav Lener.  

    Comment la pauvre femme peut-elle  consentir à ce jeu de dupe et faire passer aux yeux de tous Charles pour son fils ? Que cherche-t-elle dans cette relation complexe, combler sa solitude ? aider un jeune homme victime de la guerre qui lui a pris ses fils et que la  vraie mère doit pleurer quelque part en France.

     Charles est un jeune homme perdu, mais sa conscience et ses valeurs morales en font un jeune homme juste et sans a priori ce qui va compromettre son identité à cause des ses accointances avec les juifs allemands.

    Rattrapée par ses chefs de missions, il va tomber sur la coupe de  Werner Coquelis mandaté par le General Von Seeckt pour une mission en Russie.

    Si certains personnages sont totalement fictifs d'autres ont réellement existé et tous les événements historiques qui émaillent la romance se sont malheureusement produit. Le lecteur suit donc le quotidien d'une population russe à travers le portrait brossé de manière très réaliste  de toute une sombre période de l' Histoire de la révolution Russe, ainsi que des effets secondaire sur l' Europe des années 20 d'après guerre avec une Allemagne qui refuse la défaite et les contraintes imposées par les Alliés comme le désarmement.

    Charles pris dans la tourmente  se refuse de participer à de nouvelles missions, mais à nouveau manipulé il se retrouve au nom de l'amour  à rejoindre la communauté Russe en jouant le rôle d'un communiste dans l'unique but de retrouver Tamara. Mais dans cette quête n’est-t-elle pas une folie  ? quelles sont les chances de retrouver la jeune femme dans un Pétrograd dévasté sous la coupe des  Tchékistes (police politique russe). C'est dans ce contexte historique et politique qu'évolue la romance. 

    Le lecteur vit le quotidien, les décisions politiques drastiques, les restrictions, les arrestations les condamnations, les révoltes étouffées. A travers les propos de Lenine et de ses partenaires révolutionnaires qui croient au bien fondé de leurs actions, le lecteur revit l' Histoire. Un roman très enrichissant culturellement basé sur des événements réel de cette époque. Une aventure humaine émouvante et glaçante faites de croyances et de convictions, de résignation, de camaraderie  mais aussi d'amitié. Une aventure qui  fait frémir, émeut et révolte.

    Je me suis un perdue dans tous ces noms à consonance russe sans compter que parfois le même acteur est désigné sous un autre patronyme. Cependant je me suis laissée séduire par cette romance après toutefois un démarrage un peu ennuyeux  durant l'introspection de Charles/Gustav durant son séjour chez Mona. Puis l'aventure s'accélère et devient passionnante pour devenir un cours d'Histoire ludique qui séduira les fans de fresque historique.

    La plume de l'auteure reste poétique et contrebalance les horreurs  qu' Alain Rault nous fait partager. Une belle histoire d'amour et d'amitié dans un contexte politico-historique  dans laquelle la morale et les convictions sont mises à mal lorsqu'on s'interroge trop sur la légitimité de nos actions comme le fait Igor. Sa prise de conscience et le rebondissement final lui permettra-t-il de se pardonner lui même de ses exactions par une noble action ? Un dénouement qui laisse encore une fois une porte ouverte sur une possible suite.

     

    La traversée du paradis

    La traversée du paradis

     

    La traversée du paradis

     

    Extraits citations

     

    "pourquoi s'attache-t-elle a lui ? On ne sait pas pourquoi on s'attache, pourquoi on aime. Ce qui nous rend proche de l'autre ou attirant, en fait on ne le sait pas vraiment. On aime soudain et on ne sait pas pourquoi"

     

    " -  tu sais, il n'y a qu'au fond que deux formes de relations dans la vie : celles qu'on reçoit et celles qu'on choisit. Dans une amitié, dans un amour, il s'agit toujours d'un choix. Au départ on est 2 étrangers et à chaque instant, la relation qu'on vit s'invente. Il s'agit  chaque fois de 'histoire de 2 inconnus qui se découvrent et découvrent qu'ils ont du plaisir à être ensemble"  

     

