• Défaillances : LCCassandra est mariée depuis un an avec Matthew, et leur bonheur semble sans nuages.
    Jusqu'à ce qu'un orage, un soir, pousse Cass à emprunter une route qu'elle n'aurait jamais dû prendre, à travers la forêt.
    Trop isolée, trop sombre, trop dangereuse.
    Tellement dangereuse, d'ailleurs, que lorsqu'elle dépasse une voiture arrêtée sur le bord de la chaussée, Cass choisit de ne pas s'arrêter pour proposer son aide à la femme qui se trouve à l'intérieur.
    Mais lorsqu'elle apprend, le lendemain, que la femme a été retrouvée sauvagement assassinée, Cass est assaillie par la culpabilité.
    Et les coups de fil anonymes qu'elle reçoit désormais chez elle transforment ses angoisses en terreur.
    Elle en est persuadée : quelqu'un l'a vue, ce soir là. Quelqu'un qui continue de l'observer. Quelqu'un qui pourrait bien être l'assassin.
    Pourtant ni Matthew, ni Rachel, sa meilleure amie, ne prennent ses craintes au sérieux.
    Et Cass elle-même commence à douter : comment être sûre de quoi que ce soit alors qu'elle perd chaque jour un peu plus la mémoire, oubliant le code de l'alarme, sa place de parking, ce landau qu'elle a commandé même si elle n'a pas d'enfants, et ce que peut bien faire dans sa cuisine ce couteau ensanglanté qu'elle ne reconnaît pas.

    Editeur :  Hugo Thriller
    Genre: Thriller psychologique
    Date de sortie: 04/01/2018
    Prix du livre papier : Broché 19,95€ 
    Version numérique:  12,99 €
    ISBN: 9782755636512

     

     

    Défaillances : LCAprès son premier roman, Derrière les portes, énorme coup de cœur pour un contre la montre stressant, je me demandais si B.A Paris parviendrait encore à me surprendre avec un nouveau thriller psychologique palpitant.  C'est avec des sentiments ambivalents que je me suis lancée dans cette lecture. J 'étais partagée entre la crainte d'être déçue (peut-on faire mieux ou aussi bien que pour le dernier ?) et l'espoir que cela le soit. 

    Je me suis trouvée surprise  avec cette impression de déjà lu dans les premières pages, la situation me rappelant  le début de La disparue de Noel de Rachel Abbot, mais très vite cette comparaison disparaît, hormis le fait que Cass emprunte une route isolée et  croise une voiture arrêtée le reste est totalement différent et l'auteure nous transporte dans son univers.

    C'est à travers le récit de Cass que  l'auteure nous plonge dans une ambiance anxiogène et que lecteur vit les émotions de l’héroïne.

    Un personnage qui perd ses repères suite au stress et la culpabilité qui la ronge et Cass s'enfonce jour après jour dans la paranoïa, avec le récit journalier de son quotidien et de son calvaire. Rongée par une culpabilité effroyable notre héroïne sombre jour après jour dans un gouffre sans fond duquel elle ne parvient pas à sortir.

    Mais le lecteur de s'interroger : A quel point la culpabilité peut-elle être destructrice ? Est-ce crédible ? Qu'aurions nous fait et ressenti à sa place ? Probablement qu'influencé par le contexte actuel et toutes les mises en garde contre les manigances et les agressions serions-nous passés ce soir là sans rien faire. Mais pour autant nous sentirions aussi coupables de la mort de Jane ? Certainement pas. Alors une intrigue crédible ? Mais nous ne sommes pas Cass avec son profil psychologique fragile, son stress, sa fatigue après une année scolaire épuisante et surtout ses antécédents médicaux. En fait, le décor est planté et tout se joue, B.A Paris nous ayant bien harponnés avec une intrigue addictive qui ne vous lâche pas jusqu'à ce que vous ayez atteint la dernière porte.

    L'histoire est particulièrement bien menée avec les  défaillances psychologiques de notre personnage principal qui nous touche et nous émeut dans sa détresse.

    La méthode de l'auteure est efficace, elle distille le doute insidieusement, nous entraînant dans des pistes possibles, puis tire le tapis, incitant le lecteur a tout remettre en question. Quelles sont les chances qu'un assassin la harcèle ? Pour autant pourquoi les appels n'ont lieu que quand son mari est absent ? Est-elle vraiment épiée ou juste paranoïaque ?  Qu'en est-il de sa santé mentale  ?

