• Nous les filles de nulle part

    Nous les filles de nulle part" Scandale, soif de justice, romance, une vision positive et épanouïe de la sexualité, et un coup de poing dans les fondations sexistes de notre société : ce livre est un joyau." Kirkus Reviews

    Grace vient d'entrer au lycée de Prescott après avoir déménagé. Dans la chambre de sa nouvelle maison, elle découvre des mots griffés sur le mur : Aidez-moi. Tuez-moi, je suis déjà morte.
    Ces mots, c'est Lucy, qui les a tracés. Lucy, qui a accusé trois garçons de Prescott de l'avoir violée. Lucy, qui a été traitée de menteuse par le reste du lycée. Lucy, que la police n'a pas écoutée. Lucy, qui a fui la ville avec ses parents.
    Très vite, Grace comprend que cette violence s'exerce à tous les niveaux dans la ville de Prescott : quand les joueurs de l'équipe de foot notent le physique des filles qui passent devant eux ; quand son amie Rosina doit éviter les avances des clients du restaurant où elle travaille ; et surtout sur le blog du moment, « Les vrais mecs de Prescott » dont la ligne éditoriale consiste principalement à considérer les femmes comme des objets.
    Grace, Erin et Rosina sont décidées à agir, mais elles ne peuvent le faire seules.

     Editeur : Albin Michel
    Genre: Romance contemporaine Adolescents
    Date de sortie: 28/3/2018
    Prix du livre papier : 19,00€
    Version numérique: 12,99 
    Nb de pages : 544

     

    Nous les filles de nulle partC'est à ma binôme Gaëlle que je dois la lecture de ce livre dans lequel je me suis plongée sans lire le résumé. J'en savais assez.

    Ceci est une fiction, pour autant on peut considérer que ce n'en est pas une mais une réalité que vivent de nombreuses femmes à Prescott où ailleurs à travers le monde. 

    Erin, Grace et Rosina n'existent que dans l'imagination d' Amy Reed certes, mais elles et les élèves de Prescott, c'est vous, moi, elles toutes ces Filles de nulle part. Toutes ces femmes maltraitées par les hommes, qui se taisent, ne sont pas entendues quand elles tentent de raconter leur histoire, subissent le regard, à minima, indifférent des autres,au pire jugées responsables de ce qui leur est arrivé. Elles sont assujetties au pouvoir des hommes. 

    Des hommes persuadés du bien fondés de leurs actes, confortés par un pouvoir en place. Rappelons nous de cette agression récente dans un avion et dont l'auteur s'est justifié en citant Donald Trump !

    Que faire alors quand on a été victime et dans l'incapacité physique de dire non, ce nom recevable en cas de plainte ? 

    Que faire alors quand la force vous soustrait à tous les moyens de mettre un terme de ce que vous refuser de donner  ? Votre corps ne vous appartient-il pas ?

    À travers ce récit bouleversant qui met en avant 3 marginales du lycée, "la petite grosse","la mexicaine lesbienne" et" l'autiste débile", issues de milieux différents, de familles dysfonctionnelles dans laquelle la communication est rompu, nous suivons le combat de filles abusées, maltraitées, sous la coupe des mâles de Prescott.  

    Ces derniers bien qu'incriminés par une de leurs victimes poursuivent leur vie comme si de rien n'était, protégés par des adultes qui sont sensés représenter l'autorité, rendre la justice. Des hommes, mais des femmes aussi,  à travers la proviseure Slatterly. Ignoble non ? Celle-ci ne devrait-elle pas protéger les lycéennes ? 

    Nous sommes ici dans un jeu de pouvoir machiste. Nos jeunes filles seront-elles assez fortes et unies pour parvenir à se faire entendre ? Ne dit-on pas que l'union fait la force ? C'est ce qu'elles croient. Mais cela ne suffit pas. Il faut que quelqu'un veuille écouter ce que vous avez à dire. Hors le sherrif de Prescott s'y refuse, malgré les témoignages de plusieurs victimes, des preuves indirectes à travers les  textes sur le blog des Mecs de Prescott. Blog à vomir, fictif, mais qui traduit l'idée que ce font les mecs sur leur pouvoir et sur ce qu'ils pensent des femmes.

    L'auteure met en avant l'image stéréotypé qu'ont les hommes sur les femmes, de ce qu'ils s'imaginent avoir le droit de faire, de ce qu'elles désirent. De ces femmes, Amy Reed, brosse le portrait de jeunes filles en quête d'identité, de popularité. Leur position n'est pas enviable, car quoi qu'elles fassent, elles seront, soit des putes, soit des prudes. Dans un cas comme dans l'autre, elles n'auront jamais la reconnaissance des garçons. Mais des autres aussi. De ce fait, elles agissent comme elles s'imaginent devoir le faire, alors que cela ne correspond pas à ce qu'elles sont.  Elles aussi, se persuadent de savoir ce que veulent les hommes. Amber nous prouvera qu'elle se trompe. Dans tous les cas, elles finissent parfois par se convaincre qu'elles sont responsables de ce qui leur arrive. 

