• Thrillers/Policiers/Polars

  • Inexorable LCVous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
    Inexorables, les conséquences des mauvais choix d'un père.
    Inexorable, le combat d'une mère pour protéger son fils.
    Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l'éternel coupable.
    Inexorable, la volonté de briser enfin l'engrenage...
    Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

     

    Editeur :  Robert Lafont Collection La bête Noire
    Genre: Thriller
    Date de sortie: 11/10/2018
    Prix du livre papier :  Broché : 20,00€ 
    Version numérique:  13,99€
    Nombre de pages: 384

     

     

     

     

     

    Inexorable LCClaire Favan est une des auteures fétiches de ma binôme de lecture. Alors quand elle vous demande de laisser tomber les livres prévus pour la suivre sur cette LC, je fonce sans réfléchir.

    De cette auteure je n'ai lu, à ce jour, que Dompteur d' Anges. J'avoue que Claire Favan m'avait séduite et que d'autres romans sont dans ma PAL.

    L'auteure précise en introduction que ce thriller n'est pas comme les autres. Personnellement n'ayant lu qu'un texte, ça ne me dérange pas.   Mais très rapidement on comprend pourquoi elle préfère en informer ses lecteurs.

    Ce thriller est plus intimiste car il s'appuie sur l'expérience personnelle de l'ostracisme envers les enfants différents et leur conséquence sur la dynamique familiale. J'ignore de quoi souffre son fils, Gabriel, et son âge, toujours est-il qu'il en a écrit la préface et  l'on comprend très vite d'où lui vient l'inspiration pour ce roman, personnel dans lequel elle lance un appel à tolérance face à la différence, et soulève également beaucoup d'interrogations et suscite  des remises en questions.

    Cette histoire vous chamboule au delà du possible, avec une histoire addictive et douloureusement plausible et effrayante car elle est si crédible qu'elle peut, du jour au lendemain toucher tout le monde.

    J'ai donc eu beaucoup de mal à le lire d'une traite, il m'a fallu me distraire avec d'autres lectures plus légères car l'histoire de Milo est particulièrement angoissante et émouvante.

    On ne peut rester indifférent devant la chute inexorable de ce petite bonhomme de 4 ans vers le coté sombre. C'est un roman d'une noirceur sans nom et l'on ne peut envisager un happy-end. Tout ce combine pour pousser encore et encore Milo vers un trou sans fond, dont au bout de quelques tentatives, il ne fait même plus d'efforts pour en sortir. Il accepte son inexorable destin.

    Le plus perturbant dans cette lecture, c'est qu'on s'interroge sur la part de responsabilité de tout un chacun :

    • Un système scolaire défaillant et qui met Milo à l'écart des autres ne sachant pas comment le gérer
    • La société qui vous met dans une case, vous colle une étiquette dont on ne peut plus se défaire quelques soient vos efforts.
    • L'individu qui vous rejette parce que vous êtes différents sans chercher à vous comprendre et qui ne vous donne aucune 2e chance.
    • Des parents qui font de mauvais choix.
    • Une mère isolée qui ne sait plus comment faire, ni vers qui se tourner.
    • les a priori qui vous stigmatisent et font de vous le coupable désigné même si vous ne l'êtes pas.

     

    Milo se retrouve donc victime du système, un système qui broie tout sur son passage. Mais doit-on ne  ne prendre en compte que la part de l’inexorable rouages de la société ? Ne serait-ce pas,  peut être, un peu trop réducteur ?   Ne sommes nous pas responsables de nos choix. Est-il raisonnable alors d'incriminer les autres pour les mauvais chemins que l'on prend. Dans la vie ne faut-il donc pas assumer les conséquences de ses  décisions, quelques qu'elles soient ? 

    On s'interroge, donc, sur la place du facteur X, cet inconnu qui vous pousse dans un sens plutôt qu'un autre et c'est que l'on en vient à se poser cette question, après coup : Et SI ?

    Et si Milo avait obéi à sa mère ? Pris une autre décision que celle de rejoindre sa bande d'amis. Peut-on imaginer un autre dénouement ? Une nouvelle question se pose :  Milo  est-il victime ou acteur de sa déchéance ?

