• Rebecca LC

    Rebecca LCUn manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?
    Immortalisé au cinéma par Hitchcock en 1940, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Il fait aujourd’hui l’objet d’une traduction inédite qui a su restituer toute la puissance d'évocation du texte originel et en révéler la noirceur.

     

    Je crains de ne pas parvenir à traduire par des mots mon ressenti. Parce qu'aucun ne semble assez fort et juste pour le retranscrire. 

    Voici donc, un avis de plus pour ce magnifique texte que la maîtrise de l'écriture, la manière originale de Daphné Du Maurier aborde son récit, subliment.

    Même si dans les premiers chapitres l'on connait plus ou moins le sort du manoir, rien ne laisse présager le final. Rien ne nous prépare à la chute.

    En cours de lecture, quelques vagues réminiscences m'ont laissé entrevoir que j'ai visionné l'interprétation cinématographique, mais de simples flashs, trop brefs pour me remémorer toute cette histoire. Le seul souvenir que j'en ai,  est celui de Rebecca, femme décédée dont la marque indélébile plane sur Manderley. Et c'est tant mieux, puisque j'ai ainsi pu apprécier pleinement cette intrigue.

    Plus on avance, plus la découverte de la vérité rend l'ambiance insoutenable. L'on s'attache à la jeune épouse parachutée dans un milieu qui n'est pas le sien, maladroite, manquant de confiance en elle, et ignorant le passé de son époux.

    L'on peut s'interroger sur sa naïveté, sur son amour pour un homme d'au moins 20 ans son aîné et la profondeur de leurs sentiments  réciproques, tant Maxim nous parait détaché, froid, distant. Pour bien accepter la crédibilité d'une telle situation il ne faut pas oublier le contexte social et la période choisie par l'auteure pour poser cette intrigue haletante et addictive. 

    Au prime abord, le démarrage peut sembler un peu lent. Mais dès l'arrivée à Manderley la « présence » invisible de Rebecca est immédiatement perceptible, comme de son vivant, lorsqu'elle dominait le ménage et la maisonnée ; présence toujours plus obsédante, renforcée en cela par Mme Danvers, « jouant » constamment avec la narratrice, la faisant développer nervosité et doutes sur son statut dans le ménage.  Dès lors le rythme s’accélère et l'auteure nous tient en haleine, titille notre curiosité sur le sort de Rebecca, voire de l'avenir du couple. 

    L'auteure dépeint avec brio le contraste frappant entre les 2 femmes aux personnalités diamétralement opposées : 

    "Rebecca foudroie les yeux et les coeurs ; Elle passe inaperçue.
     Rebecca fascine ; Elle voudrait tellement plaire.
    Rebecca à le monde à ses pieds ; Elle est tellement timide et effacée qu'en racontant sa troublante histoire, Elle préfère rester anonyme.
    Rebecca s'amuse des hommes ; Elle aspire à être une bonne épouse.
    Rebeccast fougueuse ; Elle est placide.
    Rebecca est tellement spirituelle et drôle ; Elle est gaffeuse, un tantinet nigaude aussi…
    Rebecca est forte et hardie ; Elle est cagnarde et craintive.
    Rebecca est morte, et sa vie brève a laissé des souvenirs flamboyants ; Elle est en vie, et se traîne ici-bas, aussi maladroite et pusillanime qu'on peut l'être."

    Comment donc lutter contre un fantôme et donc contre lequel on ne peut donc se battre à armes égales ? Rebecca a marqué Manderley et les ses proches d'une empreinte indélébile. Pour autant, l'entourage de Maxim n'apportera aucun renseignements sur l'absente, l'auteur nous intrigue en distillant au compte goutte des informations et maintient un climat stressant tout le long du récit jusqu'au dénouement qui nous apportera toutes les réponses.

    Que dire ce clap de fin qui nous scotche, tant et si bien que je n'ai su  durant quelques secondes si j'en voulais davantage, ou si cette chute grandiose ne pouvait que se suffire à elle même.

    Énorme coup de coeur pour ce classique à lire absolument pour découvrir la plume poétique de l'auteure qui brosse de ses mots des paysages et des décors aussi visuels que la toile d'un peintre, des personnages aux personnalités complexes et abouties.   

    Cette lecture le donne très envie de découvrir d'autres œuvres de cette auteure, d'autant que je viens de découvrir qu'elle est l'auteur Des Oiseaux, autre sublime film Hitchcock.

     

     

    L'auteur

    Nationalité : Royaume-Uni
    Né(e) à : Londres , le 13/05/1907
    Mort(e) à : Par (Cornouailles) , le 19/04/1989
    Biographie :

    Daphne du Maurier (francisé en Daphné) est une romancière, nouvelliste et dramaturge britannique.

    Élevée dans une famille londonienne aisée, elle est la fille de l'acteur Gerald du Maurier et la petite-fille de l'écrivain et dessinateur George du Maurier, ami de Henry James et auteur notamment de "Trilby".

    Daphné Du Maurier écrit ses premières pages dignes d'être publiées à l'âge de dix-huit ans. Elle publie son premier roman, "La Chaîne d'amour", en 1931 et épouse l'année suivante le général de division Frederick Browning.

    Le roman de Daphné du Maurier le plus connu est certainement "Rebecca" (1938), l’histoire du mariage d’une jeune femme avec un veuf riche et mystérieux. Œuvre saluée par la critique, qui lui apporte la gloire.

    Trois de ses écrits sont portés à l'écran par Alfred Hitchcock : "L'Auberge de la Jamaïque" (1936), adapté au cinéma sous le titre "La Taverne de la Jamaïque" en 1939, "Rebecca" (1938), adapté au cinéma en 1940 et "Les Oiseaux" (1952), adapté au cinéma en 1963.

    Elle évoque dans "Les Souffleurs de Verre" (1963), les origines françaises de sa famille. En 1969, elle est anoblie, avec le titre de Dame de l'Ordre de l'Empire britannique par la reine Élisabeth II.

     


  • Commentaires

    1
    Gaelle
    Mardi 11 Août à 17:52
    On se fera une autre LC d’elle car comme toi j’ai partagé tous tes ressentis.
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