     " Charles se demanda s'il n'idéalisait pas Tamara pour la même raison que  que Clara avait idéalisé Gustav ( au point d'oublier celui qu'il était véritablement et de ne pas voir qu'un autre avait pris sa place) : parce l'absence rend l'amour idéal, parce que, par la magie de l'absence, ce n'est plus un être qu'on aime mais le souvenir de l'amour "   

     

    "Quand on a bien compris son adversaire, on a  déjà à moitié gagné"

     

    "on ne voit l'autre qu'à travers ses propres yeux. On n'est jamais pour l'autre que la représentation qu'il s'en fait"

     

    " tendre l'autre joue c'est dire : tu ne peux rien contre moi"

     

    "(...) on ne crée pas le bonheur de l'humanité future sur le sang humain. Son père était vieux. Son père ne pouvait pas comprendre. Son père se trompe. Un homme ne compte pas. Je ne compte pas. Seul  compte le but"

     

    "- (...) le Paradis mes enfants ça n'existe pas. Enfin moi je dis ça, je m'en fous. Deux cents marks. Vous voulez y aller ? On y va." 

     

    "Le décalage était si grand entre ce qu'elles lisaient et ce quelle voyaient ! La plupart des gens passaient tête basse, le regard fuyant au point de paraître hostiles Étais-ce parce qu'ils supportaient en se résignant leur vie misérable ou bien parce qu'ils avaient peur ?"

     

    " - C'est une magnifique leçon de vie, non ? On découvre enfin la condition de nos semblables. Tous ensemble dans la merde : C'est ça la véritable égalité entre les hommes "

     

    "(..) alors on ne s'est pas libéré, jamais, on passe juste d'un tyran à l'autre. (...) ce n'est pas de l'égalité qu'on a besoin. (...), c'est de la liberté. si la Russie doit nitre un jour, Çà sera par la liberté"

     

    "-on ne sait si on a un ami que le jour  où il vous donne quelque chose sans rein demander en retour"

     

    © A. Rault

     

     


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    De colère et d'ennui1832 : tandis que Paris vibre, vacille et gronde sous les coups redoublés de l'épidémie et de la guerre des rues, Adélaïde s'ennuie. Elle frémit dans son salon à la lecture des journaux, se délecte du chocolat que sa domestique lui rapporte de chez Marquis, s'émerveille en recluse des oiseaux du Jardin des Plantes où elle vit, loin des barricades (où Gavroche meurt). Emilie la saint-simonienne se bat du côté de Ménilmontant pour faire entendre la cause féministe. 
    Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire du commissaire, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps de Jésus, derrière les murs d'un couvent puis le choléra l'emporte. Comment situer ce texte inclassable ? " Tout est vrai, mais rien n'est vrai " nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. 
    Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. La girafe du Jardin des Plantes, les indigènes qui traversent le paysage ou la rubrique des faits divers sont autant d'éclats de réel. 

     

    Editeur :  anamosa
    Genre:  Histoire/Histoire de femmes
    Date de sortie: 8/03/2018
    Prix du livre papier : Broché  18,00€ (176 pages)
    Version numérique: 12,99€ 
    ISBN: 9791095772378 

     

     

     

    De colère et d'ennuiTout d'abord je remercie Masse Critique Babelio et les éditions anamosa pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

    L'auteur, historien a recours à la fiction pour mettre en scène quatre femmes de conditions sociales différentes : la bourgeoise Adelaïde, la saint-simonienne Emilie, la marchande ambulante Louise et la mystique Lucie. Une approche originale, des personnages fictifs mais qui pour autant ont bien pu exister sous d'autres noms dans ce Paris des années 1832, tant tout semble si crédible. 

    C'est à travers leurs voix  que nous partageons une histoire sociale et sensible, et en tout premier lieu la condition féminine durant le XIXe siècle.

    4 femmes donc et 4 univers différents. Pour autant leur isolement est identique.

