• Paul et Virginie

    Paul et VirginieTout l'équipage se précipitait en foule à la mer, sur des vergues, des planches, des cages à poules, des tables, et des tonneaux. On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié : une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran. C'était Virginie. Tous les matelots s'étaient jetés à la mer. Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule. Il s'approcha de Virginie avec respect : nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue... Dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'avança en rugissant vers le vaisseau. À cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer; et Virginie parut un ange qui prend son vol vers les cieux.

     

    Editeur : Le livre de poche
    Genre:  Classique
    Date de sortie :  Nouvelle édition : 13/11/2019 Publié  initialement en 1788
    Prix du livre papier :  5,20
    Version numérique: 0,99
    Nombre de pages : 480 (avec le préambule) 

     

     

    Paul et VirginieOeuvre romanesque, la seule et unique marquante de Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre, dont je connaissais l'issue sans ne l'avoir jamais lue, ni étudié durant mon cursus scolaire.

    Pour certains, la romance est plutôt "gnan gnan". Pas plus que d'autres plus modernes, dirai-je. Tout au moins le style en est moins factuel, plus riche en vocabulaire, en descriptions de paysages idylliques aux airs de Paradis. Descriptions un peu ennuyeuses pour le lectorat qui privilégie l'action au détriment de la toile de fond.

    Un classique qui a mal vieillit disent certains. Justement non, tant il aborde une idée du bonheur, bien loin des contingences matérielles, dans laquelle la nature tient une grande place.

    Pour preuve que notre Virginie n'était pas plus heureuse loin de son île  sur laquelle , elle et Paul élevés dans une promiscuité jugée horrifiante pour les bonnes âmes telles que sa tante  bien née. é

    Un récit que l'on peut trouver un peu long, si  l'on s'en tient à la seule histoire d'amour tragique de nos 2 protagonistes. Mais si l'on regarde bien entre les lignes l'auteur pousse aux questionnements tant il aborde divers thèmes, différents enseignements ayant traits aux valeurs morales telle que la vertu ( terme démodé, certes, mais n'est-on pas, un tant soi peu, éduqué dans les préceptes du "bien" ?  Et au XVIIIe siècle, petri de religion, il n'existe donc aucune alternative pour notre héroïne.

    Bernardin de Saint Pierre aborde d'autres thèmes du genre : pour vivre heureux vivons cachés, le combat entre la raison et le coeur. On pourrait même trouver quelques images symboliques  dans les dernières heures de la jeune femme refusant de délester de ses vêtements, la main sur son coeur, partagée entre les convenances régies par la société ( toujours actualité, d'ailleurs ) et ses sentiments personnels. Dommage que notre Virginie, en jeune fille modèle, n'est pas été une de nos rebelles contemporaines, plus encline à privilégier son bonheur que celui des autres.  Parfois à trop penser aux autres l'on se perd soi-même. 

    J'ai donc aimé ce conte moral et romanesque au dénouement tristement tragique qui aurait pu avoir un joli happy-end et qui fait dire que parfois il vaut mieux écouter son coeur que sa raison. 

     

    Paul et Virginie

     

    Paul et VirginieL'auteur :

    Nationalité : France
    Né(e) à : Le Havre , le 19/01/1737
    Mort(e) à : Éragny-sur Oise , le 21/01/1814
    Biographie :

    Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre est un écrivain et botaniste français.

    Dès ses 12 ans, il lit avidement "Robinson Crusoé" et fait un voyage à la Martinique, après avoir été élève des Jésuites de Caen. Il entre en 1757 à l'École des Ponts et Chaussées et devient ingénieur à Düsseldorf en 1760 avec un brevet d'officier-ingénieur. L'homme n'est pas d'un naturel très coopérant avec ses employeurs, il sera licencié.
    Il se mit à rêver de fonder une république idéale et vertueuse, il ne cesse de voyager de métier en métier (professeur, journaliste, capitaine en Russie, ingénieur, etc...) et de pays en pays (Malte, Amérique, Hollande, Russie, Pologne, Autriche, Allemagne, l'île Maurice, etc...). Revenu à Paris en 1771, il va au salon de Mlle de l'Espinasse avec les encyclopédistes et, ensuite, il se lie d'amitié avec Jean-Jacques Rousseau, dont il demeure toujours un fervent disciple.
    En 1771, il embrasse la carrière des lettres. Mais il n'était pas fait pour les succès de salon et de coterie littéraire. Il publie "Voyage à l'île de France" (île Maurice) (1773), puis il devient célèbre avec ses trois premiers volumes de ses "Études de la nature" (1784). Nommé intendant du Jardin des Plantes, il en écrit le quatrième et dernier volume, "Paul et Virginie" (1788), qui consacre sa gloire littéraire.
    En 1792, Louis XVI le nomme intendant du Jardin des Plantes, ensuite nommé professeur à l'École normale sous la Révolution, élu membre de l'Institut en 1795, de l'académie française en 1803, il est comblé d'honneurs par Napoléon.
    Ayant perdu sa première femme, il épouse, en 1800, Désirée de Pelleport, jeune et jolie personne qui calme ses dernières années avant sa mort dans sa campagne d’Éragny, sur les bords de l’Oise. De son premier mariage, il a eu deux enfants : Paul, mort jeune, et Virginie, mariée au général de Gazan.


  • Commentaires

    1
    Gaelle
    Samedi 4 Janvier à 17:11
    J’ai lu dans Ma jeunesse j’ai beaucoup aimé. Je le ressortirai pour un challenge
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