    Ce thriller stressant, nous émeut, nous attache à Milo et à sa mère. Un mère qui est capable de tout pour le sauver. Et nous jusqu’au irions nous, malgré la perte de confiance, et ce doute insidieux qui vous dit que tout porte à croire que votre fils est un meurtrier.

    Tout comme Alexandra, le lecteur s'interroge devant ce puzzle qui s’emboîte parfaitement pour désigner Milo comme coupable. Le délit de faciès en plus. Milo est un petit délinquant dont le père a été arrêté pour braquage. Les chiens ne font pas des chats ? Non ? Milo est un violent depuis l'âge de 4 ans. Alors que penser ?

     Le dénouement et les rebondissements vous laissent avec quelques interrogations. Claire Favan en dit trop et pas assez. La culpabilité de Milo, suite au suicide de Manu reste sujette à interprétation. Mais elle parfaite pour moi.

    Un roman parfaitement maîtrisé par cette reine du polar qui a choisi, cette fois-ci la France et un milieu modeste, des problématiques contemporaines,  pour un thriller différent et pour moi c'est un défi relevé haut la main.

    Je kiffe à 100% la couverture avec ses rouages qui a la fois vous broient et qui poursuivent leur cycle inexorable.

    Coup de coeur.

     

    Inexorable LC

     

     

     

     

    Avec Gaelle

     

    Extraits citations

     

    " Si certains membres de la bande d'origine ont retrouvé la raison avant qu'il ne soit trop tard , eux 6 sont restés soudés dans l'échec " 

     

    " Avoir foi en son  fils ? Franck est-il bête au point de ne pas voir que c'est la crainte qui régit ses rapports avec Milo  ?"

     

    " Même quand les arguments de sa mère finissaient par le toucher et par le remotiver et qu'il parvenait à redresser la barre pendant quelques heures, sa réputation anéantissait tous ses efforts "

     

    " Il aura toujours  une image altérée de lui, celle d'un gosse qui malgré tout l'amour qu'il lui portait, ne valait rien pour son père "

     

    " est-ce normal que les échecs du système vous privent à ce point de ce qui est naturel et inné ?"

     

    " Comme elle aimerait tailler à coups de hache  tout ce qui dépasse pour que son fils  rentre enfin dans le putain de moule e l' Education nationale"

     

    On le surveille comme le lait sur le feu. On ne lui pardonne rien et les réactions des adultes sont disproportionnes, à la mesure de leur incapacité à le comprendre et à le calmer.' 

     

    © C. Favan

     

     


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    Même si on se quitte  SPDans un petit village du Loiret, Lara doit dorénavant s acquitter seule des dettes de la clinique vétérinaire depuis que son époux, vétérinaire et joueur de poker, a subitement disparu quelques jours avant Noël. Raphaël, son ami d enfance, commandant de gendarmerie, veille amoureusement sur elle. Une nuit, après une intervention difficile sur une jument, elle sauve de la noyade Dimka Chernikoff, le célèbre et séduisant entraîneur russe du PSG. Cette rencontre marquera le début d une nouvelle vie pour cette femme pleine de surprises, mais les fantômes du passé resurgiront vite de ce voyage entre la France et la Russie. Chacun d entre nous cache des secrets plus ou moins avouables qui rongent pernicieusement nos âmes. Lara, Raphaël et Dimka n échappent pas à la règle.

    Editeur :  Incartade(s) Editions
    Genre: Thriller 
    Date de sortie: 11/10/2018
    Prix du livre papier :  Broché : 20,00€ 
    Version numérique:  4,99€
    Nombre de pages: 300

     

     

    Même si on se quitte  SPTout d'abord un grand merci, à Incartade(s) Editions pour avoir accepté ce partenariat qui débute avec ce premier service presse.

    Un thriller qui ne correspond pas à mes standard en matière de thriller, plus centrée au prime abord sur la romance entre Dimka Chernikoff et Lara. Une histoire d'amour qui se noue,  bien trop rapidement à mon goût entre nos deux protagonistes.

    Mais en dehors de la romance, l'auteure aborde des sujets contemporains et graves comme les violences conjugales, l'addiction au jeu, les secrets qui en découlent, les mensonges, l'amitié indéfectible, les relations familiales, le désamour et surtout les effets post traumatiques liés à des violences perpétré sur un être humain.