    Oui le tout est particulièrement bien ficelé et le lecteur assiste impuissant à la dégradation physique et psychologique de notre héroïne. On s'étonne cependant du peu de soutien de sa meilleure amie tandis que l'auteure brosse un portrait réaliste des comportements d'un mari aimant pris dans un engrenage infernal. 

    L'ambiance est étouffante, oppressante et le lecteur est avide de souffler un peu, mais B.A ne lâche rien jusqu'au dénouement.

    Un dénouement somme toute attendu, sans l'être, c'est toute la subtilité et le talent de B.A Paris, avec un rebondissement de dernière minute assez surprenant car malgré ce que peut imaginer le lecteur en suivant les petits cailloux semés par l'auteure, rien n'a quand même étayé cette piste.

    L'auteur maîtrise les codes du thriller psychologique et nous offre une intrigue pourtant logique à laquelle on songe très rapidement mais B.A parvient toujours à instiller le doute. 

    Pour autant même si j'ai très apprécié cette lecture, j’émets quelques réserves avec quelques points que j'aurais aimé voir davantage développés et que je ne peux vraiment pas aborder ici sans spolier. Une petite discussion avec ma jumelle de lecture s'impose. J'ai d'avoir l'avis de mes partenaires de lecture.

    En conclusion je dirais que c'est un excellent thriller psychologique dans lequel on se laisse facilement emporter, particulièrement  bien construit qui vous tient en haleine, entre manipulations, mensonges et trahisons. C’est angoissant, prenant et étouffant à souhait et particulièrement addictif. Mais pour l'heure Derrière les portes reste un coup de coeur.

    Une auteure à suivre (qui continuera à nous surprendre ), que j'ai eu la chance de rencontrer au Salon de Livre et avec qui j'ai pu discuter. Une auteure Anglaise qui parle parfaitement le français.

     

    Défaillances : LC

     

     

    Défaillances : LC

     

     

     

    Avec Anne, Gaelle et Marie

     

    Extraits citations

     

    "il est dur de croire que la décision instinctive de prendre le raccourci par la foret ce vendredi soir fatidique a eu un effet aussi dévastateur  dans ma vie. Jane était peut-être au mauvais endroit au mauvais moment, mais moi aussi, Moi aussi." 

     

    "les larmes me piquent aux yeux. Je ne vois pas comment cette culpabilité pourrait disparaître et la pensée de d'avoir à la porter le restant de mes jours me semble trop cher payé pour un instant d’égoïsme. Mais la vérité est là : si j'avais pris la peine de sortir de ma voiture elle serait peut-être encore en vie.

     

    "-oui merci, ça va aller.

     En refermant la porte derrière elle, je sais que non, pas encore. Mais un jour j'irai bien. A la différence de Jane, j'ai toute la vie devant moi"

     


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    IbogaPire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité…

    28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la « Louisette ».
    Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
    Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
    Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…
     
    Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l’avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.
      
    Une fois, Max m’a dit quelque chose que j’ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu’il y aura des incohérences, des trucs qui n’iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut.
    J’ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J’ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée. 
      
    Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

    Editeur :  Belfond
    Genre: Suspens Thriller
    Date de sortie: 25/01/2018
    Prix du livre papier : Broché  19,00€  
    Version numérique: 12,99€ 
    ISBN: 2714478344

     

    IbogaJe remercie tout d'abord les #Editions Belfond dont je suis une grande fan et #NetGalleyFrance pour m'avoir permis de lire ce roman en SP.

    La couverture sombre et mystérieuse ainsi que le résumé m'attiraient depuis un petit moment déjà.

    Mon premier sentiment a été la surprise. Je pensais entrer  d'emblée dans l'énigme dans un flash-back immédiat nous plongeant dans les raisons de cette condamnation. Mais très rapidement le lecteur se laisse prendre  et se perd dans un huis-clos saisissant et angoissant, s'interroge, frissonne, s'indigne et s'émeut.