    Adélaïde épouse d'un scientifique du Jardin des Plantes vivant dans un univers protégé s'ennuie. A travers sa correspondance épistolaire nous partageons son quotidien monotone, rythmé par ses promenades dans les allées du jardin, ses visites à la girafe, la lecture de la Gazette qui la tient informée des événements lointains (pour elle qui vit dans un lieu protégé ), et pourtant si proches, il n'y a qu'à pousser le portail, de l'avancée du choléra, des traitements et recommandations possibles et de l'insurrection républicaine. Nous la suivrons à travers ses lettres à son amie sur toute l'année 1832 et découvrirons ainsi les éléments majeurs de cette période. C'est instructif pour qui méconnaît ce contexte historique. Le texte est typiquement écrit dans le style littéraire de l'époque, tenant compte de la condition sociale des intervenants.

    En effet, celui de Louise notre vendeuse des 4 saisons est plus coloré et typique de son statut. Louise suspectée et condamnée, victime d'engagements passés sur un simple concours de circonstance, au mauvais endroit au mauvais moment, délit de faciès ? Ou doute raisonnable, Louise est-elle vraiment celle qu'elle veut laisser croire ?

    A travers les actions d’Emilie, notre engagée Saint-Simonienne, notre avant-gardiste, notre féministe qui se bat pour le droit des femmes, j'ai découvert une communauté et ses actions dont j'ignorais l'existence. Ainsi j'ai fait la connaissance du Père Enfantin réformateur social et créateur d'une sorte de mouvement religieux. Emilie est une jeune femme qui se bat pour son idéologie victime du mépris des femmes et manipulée par les hommes. Née trop tôt pour être entendue et soutenue.

    Quant à Lucie la mystique, j'ai eu bien du mal à suivre ses pensées et ses sentiments dans son journal intime. Ces interventions sont courtes et peu fréquentes.  C'est un personnage qui ne m'a rien fait éprouver ni rien appris, m'ennuyant même à la lecture de ses passages, malgré des textes courts et poétiques.

    Portraits de femmes donc de milieux différents toutes liées cependant entre-elles, enchaînées de manière diverses dans ce statut de femme, consenti pour certaines, imposé pour d'autres et contre lequel certaines se rebellent entre colère et ennui.

    De beaux portrait brossés par notre auteur historien, Thomas Bouchet qui nous offre ici de manière ludique un petit cours d'histoire et de mœurs, le tout dans un emballage original tout aussi ludique entre cartes de Paris de l'époque, situant nos personnages avec en appui un récapitulatif chronologique de l'année en cours, de dessins de lieux en rapport avec ces chroniques . Un livret éducatif et culturel pour les amoureux d'histoire et de volet social. 

     

    De colère et d'ennui 

    De colère et d'ennui

     

     

    De colère et d'ennui

     

     

     

     

     


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    Les lionnes de Venise tome 2 Paris, 1631. 

    Trois ans déjà que Lucia a quitté Venise. Trois ans qu’elle cherche à rebâtir la vie qu’on lui a volée.
    Y est-elle parvenue ?
    Lucia a recréé une imprimerie. Elle compte parmi ses clients l’un des mousquetaires du roi, Aramitz. Elle peut aussi s’appuyer sur l’amitié du grand Coësre, l’énigmatique prince de la cour des Miracles.
    Et pourtant…
    Au détour d’une ruelle encombrée, une voix s ’élève. C’est Isabella, la courtisane vénitienne qui a précipité sa famille dans le malheur.
    Isabella, à Paris… L ’étau se resserre.
    Mêlée à un complot contre le cardinal de Richelieu, elle sait que la lutte sera sans pitié. Mais Lucia se révèle une incroyable combattante.
    Une lionne.

    Quand Lucia et Isabella affrontent les fantômes de leur passé dans les dédales d’un Paris inquiétant et mystérieux.

     

    Editeur : XO Editions (16/11/2017)
    Collection : Romance Historique
    ISBN   9782845639645
    Prix éditeur : 19,90€
    Disponible en e-book : 12 ,99 €

     

     

     

     

    Les lionnes de Venise tome 2

    J 'attendais avec impatience de lire la suite des aventures de Lucia et Marco, de plonger dans le contexte historique du XVIIe siècle.

    Adieu Venise et la cité des masques, nous voici à Paris !

     Un scénario toujours aussi rythmé nous entraîne dans les méandres du palais royal, à la cours des Miracles, dans l'entourage de Catherine de Médicis, de celle de son fils XIII et du fameux Richelieu, l'occasion de revisiter l' histoire de France d'une manière ludique.