     Un savant mélange de thèmes qui donne de la force au récit et brossant de ce fait un contexte réaliste. Babsy Bisiaux nous intrigue avec la disparition du mari et l'on s'image que le roman va tourner autour de cette disparition insolite,  au vu des menaces d'hommes inquiétants qui réclament leur dû. Mais au fil des chapitres tandis que Raphael, l'ami fidèle, veille sur Lara, avec beaucoup d'empressement et de possessivité, l'intrigue prend un virage inattendu.( Je me garderais  de développer au risque de spolier ) Malgré quelques soupçons, j'étais loin de connaitre toutes les réponses.  Babsy Bisiaux sème le doute dans votre esprit. Certaines idées s'avèrent totalement fausses tandis que d'autres se confirment en cours de lecture.

    La plume de l'auteur, fluide et plaisante et l'histoire addictive. Son style narratif est agréable. Ses sujets maîtrises, quels qu'ils soient et particulièrement développés.  A travers son récit elle nous instruit de manière ludique sur le monde du football, les soins vétérinaires, les enjeux politiques de certains pays, leur culture. Tout ceci pourrait sembler digressif, mais la manière de l'auteure de l'inclure dans le récit est originale et les détails ne sont pas ennuyeux. Au contraire ils plantent le décor.

    C'est à travers les dialogues, finement menés, que Babsty Bisiaux nous brosse le passé des protagonistes, et les rends les personnages plus tangibles. de plus ces informations sont importantes pour le présent. De même elle s'attache à dépeindre les ambiances et les émotions de nos protagonistes principaux.

    Les personnages sont bien campés, mais je ne suis pas parvenue à m' y attacher hormis Raphael, son soutien sa présence constante m'a touchée.

    Le dénouement ne sera pas surprenant, malgré les rebondissements parfaitement dosés, car l'auteure a déposé, pour nous, des petits cailloux tout le long du chemin. L'issue est donc inéluctable et en adéquation avec le titre parfaitement choisi.  

    Un très bon moment de lecture, même si j'ai trouvé que la romance, entre Dimka et Lara, prenait trop d'importance. Quelques séries d’événements m'ont fait un peu tiqué, coté cohérence, (eh oui je m'attache à des petits points de détails plus que la majorité des lecteurs, tout le monde le sait ).

      En conclusion  Je m'attendais à un roman thriller classique on est un peu plus dans de la romance avec un mystère en toile de fond. Un peu trop romancé à mon gout, mais une belle plume, une bonne construction de l'histoire et des thèmes contemporains bien documentés, des ambiances bien rendus

    Babsy Bisiaux est une auteure à découvrir et Un jour le printemps reviendra est dans ma PAL, le résumé m'a intrigué. 

     

    Même si on se quitte  SP

     

     

     

    Extraits citations 

     

    " Elle se forçait à croire qu'elle avait agi dans l’intérêt de son fils, qu'il puisse grandir dans une famille unie, mais elle reconnaissait qu'elle avait trop souvent fait preuve de soumission et de lâcheté" 

     

    " Elle aimait les responsabilités, les obstacles, même  hauts, à surmonter car ils signifiaient qu'elle était libre . Libre de se coucher lorsqu'elle en avait besoin, libre de se réveiller lorsqu'elle le décidait, libre de lire, d'écouter la musique, de blasphémer, libre de s'habiller selon ses envie et non suivant les appétences ou les convenances de Guillaume "

     

    " - C'est dur de ne pas savoir, et je sais de quoi je parle. Ne pas savoir, c'est tout imaginer, du meilleur comme du pire"

     

    © B. Bisiaux


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  • Au fond de l'eau LCLa veille de sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n'a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d'être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l'idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D'affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

     

    Editeur : Pocket
    Genre: Thriller
    Date de sortie: 14/06/2018
    Prix du livre papier : Broché 22,00€; Poche : 8,10 €
    Version numérique: 9,99 € 
    Nombre de pages : 504

     

     

     

    Au fond de l'eau LCPaula Hawkins vient encore nous surprendre avec un deuxième roman. Un roman très  déroutant avec un mode de construction déconcertant qui fait que l'on peine un peu à entrer dans l'histoire tant elle est sinueuse, comme la rivière qui coule à Beckfort avec son bassin aux noyées et ses eaux sombres et mystérieuses, dans lesquelles se sont noyées tant de femmes de leur plein gré où pas.