    Jeff, 17 ans condamné à la peine capitale, la mort encore en application dans les années 80 qui s'applique même aux mineurs ? Jugeait-on ainsi les ados de la façon que les adultes ?  La sanction pour un meurtrier sanguinaire est la même quelque soit l'âge semble-t-il, c'est passer par la Louisette un des surnoms donnée à la guillotine.

    C'est à travers cette histoire que le lecteur découvrira, s'il l'ignore encore, que  l'abolition de la peine de mort sera votée en 1981. Pour Jeff cette décision n'a aucune importance puisque le Président entrant la gracié, le condamnant à la réclusion à perpétuité. Est-ce un cadeau ? La mort immédiate n'est pas plus enviable qu'une mort lente et inéluctable ?  

    Jeff 17 ans mérite-t-il son sort fait de conditions indignes d'internement, de brimades, d'humiliations, de provocations, de passages à tabac à la moindre excuse par des matons cruels et racistes ?

    C'est ainsi que dans cette première partie le lecteur toujours ignorant des méfaits du jeune homme , s'insurge devant ces comportements inhumains et indignes de l' Homme, se prend d'affection, s'émeut et éprouve ainsi de l'empathie pour un assassin qui a admis ses crimes. Mais de quels crimes s'agit-il ? C'est en partageant l’introspection de Jeff que nous vivons, ses peurs, son passé et ses rêves. C'est une expérience sensorielle unique qui prend le lecteur aux tripes  vivant comme Jeff dans un sentiment d'urgence particulièrement marqué par le style de l'auteur, par ses phrases courtes et incisives.

    Christian Blanchard nous confronte à un meurtrier dans son univers carcéral, brossant des conditions de ce milieu, impitoyables et inhumaines. Comment un jeune homme peut-il survivre dans un tel univers simplement rythmé par les repas,la douche une fois par semaine et les courtes promenades ?  Rien pour l'occuper ni livres, ni musique, ni TV. Aucun contact avec le monde extérieur. Comment ne pas sombrer, comment vivre avec soi-même pour seule compagnie, hors celle de Germaine la petite souris. Elle et Martin le maton m'ont fait songer à des personnages de La ligne verte. Ici,  Jean, tout comme nous va se pendre d'empathie pour le jeune homme. On se demande comment tout ceci est possible. Peut-on s'attacher à un assassin ? Eh bien c'est ce que l'auteur parvient à faire. Il nous lie à lui dès le début et cette empathie perdurera malgré les révélations par la bouche du jeune sur l'histoire d'un gamin égaré devenu un monstrueux assassin. La rencontre avec Max son mentor et Iboga justifie-t-elle tout ?  Explique-t-elle  la cruauté et l'absence de remords  du jeune Jeff ? Et qui sont Max  et Iboga ?

    C'est suite à la rencontre avec la psychologue que tout va se déclencher ? Qui est-t-elle ? Quels sont ses objectifs ? Son comportement est-il vraiment altruiste comme celui de Jean ? Ou son but ultime est-il simplement de comprendre là ou d'autres ont échoué avec un but plus personnel ?  Questions que je me suis posé suite à son arrivée inattendue.

    Poussée par elle, si on peut dire, Jeff ouvrira pour nous les tiroirs de sa mémoire. Nous ferons connaissance de Max le mentor, la confiance de Jeff envers lui. Mais si tout ceci n'était que  manipulations par l'intermédiaire d' Iboga ?  Iboga et le titre prend tout son sens.

    Dès lors le rythme s’accélère. Le lecteur s'approche du dénouement de tous les possibles ? Mais un possible happy-end est-il envisageable ?

    Christian Blanchard parvient à nous surprendre, bien que l'issue finale soit la plus logique tant elle correspond à Jeff dont le souhait ultime est de pouvoir faire ses propres choix, enfin !

    Quelques questions trouvent réponse après que Jeff est partagé avec sa psy Sa version de la vérité, comme elle se plait à insister, mais  La  Vérité pour Jeff. Quant est-il vraiment ?  Y croirons-nous  ? Penserons-nous aussi qu'elle n'est QUE LA VÉRITÉ  de Jeff ?  

    De ce fait la fin reste, tout au moins pour moi, ouverte, du pourquoi de l’intérêt purement altruiste d'une psy pour un meurtrier. Et quand est-t-il de Max ? Quant à Jeff, meurtrier à 17 ans, Suffisamment grand pour tuer, assez vieux pour mourir ?