    Complots, mensonges, trahisons, la quête au grimoire maudit est toujours là, mais Mireille Claudel mêle romance et suspens.

    Les aventures des mousquetaires d'Alexandre Dumas vous ont séduit ? Eh bien les voici de retour. L'auteure prête une histoire d'amour à d' Artagnan avec un de nos protagonistes principaux. Qui ? A vous de le découvrir en suivant cette intrigue captivante et rythmée, un vrai roman de cape et d'épée.

    Il est difficile de trop s’étendre sur cette histoire sans ne rien dévoiler du mystère autour du grimoire. Grimoire dont le lecteur est impatient d'en découvrir sa cache et les liens qui l'unissent à certains personnages, Giuseppe, Isabella, Henri. Et les réponses sont particulièrement renversantes.

    Du mystère, de la magie, des combats de cape et d'épée pour une aventure addictive pleine de rebondissements et de révélations surprenantes en particulier sur Henri/Luigi, mais pas que. C'est surtout l’histoire de deux femmes, deux lionnes qui se battent, l'une pour protéger sa famille et l'autre cherchant à venger la sienne. 

    Un roman mystico-historique avec des personnages réels et imaginaires que l'auteure parvient à rendre réaliste qui vous tient en haleine jusqu'au dénouement. Un petit conseil lire jusqu'au bout après les remerciements de l'auteure, l'histoire ne se termine qu'après avec encore des révélations étonnantes.

    Un excellent moment de lecture  qui pousse le lecteur curieux à se replonger dans l'histoire de France. Le coté mystère du grimoire et sa magie reste un peu confus cependant pour moi, néanmoins la plus grande des magies  dont il fait le plus mention est l'amour, l'amitié et les valeurs morales, cette magie là triomphe de tout.

    On retrouve tous les ingrédients du premier tome, la belle plume de l'auteure, l'on perçoit les recherches sur toute cette époque qui donnent du relief et de la crédibilité au scénario. Un roman historique comme je les aime.

     

     

     ☆☆☆☆

     

    Extraits citations

     

    "_ Survivre nécessite force et courage. Goûter  à tous les métiers aussi. Avant d'être roi je fus acrobate"

     

    "Trois générations de femmes, Isabella, 3 sont mortes pour préserver la blancheur de la lumière."

     

    " Seul l'amour est vérité. Tout le reste n'est que mensonge"

     

    "_ l'amitié est une valeur dont chacun doit être redevable. Tout comme d' Artagnan ce midi, vous m'accordez un honneur que je ne mérite pas"

     

    "_ J'ai vu des aubes se lever sur des champs de ruines. Je sais qu'on peut toujours en redresser les murs" 

     

    "_Pardon vaut toujours mieux que guerre"

     

    ©M.Calmel

     

     

     


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    Billie

     

        "Billie, ma Billie, cette petite princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris".

     

     

    Editeur :  Le dilettante 
    Genre: Romance contemporaine
    Date de sortie: 02/10/2037
    Prix du livre papier : Broché : 15;00€  Amazone
    Version numérique: 4,99€  ( existe en audio)
    ISBN: 2842637909  

     

     

      

    Ce roman est dans ma PAl depuis... 

    Ce n'est pas moi qui l'ait choisi,il y est tombé je ne sais plus comment, ma soeur ? une amie ?

    Bref, après avoir lu La consolante et découvert la plume d' Anna Gavalda, je m'étais promis de le lire... un jour

    C'est que la couverte n'est pas attirante, que le résumé succinct que je partage avec vous ne laisse rien deviner du contenu, et que je suis une addict aux couvertures, elles déterminent souvent mes choix, enfin très très souvent.

    Eh hop petit challenge sur Au fil des livres : Pour novembre lire un livre à la couverture moche.

    Bon Ok moche c'est quoi ? C'est très subjectif, je cherche donc dans ma PAL et bing le voilà le livre pour mon challenge.

    Bon tout cela pourrait être du bla-bla mais non parce que ça a du sens. 

    Ne vous fiez jamais à une couverture ! La preuve !