    Nel y a disparue à son tour. Suicide assure sa fille Lena. Impossible pense Jules/Julia la sœur. Mais comment peut-elle savoir vu que Nel et elle sont brouillées depuis des années ?  Connaissait-elle vraiment sa sœur ? Les souvenirs qu'elle possède de cette dernière ne sont-ils pas altérés par le temps ? Nel était-elle celle que Jules décrit ?  

    C'est un des thèmes qu'aborde l'auteure dans cette intrigue. Connait-on vraiment nos proches, nos parents, nos frères, nos sœurs, nos filles ?

    Kathie, 15 ans ou 17 ans, je ne sais pas, s'est jetée dans le bassin aux noyées, sac à dos et poche lestées de pierre. Il n'y a pas de doute sur son suicide, mais pour tous et surtout ses parents c'est l’incompréhension la plus totale. La jeune ado respirait la joie de vivre. Rien dans son comportement ne laissait présager cette décision, même pas la veille de sa mort. Soirée que sa mère décortique à l'infini. Comment a-t-elle pu ne pas voir la détresse de sa fille ? Et surtout l’éternelle question qui tourne en boucle dans sa tête : le Pourquoi. 

    Et nous voilà embarqués dans  un autre thème, le deuil d'une enfant, la méconnaissance de la vie qu'elle mène en dehors de nous, les secrets. Tandis que certains cherchent à comprendre pour pouvoir avancer, d'autres tiennent des promesses. Taisent la vérité. Car la vérité n'est pas toujours bonne à dire, elle peut détruire des vies. Mais la vérité finit toujours par éclater, car on est souvent plusieurs à la détenir.

    Et hop, un nouveau thème central dans cette énigme :  existe-t-il une seule vérité ? La vérité vraie, comme disent les enfants. N'existe-t-il pas, parfois, plusieurs interprétations à des événements vécus par des personnes différentes et chacun, de fait, pense détenir la vérité. SA vérité.

    C'est ce que découvrira Jules, un peu trop tard pour se réconcilier avec sa sœur, quand elle prend conscience qu'elle a interprétée à sa manière, certaines paroles suite à un événement fort de son passé. Et à partir de là, chacune d'elle a détenue, la vérité sur un même événement.

    " Mais que savait-elle de la vérité au juste ? Les gens ne font que raconter leur version de l'histoire " 

    Mais la vérité est aussi manipulable. La preuve avec l'histoire de Lauren, la femme de Patrick et la mère de Sean. Il faudra que l'eau coule sous le pont avant que Sean comprenne que ses souvenirs ont étés manipulés pour coller à  ce que son père Patrick veut qu'il se souvienne.

     Dans cette intrigue à plusieurs voix donc, beaucoup même, les sujets sont donc particulièrement forts et contemporains dans une aventure impliquant donc de nombreux personnages avec leurs histoires propres. Et on se demande quel en est le lien.  On avance à petits pas  en prenant garde de ne pas se laisser submerger par l'eau au risque de nous noyer dans ce flot continu d'informations de toutes sortes.

    L'eau, tout tourne autour d'elle avec toute sa symbolique. Elle tient donc une grande place dans le roman avec son sinistre bassin aux noyées. le mysticisme aussi, avec le personnage de Nikkie qui détient elle aussi des vérités transmises par les défuntes. Vieille folle, ou observatrice née ? Après tout c'est un petit village, de sa place à la fenêtre, n'est-elle pas bien placée pour suivre les va et vient de ses voisins ? Mais peut-être est-elle tout simplement détentrice de secrets ?  Car comme partout dans le monde, les gens ne sont pas toujours ceux qu'ils paraissent. 

    L'intrigue est complexe tant l'auteure aborde des événements sans liens apparents entre eux. La mort de  Libby, au siècle dernier pour sorcellerie, ayant séduit un homme marié, Kathie la jeune fille parfaite qui cache un lourd secret par amour,  Anna qui a assassiné son mari avant de se noyer, Lauren la mère  de notre enquêteur qui s'est, semble-t-il, suicidée, et pour finir Nel et son obsession pour cette rivière et ses femmes disparues. 