    Un thriller psychologique particulièrement addictif, mené de main de maître par Christian Blanchard dont le style incisif ne laisse pas le lecteur indifférent.

    Un coup de cœur pour moi. Et un auteur à suivre.

     

    Iboga

     

    Coups de Coeur

     

     

    Extraits citations

     

    "- laissez-moi décider de ma fin. Je ne sais pas si je mérite cette faveur mais c'est mon souhait le plus cher"

     

    " Elle est en train de me dire que je suis, comme toujours, sous la dépendance ou le joug de quelque chose. Jamais, je n'ai été en capacité de prendre une seule décision."

     

    " Tuer un homme est mal mais le libérer est bien..."

     

    " la souffrance de la chair est une preuve de mon existence. J'ai mal donc je vis."

     

    " Lorsque l'epoir a disparu, que reste-t-il ? Mourir n'était pas vraiment un choix ? Je cherchais à ne plus souffrir.  "

     

    " Connaitre la date de sa mort, est-ce une torture insoutenable ou un soulagement ?"

     

    " J'ai ôté la liberté, la vie à des êtres humains, on va prendre la mienne. Le libre arbitre de la justice. Une forme d'égalité."  

     

    " Trop jeune.

    Pas à 17 ans.

    Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir...

    Les jurés en ont décidé ainsi."

     

    © C. Blanchard

     


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    Rien de plus grand

    La pièce empeste les oeufs pourris. L'air est lourd de la fumée des tirs. Tout le monde est transpercé de balles, sauf moi. Je n'ai même pas le moindre bleu.
    Stockholm, sa banlieue chic. Dans la salle de classe d'un lycée huppé, cinq personnes gisent sur le sol, perforées de balles. Debout au milieu d'elles, Maja Norberg, dix-huit ans à peine, élève modèle et fille de bonne famille. Son petit copain, le fils de la plus grosse fortune de Suède, et sa meilleure amie, une jolie blonde soucieuse de la paix dans le monde, figurent parmi les victimes, ainsi que Samir, brillant fils d'immigrés décidé à s'affranchir de sa condition. 

    Neuf mois plus tard, après un battage médiatique qui a dépassé les frontières suédoises, le procès se tient. Mais qui est Maja ? Qu'a-t-elle fait, et pourquoi ?

    Editeur :  Les Presses de la cité
    Genre:  Thriller psychologique
    Date de sortie: 08/03/2018
    Prix Broché  21,00€   NUmérique : 7,99€
    ISBN: 2258143489  

     

     

     

     

    Rien de plus grandTout d'abord je tiens à remercier Babelio et les Presses de la cité pour m'avoir offert l'opportunité de  découvrir cette auteure suédoise. Ma dernière lecture dans ce genre littéraire nordique n'était pas vraiment concluant malgré  le prix qui lui  était  attribué. Celui-ci est également primé, mais n'allais-je pas être à nouveau essuyer une nouvelle déception ?

    Le résumé est prometteur,  le titre surprenant et l’intérêt de Netfix intriguant et ma curiosité l'emporte et on ne refuse pas une masse critique privilège. Et cerise sur le gâteau ma binôme a aussi reçu ce livre Go pour une nouveau partenariat. 

    Une fois encore je suis étonnée de constater que  Malin Persson Giolito est au départ avocate et que ce n'est pas son premier roman. Elle brosse le contexte politico- économique du pays comme bien d'autres auteures que j'ai pu lire, il semble que se soit un sujet de préoccupation et source de nombreux problèmes en Suède. Mais quel peut-être le rapport dans cette intrigue dans laquelle une jeune fille sort indemne d'une folie meurtrière dans un lycée ? Une jeune fille victime ou bourreau ?

    Le lecteur ne sait que penser et 1000 questions se bousculent dans sa tête. Dans un premier temps nous nous comportons comme des jury de base et soumis à nos préjugés nous penchons pour la culpabilité de Maja. N'est-elle pas incarcérée suite à l'enquête ? Elle donc forcement coupable. Oui facile de se répéter cette maxime : innocente jusqu'à la preuve du contraire . Maintient-on un mineur innocent en prison ? Il semble que oui dans  le système judiciaire suédois et l'argent ne peut rien y faire pas de libération sous caution comme aux USA.

