• Juste avant l'oubli

     

    Juste avant l'oubliIl règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C'est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement, il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l'île n'a d'autre habitant qu'un gardien taciturne ni d'autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l'oeuvre de l'écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d'organiser les Journées d'études consacrées à l'auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l'occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l'île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu'il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s'immiscer dans l'intimité du couple.

    Editeur :  Flammarion
    Genre: Litterature Française
    Date de sortie: 19/05/2015
    Prix du livre papier : Broché 19,00€  Poche :7,10€
    Version numérique:  3,49 €
    ISBN: 2081363097 

     

     

     

    Juste avant l'oubliUn auteur qui n'existe pas et pourtant je me suis laissée prendre tellement  Alice Zeniter qui en fait un personnage central de son roman, le rend crédible à travers faux articles de presse, fausses citations prétendument de Galwin, fausse biographie sur wikipédia. Et elle va encore plus loin:  extraits des livres de cet auteur factice, titres de roman, personnages, et surtout analyse de l'Oeuvre de  ce grand homme par une équipe d'experts en littérature via échanges, conférence.

    Pour une bonne part tout tourne autour de ce personnage dans les Journées d' Etudes sur une île perdue des Hébrides. 

    C'est dans ce huit clos à l'ambiance froide et ventée que se joue l'avenir de Franck, le seul protagoniste auquel le lecteur peut s'accrocher. Franck et Emilie, en couple depuis 8 ans, plus vraiment sur la même longueur d'onde. Mais l'ont-ils été un jour ? 

    Franck est infirmier, profession surement pas assez  honorable pour ce groupe d'experts puisque Emilie en travestie la vérité en le présentera comme "docteur". Franck est un jeune homme peu sur de lui, au prénom peu avantageur, comme si un prénom déterminait votre personnalité. Un prénom nous définit-il ? Il ne se trouve pas à sa place dans cet univers de mandarins  érudits.

    Emilie est obnubilée par Galwin Dowell, jusqu'à trouver un ressemble entre Franck et l'auteur décédé. Est-ce ce qui a déterminé cette relation qui semble très bancale ?

    L'histoire s'étire entre analyses détaillées ( trés détaillées) et compte rendu de conférences et de débats autour des romans de Galwin Donnell, de ses personnages, de sa personnalité, de son influence dans ses écrits. Bref pas particulièrement passionnant et  c'est ainsi que Alice Zeniter trompe son lecteur. IL me faudra quelques recherches pour comprendre la mystification.

    En second plan donc l'avenir du couple. Tellement en retrait qu'on a du mal à s'attacher aux personnages. Je n'ai éprouvé que de la curiosité pour leur devenir. Aucune émotion d'aucune sorte. Je n'ai ni ri, ni été émue.  Je n'ai rien éprouvé. Juste l'impression de lire  un compte rendu froid et analytique d'une histoire. Et il y a Jock, le gardien avec lequel Franck va passer le plus clair de son temps. Un relation étrange va se nouer entre les 2 hommes. 

    Arrivée au terme du roman il m'a fallu le digérer, ressentant le sentiment que je n'avais pas tout compris. C'était comme regarder un tableau d'art moderne  dont il faut deviner la symbolique. J'avoue que je suis peu douée et plutôt hermétique à cet exercice.

    Je ressors donc avec un avis mitigé. Mitigé car je dois admettre que je n'ai pas peiné à lire ce roman. Hormis sur la fin dans les chapitres analytiques de l'oeuvre de cet auteur fictif, et que j'ai sauté allègrement. Mais je  tire mon chapeau à l'auteure pour pour cette histoire montée de toute pièce. Cependant  j'aurais préféré une aventure plus basée sur Franck et Emilie.

    La couverture et le résumé m'avaient tentée tout comme le fait qu'il est été primé : Prix Renaudot des lycéens. Je pense que  vais désormais oublier les romans primés, j'en sors souvent déçue, certainement pas sur la même longueur d'onde.

    Pour tout dire j'ignorais à quoi m'attendre, n'ayant lu que le synopsis qui ne résume que trop bien tout ce qui se passe. Alors que j'espérais du suspens  dans cette réunion sur cette île perdue au milieu de nulle part, je me suis retrouvée dans un roman sur des réflexions existentielles,  sur la fin d'une relation, sur son délitement progressif  et qui devient brusquement une évidence pour les 2 partenaires. 

    Un roman à tiroirs  dont il me semble n'avoir pas su apprécier toutes les subtilités. 

     

     

    Juste avant l'oubli

     

    Extraits citations

     

    "Ici c'est bien le silence qui parle le plus, c'est par l'absence que l'on mesure l'intensité e la douleur " 

     

    "- ce qui fait tenir une maison, ce ne sont pas les pierres, la maçonnerie. C'est la présence humaine à l’intérieur."

     

    " (...) Emilie  avait  toujours pensé qu'elle n'exercerait un métier  que si elle pouvait en tirer du plaisir. Or ce n'était plus le cas"

     

    " elle voulait qu'il la voie dans ce qu'il était pour elle la pleine  réalisation de son être et qu'il l'en aime d'un amour accru"

     

    " - l'amour c'est compliqué quand on est jeune, dit-il, parce  on est encore plein d’espérances et d'idéaux. (...) S'il y a une chose que les années m'ont apprises (...) c'est qu'on ne comprend jamais la personne avec qui on est "

     

    " la mort par convention, confère aux disparus une certaine dignité qui empêche de les haïr"

     

    "tous leurs derniers   instants avaient été une suite de séparations minuscules qu'ils avaient fait semblant  de ne pas pouvoir interpréter. Ça ne rendait pas les choses plus faciles. "

     

    "on ne peut pas exister dans ces propres yeux. On ne peut pas  arriver seul à la fin de sa vie et se dire à soit même : oui tu l'as vécue. Il faut  d'autres yeux pour ça"

     

    © A. Zeniter


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 5 Août à 19:47
    LADY MARIANNE

    décidément pas de chance-  pas encore la perle rare-
    les romans primés ne sont pas toujours les meilleurs--
    bonne soirée- bises-

    2
    Lundi 6 Août à 09:31

    une belle lecture !! bonne journée

    3
    Lundi 6 Août à 10:23

    Là, je ne le note pas; pas tentée

    4
    Gaelle GUITTON
    Lundi 6 Août à 23:43
    Ah mince. Je voulais le lire car il avait eu le prix Goncourt. Je vais quand même le lire pour voir comment je réagis
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