    Nous suivons donc chaque personnage dans ses pensées, ses actions.  L'auteure instille les informations au compte goutte, mais au fur et à mesure que l'on avance dans le récit tout ce met en place, et nous parvenons au dénouement, logique, pas vraiment inattendu.

    En conclusion un thriller haletant et passionnant passé le cap des premiers chapitres et l’alternance de voix dans le récit. L'intrigue est bien ficelée, la plume de l'auteure plaisante et fluide.  Presque un coup de cœur.

     Car petit hic, eh oui, il y a en a un. C'est encore mon besoin de crédibilité qui parle. Elle concerne le chapitre Lena/Mark ( oups j'avais fait une erreur de prénom) et une mystérieuse disparition. Étonnant non ? Je suis curieuse d'avoir l'avis de mes copines de lecture sur d'autres questions sans réponses. 

     

    Au fond de l'eau LC

     

     Avec Gaelle, Marie et Anne qui nous abandonnées en cours de route.

     

    Extraits citations

     

    "- (...) je n'ai aucune envie d'aller mieux. Comment le pourrais-je ? Mon chagrin me semble tout à fait approprié. Il... pèse juste ce qu'il faut, il m'crase pile comme j'en ai besoin. Ma colère est saine, elle m'aide à tenir"

     

    " Et au milieu, il y a cette rivière, et c'est cette rivière qui est le plus étrange, parce qu'on a l'impression que quelque coté qu'on se tourne, quelle que soit la direction vers laquelle on se dirige, on finit toujours par  tomber dessus"

     

    © P. Hauwkins

     


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  • Au feu les pompiers LCSix incendies en vingt-quatre heures, deux morts, plusieurs blessés. Helen Grace n'a jamais vu ça. Comme si quelqu'un tentait de réduire la ville en cendres... 
    Accompagnée de son équipe et bien décidée à arrêter le pyromane acharné, Helen sait qu'elle ne peut se permettre le moindre faux pas : non seulement cela aurait de lourdes conséquences sur la survie des habitants, mais sa carrière serait également finie. Pourtant, alors que Southampton s'embrase et que de plus en plus d'immeubles partent en fumée, les sombres penchants de la détective prennent le pas sur sa raison...

    Editeur :  Escales éditions
    Genre: Thriller Collection Les Escales Noires
    Date de sortie: 1/03/2018
    Prix du livre papier : Broché 21,90€ 
    Version numérique: 14,99€ 
    Nombre de pages: 448

     

     

     

    Au feu les pompiers LCEncore un tome de M.J Arlidge magistral !

    D'un opus à l'autre, et ce depuis Am Stram Gram, mon préféré à ce jour, l'auteur ne cesse de surprendre par ces thrillers variés. Certes la trame est identique de l'un à l'autre avec son assassin, plutot sériel killer et dont on ne découvrira l'identité que dans les derniers chapitres. Je défi quelqu'un de dire  qu'il  a des soupçons en cours de lecture.

    Tout comme Helen, le lecteur n' a pas beaucoup de pistes à suivre, tant les liens entre ces incendies semblent inexistants.

    Quelles sont les motivations de ce pyromane ? Le plaisir de voir le feu tout consumer, vibrer devant le spectacle des flammes dévastatrices ?  Où des incendies pour cacher un meurtre ?  À chaque attaque des lieux ciblés, entreprises florissantes et une maison dans des quartiers tout autant aisés que populaires. Alors quel rapport entre les victimes ?

    Notre cerveau turbine, mais ne trouve aucune réponse, tout comme Helen Grace et son équipe.

    Encore une fois l'auteure nous rappelle qu'il ne faut pas se fier aux apparences, que les blessures secrètes engendrent souvent des désirs de vengeance, pas toujours envers les présumés coupables de leurs tourments.

    M.J Artlige nous envoie sur des fausses au pistes au fur et à mesure que l'enquête progresse, comme dans la vraie vie. J'apprécie son cheminement.