    La thématique est très contemporaine et d'actualité avec ce scandale suite au viol d'une actrice et du mouvement qui s'en est suivi avec la création de Time's Up et #Metoo, pour n'en citer que quelques uns. Mais si la parole des adultes commencent à se faire entendre, celles d'ados semble plus difficile, tout au moins c'est que tente de nous dire l'auteure. Parmi ces messages on peut noter celui de l'éducation machiste reçue par les garçons à travers la scène au resto entre Rosina, Eric et sa famille.  Ce qui nous fait nous interroger sur la part de responsabilité des adultes misogynes et du message que les pères et mères font passer à leurs enfants qui seront les adultes de demain et reproduiront les mêmes comportements. Une boucle sans fin. Un autre thème est aussi abordé, c'est celui de la vision de la sexualité chez les jeunes filles et de l'importance de leurs envies,  et du fait que leur corps leur appartient, qu'elles aussi ont droit  d'avoir des besoins et des envies sexuelles. Encore quelque chose qui n'est pas reconnu comme possible.

    Un roman, je le redis, bouleversant. L'auteure nous plonge dans une ambiance stressante tout le long du récit. Les rebondissements ne nous incitent pas à croire en un happy-end. Cette aventure vous donne la boule au ventre et en fin de lecture on n'en ressort pas apaisé, bien au contraire. C'est un livre qui va rester en vous un moment.

    La lecture en est douloureuse et de ce fait, j'ai mis presque 15 jours à le lire, à petits pas. Malgré le coté sombre de cette histoire,  l'auteure instille une note d'espoir à travers le comportement de nos héroïnes, de ces filles de nulle part, un titre on ne peut plus approprié. Elle nous rappelle aussi que la lutte doit être constante, qu'il ne faut pas baisser les bras, et que même si l'union fait la force, il faut parfois une seule voix pour se faire entendre, mais qu'il faut aussi d'une seule personne pour vous écouter. Un message fort à tous les adolescents mais aux femmes en général. Un roman qui vous donne envie d'hurler, pleurer mais aussi espérer.

     

    Nous les filles de nulle part

     

     

     

    Extraits citations

     

    " parce qu'on n'arrête pas les filles. Elle sont une force. Elles de forment qu'un seul corps. "

     

    " Ce sont toutes les filles, toutes leurs voix, se faisant entendre le plus fort possible. Elles flambent dans la pénombre. Elles marquent la nuit au fer rouge"  

     

    " Mais en cet instant, une étincelle de savoir vient de se loger en lui, la prise de  conscience soudaine que son monde est renversé, sens dessus-dessous - que ces filles vont définir sa vie autant qu'il a déjà défini les leurs." 

     

     " Elle sait qu'on s'habitue à la manière dont les autres vous voient, qu'une personne commence et qu'ensuite tout le monde suit, et qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour que tout le monde vous voit de cette manière, y compris vous-même" 

     

     " elle est mineure. Elle n'a aucun droit. Ce sont ses parents qui décident de ce qui est bien et mal pour elle, même s'ils ont tort"

     

    " L'agent de l'accueil a mystérieusement disparu. Il n'y a plus au seul responsable en vue. Rien qu'ne salle plein de de filles scandalisées et  un garçon. Ce sont des adolescentes. Des gamines rien de plus. Elles ne sont pas dignes d'être écoutées." 

     

    " Mieux vaut choisir la sécurité. Mieux vaut s’intégrer. Mieux vaut garder ses distances avec l'influence destructrice du désir"

     

    " Détester c'est au moins accorder un peu de pouvoir à l'autre."

     

    " -(...)il doit y avoir plus d'une manière d’être une fille, non ?"

     

    " Quand on n'a déjà rien au départ, on n'a rien à perdre"

     

    " Rosina reste pétrifiée, impuissante. Elle n'est personne, elle n'est rien. Une serveuse, la fille de sa mère, un corps, une meuf."  

     

    " Parfois la seule chose qui soit pire que la mort c'est la survie "

     

    "- qu'est-ce que ça peut foutre, qu'une fille est été violée ? ajoute Rosina  amère et sarcastique. Elle ne comptait pas. Aucune de nous ne compte. Elle est partie. On n'a qu'à l'oublier, c'est tout." 

     

    " les gens ne veulent pas entendre une chose qui va leur rendre la vie encore plus difficile, même si c'est la vérité" 

     

    " Bien souvent la clé de la survie, c'est la mutation, le changement. Et la plupart du temps, ce changement n'est rien de plus qu'un accident. Parfois, ce changement n'est rien de plus qu'un accident. Parfois, ce sont les anomalies de la nature qui se révèlent les plus fortes."

     

     " Ce qu'elle sait, c'est que qu'on qu'on fasse les gens trouvent un moyen de vous coller une étiquette. "

     

    © A. Reed


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  • Commentaires

    1
    Gaelle GUITTON
    Vendredi 16 Novembre à 12:47
    Il fallait que tu le lises. Un roman bluffant dont on en sort pas indemne. J’ai vu qu’elle avait écrit un roman fantasy. Ce serait bien qu’on se penche sur ce qu’elle a à dire cette auteure
    2
    Vendredi 16 Novembre à 13:12
    LADY MARIANNE

    un sujet ho combien d'actualité-
    ce roman me mettrait en rage devant le mensonge des adultes--
    que les filles ne soient pas écoutées--- entendues-
    bonne fin de semaine- bises-

    3
    Vendredi 16 Novembre à 13:55
    Grâce à l'avis de Gaëlle, il est dans ma PAL, mais pas avant Janvier la lecture
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