    C'est à travers le point de vue de l'accusé au cours du procès et de son incarcération que le lecteur découvre les événements qui ont précédés le drame. A travers le récit de Maja nous suivons ce thriller psychologique sociétal. Et nos certitudes s'envolent.

    L'intrigue et les thèmes abordés sont très contemporains et effrayants avec cette tuerie, une de plus impliquant des ados. Mais quel malaise hante nos jeunes pour qu'ils en arrivent à de telles extrémités ?

    Nous suivons donc Maja dans son quotidien, une jeune fille reconnue coupable par la société, complice, incitatrice de meurtre mais le lecteur se demande au fil des chapitres si elle n'est pas simplement une victime collatérale ?

    Au fil du récit nous découvrons le passé de notre personnage principal, une jeune fille assez passive dans sa relation avec Sebastian ce fils à papa, ce petit  ami que tout le monde lui envie,qui flatte son propre ego, une relation qui fait la satisfaction de ses parents que j'ai trouvé bien tolérants et eux même effacés. Mais personne ne voit donc rien ? L'auteure brosse ici un tableau très désolant des relations parents/enfants des interactions et des impacts sur la vie des uns et des autres.

    Ainsi nous faisons la connaissance de Sebastian, un jeune homme qui peut tout se permettre sans aucun filtre ni aucune limite. Son pouvoir sur autrui est immense, c'est effrayant. Il est envié souvent, et détesté parfois. Mais l'argent ne fait pas le bonheur, cette maxime se confirme. Sebastian a beau s’étourdir de fêtes, de voyages au bout du monde sur un coup de tête, il est malheureux, rejeté par son père et semble s'accrocher à Maja comme à une bouée de sauvetage, mais le poids de ses chaines ne risque-t-il pas d’entraîner  cette derrière dans sa noyade ? A moins que ce ne soit Maja qui le pousse à des décisions inéluctables ? N'est-elle pas responsable de ce chaos ? Tous les échanges semblent le prouver.

    De rebondissements en rebondissements nous avançons vers le dénouement. Et le lecteur n'est sur de rien, comme Maja elle même. Nous découvrons les rôles de chacun, dont certains très déterminants, ceux de Samir, d' Amanda la meilleure amie, Dennis, les parents. J'avoue être restée sur les fesses devant la petite bombe de l'auteur. Et de m'interroger, la réalité est-elle telle que ce que nous l'imaginons ? Sommes nous influencés par le récit des autres et leurs points de vue ? J'ai conclu que surement. la démonstration de l'avocat de Maja est assez concluante. Et quand est-il de Rien de plus grand que l'amour ? La réponse est évidente. Et le titre prend tout son sens. 

    C'est durant le procès que nous découvrons les tenants et les aboutissants de ce drame, vivons les émotions de Maja qui dessine pour nous la personnalité de tous les protagonistes. L'auteure nous tient en haleine ,  nous interpelle, nous sommes jury, procureur, avocat de la défense, témoins. Le lecteur se pose sans cesse des questions. 

    Maja nous intrigue, qui est-elle vraiment ? Quel est la place de Samir dans cette histoire ? Comment tout ceci va-t-il se terminer ? 

    Quelle fin possible pour ce polar psychologique angoissant  ? Existe-t-il une chance que Maja soit libérée ? Existe-t-il un doute raisonnable sur sa part de responsabilité dans les meurtres de Dennis, Sebastian, Amanda, Samir, le professeur victime collatérale de cette folie ?

    Pour cela il faut aller jusqu'au bout pour le savoir.

    La plume de l'auteure ainsi que son style narratif est plaisant, original, additif.  Malin Persson Giolito nous plonge dans les méandres du monde judiciaire et carcéral Suedois. L'argent n'offre pas à notre héroïne des conditions de vie plus souples, et l'auteure nous attache davantage à cette jeune fille touchante pour qui on éprouve beaucoup d'empathie.

     Pour moi une auteure à suivre et une interprétation ciné à voir.