    Comme dans les autres tomes, l' histoire personnelle de notre personnage récurant est au centre du roman, ainsi que celle d'autres personnages secondaires comme Charlie. la seule personne avec qui Helen entretient des relations normales comme tout un chacun.

    Helen est très particulière. L'auteure développe son addiction, celle qui lui permet d'avancer, d'oublier dans sa propre doulour, les horreurs de son métier  qu'elle ne partage avec personne tant Helen est une solitaire. Cette addiction très déconcertante et peut être choquante pour certains, est dans l'air du temps. C'est quelque chose dont on parle plus ouvertement de nos jours et traité dans de nombreux romans contemporains.

    Dans ce tome nous ferons la connaissance du nouveau superieur hiérarchique de notre héroïne. Une personnalité aux comportements intriguant. Et quelque chose dans le dénouement nous laissera perplexe et c'est là qu'on peut admirer le talent de M.J Arlidge pour le cliffhanger. La disparition d'un objet appartenant à Helen, m'avait titillé, j'imaginais que l’insistance de l'auteur sur le sujet n'était pas anodine. mais je n'ai pas songé une minute à une telle sortie !

    Comme à son habitude l'auteur nos brosse des aventures dans un contexte réaliste, abordant des problématiques sensées, contemporaines, qu'elles soient sociales, ou comportementales. Il peint des décors, loin  d'être idéalisés, du mode de fonctionnement de la police britannique, nous plongeant dans des ambiances sordides, dans les affres de culpabilité de nos héros, les rendant  ainsi humains et plus vrais que nature. Il s'attache à dépeindre avec quelle rapidité démarre la vindicte populaire, avec ou sans preuve de culpabilité confirmée, simplement exacerbée par des infos journalistiques dont l'objectif est de faire le buzz.

    Nous retrouvons donc l'horrible peste de Granita. Peut importe à cette journaliste de détruire  des vies, d'inciter à des actes répréhensibles, de provoquer des drames. De ce fait on se demande ce que l'auteur réserve à ce personnage dans les prochains tomes.

    Je suis, donc, une nouvelle fois sous le charme de la plume de l'auteur dans toute son intégralité, le style, la trame, la construction de l'intrigue, les personnages qui se dévoilent de plus en plus en plus au fil des tomes. L'auteur maîtrise son sujet sur les incendies criminels, la passion de certains pour le feu.

    Mon seul bémol, un petite incohérence s'est glissé pour moi dans cette intrigue. Je ne peux croire en une telle issue. Les agressions sur agent passant aux oubliettes au profit de l'intrigue. pas vraiment crédible de mon point de vue pour qu'on en reste là !

    Pour le reste, je dis chapeau bas Mr Arlidge. Une fois encore vous nous offrez des assassins  hors du commun, une trame  haletante,du suspens, des rebondissements et des personnages aux comportements adaptés aux circonstances.  Une intrigue particulièrement bien ficelée, parfaitement construite qui passionne le lecteur jusqu'à la dernière ligne. 

    Coup de coeur ! Mais le premier opus de l'auteur reste mon préféré par son coté angoissant que l'on a pas aussi puissant ici. 

    Rdv pris l'année prochaine avec l'auteur pour les prochaines aventures du Commandant Helen Grace. Un peu frustrant d'attendre en sachant que plusieurs tomes sont déjà publiés en Angleterre. 

     

    Au feu les pompiers LC

     

     

     

     

     

    Avec Gaelle

     

    Extraits citations 

     

    " Thomas compris pourquoi sa carte et bien d'autres comme la sienne lui apportaient autant de réconfort. Elle lui rappelaient qu'en dépit de la noirceur qui régnait en ce bas  monde, la bonté existait aussi "

     

    " Ensemble nous sommes plus que la somme de nos parties "

     

    " Helen Grace était la pierre angulaire  du commissariat central de Southampton ; si elle se brisait tous s'effondreraient "

     

    " la façon qu'avait le feu de changer les gens provoquait toujours  une réaction physique sur lui"

     

    " Il parait que les femmes aiment  les hommes en uniforme mais l'inverse n'est pas vrai. Ces messieurs seraient-ils intimidés par les femmes policières ?  "

     

    © M.J Arlidge

     


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    La liste de nos interdits LC1) Ne pas sortir sans bombe lacrymo 
    2) Toujours repérer les sorties 
    3) Toujours avoir un plan de secours 
    4) Ne jamais se retrouver coincée 
    5) Ne jamais paniquer... 