    Ce roman c'est une pépite !

    Bon Ok,  même enfin de lecture, bien que je comprenne maintenant la présence de ce bourriquet qui n'est pas cependant l'élément essentiel de cette histoire, je reste persuadée que l'on aurait pu faire plus attractif et pas que jouer sur la popularité de l'auteur.

    Cette histoire est assez déconcertante et ne fera peut-être pas l'unanimité des lecteurs, en fait, elle ne le fait pas  vu les notes sur Babelio et son petit 2,5 et pourtant...

    D'abord je suis le charme de la plume de l'auteure, qui surfe entre un langage vulgaire, celui de la rue, enfin de la campagne, celui de notre héroïne Billie la narratrice, d'ou ce langage (ben oui ce n'est pas l’âne qui s'appelle Billie) et poétique, nous renvoie à des musiques, des chefs d'oeuvre littéraires avec comme fil conducteur On ne badine pas avec l'amour. C'est  talentueux !

    Nous suivons donc Billie ,cette jeune fille atypique, sa rencontre avec Franck et l'évolution de leur relation qui va leur permettre dans un premier temps de survivre puis de vivre une histoire d'amour  hors du commun. Oui oui j'ai dit amour, parce que cette amitié là qui lie nos 2 protagonistes est tellement puissante qu'elle se rapproche de l'amour et d'abord dans l'amitié il y a de l'amour aussi entre 2 personnes de sexe diffèrent, j'y crois.  

    D'ailleurs c'est ce que met en avant Anna Gavalda et sur quoi elle conclue cette histoire (qui pourra peut-être déconcerter) mais en effet l'amour entre deux personnes se justifie-il par le sexe ? Je ne parle pas, et l'auteur non plus, d'homosexualité, quoiqu'il soit un des thèmes de ce roman, non c'est quelque chose de plus subtil.

     Anna Gavalda nous offre un personnage haut en couleur avec Billie, une Cosette version campagne et Franck bien sur, sa béquille, celui qui veille sur elle, ne juge pas, pour lequel elle se battra bec et ongle pour être à la hauteur alors que le jeune homme ne demande rien, ne critique rien.

    C'est toute la beauté de cette relation, de cette amitié indéfectible, alors que tout les oppose et les attirent.  Ils vivent une relation chaotique dans laquelle l'amour et le respect réciproque ne cesse de croitre et de les réunir au fil des ans.

    C'est une histoire drôle et émouvante avec des scènes parfois cocasses et d'autres tristes, c'est une histoire de vie, une bouffée d'espoir pour ceux qui luttent et tentent de sortir de leur vie de misère. On y croit.  

    Une fois commencée cette lecture, on ne peut s’arrêter, outre connaitre la vie de nos protagonistes et bien le lecteur désire savoir comment vont s'en sortir nos héros blessés au fond d'un ravine, perdus au fin fond des Cevennes.

    Je conclurais donc en disant que sous l'emballage pas toujours de paillettes se cachent les plus cadeaux.

    Merci donc à celle qui m'a offert ce livre, une pépite dans un papier journal.

     

     

    Coups de Coeur

     

     

    Extraits citations

     

    "Comme à l’école, je laissais mes défenses à la porte et changeas de dimensions

     

    La campagne, quand t 'es pas comme toute le monde, c'est encore pire que l’indifférence" 

     

     "C’était qui la fille déjà, qui m'avait expliqué un jour que le vrai amour, ça n'avait rien à voir avec la planche anatomique ? "

     

    "Les mots qu'on employait n'étaient pas les bons, mais ils faisaient bien leur boulot de mots quand même..."

     

    "ils ont travaillés comme des chiens, ils se sont nourris, pansés, beurrés, dégrisés, engueulés, quittés, gavés, gâtés, pourris, détesté, sevrés, réinitialisés, déçus, adorés, retrouvés et épaulés tout au long et surtout, ils ont appris à lever la tête ensemble.
    Ce sont eux qui ont vécu.
    Ce sont eux."

     

    ©A.Gavalda

     

    Bon surprise il existe une couverture plus sympa mais pas en VO

     

     


    4 commentaires


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