     

    Rien de plus grand SP, LC  Coups de Coeur 

     

    Rien de plus grand SP, LC

     

     Avec Gaelle

     

    Extraits citations

     

    " S'il est difficile de déterminer qui ment qui dit la vérité, que fait-on ? (...) Une histoire pourrait être à la fois authentique et inventée, selon la personne que l'in interroge ? Si l'on estime que cette personne est digne de confiance, on pourrait décréter que les événements se sont déroulés comme elle le raconte ?"

     

    "vu ce que j’ai fait, elle a une excuse pour tout y compris les kilos"

     

    " Comme si mes actions n'avaient aucun rapport avec Sebastian. Comme si on pouvait les distinguer des autres, les extraire, les découper, les trancher, les laver. La procureure, appelle-moi Lena pense que tout es lié. je pense que je devrais écrire sur mon calepin qu'elle a raison."

     

    " Il est essentiel, a expliqué Sander( car il y a beaucoup de chose essentielle dans le monde de mon avocat) que le tribunal apprenne quelle personne est Maja."

      

     " Nous reconnaissons cette partie de la description des faits. Cela signifie que c'est vrai. J'ai tué Amanda. j'ai tué Sebastian. Et pas par amour. on peut appeler ça comme on veut, mais je l'ai quand même fait" 

     

    " Les gens se moquent de ce que les autres disent ou ressentent, de ce qu'ils ont traversé, appris. Les gens ne s’intéressent qu'à ce qu'ils sont déjà certains de savoir"

     

    " le bonheur est le cocktail parfait dont personne ne connait la recette"

     

    " Le seul problème c'est que je n'avais pas la moindre idée du sens  de "tout" Car il n'y a rien de plus grand que l'amour, jusqu'au moment où autre chose le surpasse."

     

    " Et pourquoi ? est infiniment vaste, requiert une sincérité absolue qui exige quant à elle plus de prudence  que jamais dans mes réponses. Car chaque mot, des que je l'aurai prononcé, deviendra vrai" 

     

    " Quelqu'un a dit que le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito"

     

    " Le hasard c'est la preuve que Dieu n'existe pas, ai-je envie de dire. L'abomination peut être avoir été voulue. Mais elle peut Etre le fruit du hasard. Etre nez d'une situation à la limite de la banalité"

     

    " la procureure dit que j'ai commis ces actes par amour pour Sebastian. Que rien ne comptait plus pour moi que cet amour. Elle se trompe. L'amour n'est rien face à la peur de mourir "

     

    © M. Persson Giolito

     

     


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  •  Derrière les portesEn apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L'amour, l'aisance financière, le charme, une superbe maison.
    Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu'ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L'inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s'avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l'un sans l'autre. Est-ce cela que l'on appelle le grand amour ? À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ?

    Editeur: Hugo Roman 

    ISBN: 9782755629118

    Sortie: janvier 2017

    Format: 132 x 206 cm

    Pages: 317 Pages  

    Prix Broché  19,95€  Numérique 12,99€ 

     

     

    Derrière les portes

    Que se passe derrière les portes de cette belle apparence d'amour fusionnel et de respectabilité qu'offre le couple Jack et Grace ?

    Esther ne s'y trompe pas. Elle doute de ce couple si parfait et elle est cependant loin d'imaginer ce que vit Grace derrière les portes, tout comme le lecteur d'ailleurs.

    J'ai penché à la lecture des première lignes pour l'histoire d'un pervers narcissique et bien ce genre là est un agneau à coté de Jack.

    L'auteure  nous plonge dans un thriller psychologique éprouvant et stressant, dans un jeu subtil et démentiel.

    Un face à face de deux personnages, quoique Millie la jeune sœur trisomique enjeu de ce jeu cruel  y tient une grande place et surprendra le lecteur. Une partie qui semble être perdue d'avance jusqu'à ce B.A Paris s'amuse à nous donner un peu d'espoir , espoir qui disparaît rapidement tant elle joue à souffler le chaud et t froids. On croit en un avenir possible pour Grace et Millie et paff l'auteure nous douche aussitôt.

    Le lecteur tremble pour notre héroïne et pour Millie, espère, s’émeut, souffre devant les comportements retors de Jack. 

    Jack le machiavélique manipulateur. IL maîtrise tout, sape, fait pression, punit, lâche du lest. Le sadique dans toute sa splendeur, violent, maltraitant avec un objectif ignoble. Un genre d'individu que l'on aimerait voir mourir. 