    Et la règle n°1 : ne jamais monter dans la voiture d'un inconnu. 

    Elles avaient tout prévu. Rédiger une liste exhaustive des dangers qui peuplent notre environnement. Établi tous les interdits. Pris toutes les mesures de sécurité pour rendre leur monde plus sur. 
    Aucun imprévu ne devait plus pouvoir les surprendre. 
    Elles ont enfreint la première règle : elles ont pris un taxi. 
    ès lors, le cauchemar n'aura plus de fin.

    Editeur : Fleuve Noir Pocket
    Genre: Thriller psychologique
    Date de sortie: 14/09/2017
    Prix du livre papier : Broché 19,90€   Poche :  7,50
    Version numérique: 13,99 €  ??
    Nombre de pages version papier :  384

     

    Attention: ce livre est paru sous le titre "Au bout de la peur" aux éditions France Loisirs.

     

    La liste de nos interdits LC Malgré la liste de leurs interdits, Jennifer et Sarah, à la limite paranoïaques, n'échappent  pas au psychopathe qui va les séquestrer pendant plusieurs années dans une cave. Et de se poser la question : Peut-on se protéger de tout ?

    Christine suit les cours de Jack D  ,brillant professeur de philosophie qui subjugue son auditoire, étudiants comme confrères. Mais attention aux apparences, elles sont parfois trompeuses. Même sous un visage d'ange se cache quelquefois un être démoniaque. C'est ce que découvrira trop tard Christine.

    Tracy vit dans la rue avec son frère Ben pour survivre, négligés par une mère droguée en permanence.  Elle aussi est relativement prudente. Mais un jour elle chutera et deviendra à son tour la proie de Jack.Est-elle la victime type ?

    4 filles au parcours de vie différents  vont vivre enchaînées, soumises aux fantaisies  de leur tortionnaire, ce personnage public bien sous tout, rapport, ce conférencier de renom qui parcourt le pays et mène des débats philosophiques, en dehors de chez lui, bien sûr. Car Jack est un pervers qui maltraite physiquement mais surtout psychologiquement. Ils les étudie, les manipule, comme s'il s'agissait d'un sujet d'études. Qu'en est-t-il vraiment? Est-il fou au point de vouloir mettre en pratique une analyse qui lui tient à cœur ? Ou n'est-ce qu'un sadique qui retire de la satisfaction des tortures qu'il inflige ? Quel est son objectif ?  Adèle sa dernière assistante qui se passionne pour des sujets scabreux a-t-elle été dupée ? Ou est la limite entre l’étude intellectuelle des comportements et une mise en pratique, avec tortures ? C'est très flippant.

    Koethi Zan est suffisamment talentueuse pour ne pas nous noyer sous des descriptions détaillées des sévices vécues par les jeunes filles. Elle les suggère seulement, et l'imagination du lecteur fait le reste. Et nous partageons aisément le quotidien et l'horreur des conditions  de vie de ces jeunes séquestrées. Battues, humiliées, mentalement manipulées.

    L'auteure ne se contente pas de nous narrer le martyre de ses filles. Elle nous bascule 10 ans après le drame dans leur univers personnel. Chacune a repris sa vie à sa manière. Cependant au fil des pages, alors que Koethi Zan, nous fait partager leur passé et leur présent, il est vite évidemment qu'il s'est passé quelque chose de grave qui au lieu de resserrer les liens entre elles, comme on pourrait le supposer après avoir partagé ensemble de telles épreuves, il n'en est rien. Pourquoi ? Dans des aventures similaires, faut-il au contraire s'éloigner les uns des autres pour se reconstruire ? Effacer de sa mémoire les éléments traumatiques ?

    Sarah/Caroline est la narratrice de ce récit. J'avoue avoir eu du mal à saisir qu'elle était sa véritable identité. C'est à travers son récit que nous découvrirons les éléments marquants de son internement, que l'auteure distille au compte goutte , mais aussi son présent avec ses peurs, ses tocs, sa paranoïa,sa culpabilité. Pourquoi se sent-elle coupable alors qu'elle les a sauvées toutes ?

    Outre les flash-backs, le présent est tout aussi important. Il nous laisse voir les impacts de cette séquestration sur le mental de ces jeunes filles avec cette analyse  subtile des capacités de résilience et les mécanismes de défenses de chaque individu face à un drame monstrueux. Certains sont sujets à un choc post-traumatique, d'autres ont la capacité de rebondir plus facilement.  Cependant rien ne s'oublie.

    Et nos protagonistes ne sont pas au bout de leur peine, avec la sortie possible de leur tortionnaire. D'autant que Jack du fin fond de sa prison est toujours aussi démoniaque et manipulateur. Et parvient à atteindre Sarah. Cette dernière vit recluse dans son appartement, plus paranoïaque que jamais, en proie à une souffrance qui cessera peut-être si elle parvient  à trouver une réponse à la question qu'elle se pose toujours et à laquelle  Jack n'a jamais répondu. Nous la suivons donc dans son enquête dont l'issue finale permettra peut-être à garder le monstre en prison à vie.

    Si Sarah n'est pas au bout de ses peines, le lecteur ne l'est pas non plus ! Car l'auteure ne cesse de nous surprendre et le dénouement s'avère d’être des plus inattendu. Même si j'avais quelque soupçon en ce qui concerne  Jennifer, ce final m'a déboussolée.

    Une chose est sûre, c'est que le plan de Koethi Zan, dont c'est le premier roman est remarquablement organisé et bien pensé. l'auteure nous tient en haleine,  avec ce récit bien rythmé, angoissant, stressant, tant nous tremblons pour ces jeunes femmes. Cette histoire est particulièrement addictive et on a du mal à poser son livre.

    Cependant je reste frustrée. Certaines questions ne trouvant que des réponses incomplètes, particulièrement en ce qui concerne Jennifer, et les motivations de Jack. Sadique, ou malade mental à la recherche de notoriété avec en retour une étude comportementale basée sur la pratique ? Adèle nous met le doute. Ne cherche-t-elle pas une certaine reconnaissance en présentant son propre sujet d'étude basé sur la victimologie, oubliant ce qu'on subi les jeunes femmes ? Comment  Jack choisissait-il ses victimes ? Comment a-t-il pu passer la barrière de protection de Jennifer et Sarah ? Oui, je reste avec des pourquoi et des comment. Mais peut-être n'étais-ce pas le sujet, puisque tout tourne autour des réactions des jeunes femmes. Mais  quand même j'aurais voulu en savoir plus sur le monstre que ce que l'auteure a voulu nous donner.

    Pour le reste les thèmes sont bien traités, les approches angoissantes vous poussant à vous questionner. Jusqu'au serions nous capables d'aller pour survivre, pour alléger notre souffrance ?

    En conclusion, un thriller psychologique, déroutant et perturbant qui vous remue au fond des tripes. Même avec une liste de nos interdits, nous ne sommes pas à l'abri d'un psychopathe. Quelque soit les statistiques.

     

    La liste de nos interdits LC

     

     

    Avec Anne et Gaelle

     

    Extraits citations

     

    " La capacité de dormir de Christine m'émerveillait. D'une certaine manière c'était l'exemple parfait du pouvoir d'adaptation des humains. Elle était capable de faire abstraction de la situation et, au final, cette aptitude s'est révélée salutaire pour elle"

     

    " Christine avait toujours été un être extrême, dont l’imprévisibilité me mettait mal à l'aise"

     

    " les fanatiques, les mystiques et les extrémistes ont tous tendance à agir de façon irrationnelle et  inattendue. Les statistiques ne pouvaient vous protéger contre ça."

     

    " la captivité n'est pas sans conséquence sur le mental. cela nous enseigne quel animal primaire sommeille en nous. Que l'on est capable de faire n'importe quoi pour rester en vie et souffrir un petit peu moins que la veille"

     

    " la connaissance c'est le pouvoir après tout. Nous savions  que nous avions un risque sur 2 millions de trouver la mort dans une tornade, 1 risque sur 310 000 de mourir dans un crash d'avion et un risque sur 500 000 d'être tuées par un astéroïde."

     

    © Koethi Zan

     

     

     

     


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