    Face à lui Grace, étonnante, brillante intelligente,ne désespérant jamais malgré ce que lui inflige Jack. Face à son tourmenteur elle ne faiblit pas, son talon d' Achille c'est Millie mais c'est aussi ce qui la porte.C'est par sa voix entre présent et passé que l'auteur nous livre son histoire, son combat.

    Alors que le couple se  livre  à une bataille morbide dans l'intimité de magnifique maison, il présente toujours un front uni en public, fait pâlir d'envie leurs seuls amis, tandis que chaque sortie est une épreuve, un challenge à relever pour Grace.

    Qu'en sera l'épilogue ? Grace parviendra-t-elle à trouver la faille ? Parviendra-t-elle à sortir des griffes de  son tourmenteur ?

    L'auteure brosse un portrait très juste des victimes  et des tourmenteurs que sont Grace et Jack, dissèque avec talent les ressort de ce drame qui se déroule derrière les portes fermés et les volets clos.

     Le doute est toujours présent pour le lecteur et s'interroge sur la possibilité d'un happy-end, tant tout comme Grace, il espère, a peur, chute et se relève avec elle. Il vit l'aventure comme s'il y était.

     Un thriller psychologique, intense, tiré qu cordeau, à l'intrigue machiavélique qui vous tient en haleine et vous pousse à ne refermer le livre qu'après avoir lu la dernière ligne.

    Un premier roman de  B.A Paris particulièrement réussi, un coup de maître, un coup de cœur pour moi et un auteur à suivre assurément.

    Un grand merci a mes binômes  de lecture pour cette découverte.

    J'ai une petite question quelqu'un pourrait me dire pourquoi Millie n'aime pas George Clooney ?  

     

    Derrière les portes

     

    Coups de Coeur

     

     

     

    Avec Gaëlle et Anne

     

    Extraits citations

     

    "Comment allais-je parvenir à convaincre les autres qu'il était un loup déguisé en agneau ?"

     

    "la peur est le meilleur moyen de dissuasion qui soit ? "

     

    "— Tu ne me donnerais pas plutôt un whisky ? ai-je soupiré.
    — Un whisky ?
    — Oui.
    — J’ignorais que tu aimais le whisky.
    — Comme j’ignorais que tu étais un psychopathe, ai-je murmuré en me frottant les yeux avec lassitude"

     

      "il m'avait confié un jour que, en Thaïlande, du moment qu'on avait de l'argent, tout s'achetait - y compris la peur."

     

    "- Mais Jack Jorg Koony, Jorj Koony Jack, a-t-elle chuchoté .
    - Oui, Millie, ai-je acquiescé sur le même ton. Jack est George Clooney, mais toi et moi sommes les seules à le savoir. Tu comprends? C'est un secret. Notre secret"

     

    "Lorsque je me suis souvenue que j'avais réellement cru, à cause de la jolie chambre jaune, là- haut, qu'il restait un fond d'humanité en Jack, j'ai pleuré sur ma propre bêtise ."

     

    "Lorsque je le vois, je suis atterrée de constater à quel point il a l'air normal. Il devrait forcément y avoir un signe, des oreilles pointues ou des cornes, censés avertir les autres qu'il est maléfique"

     

    © B.A Paris

     


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  • Horreur boréale

    Une ferveur religieuse sans précédent s’est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Victor Strangård, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d’entre les morts. Pourtant, un matin, il est retrouvé sauvagement 
    assassiné et mutilé dans l’église de la Force originelle où il officiait. Sanna, la fragile sœur de Victor, demande à son amie d’enfance, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, de venir la soutenir et l’aider à échapper aux soupçons de la police. Rebecka, aux prises avec son passé et menacée par les disciples de cette communauté religieuse qu’elle a fuie, doit prouver l’innocence de Sanna au nom d’une amitié depuis 
    longtemps brisée...

     

    Editeur :  Gallimard
    Genre:  Serie noire
    Date de sortie: 02/02/2011
    Prix du livre papier : Broché  21,30€  Poche : 8,20€
    ISBN: 207044113X 

     

     

     

    Horreur boréaleLe sang versé ayant rejoint ma PAL, cadeau de ma sœur adepte des polars et auteurs scandinaves, il m'a été conseillé de lire les romans d' Åsa Larsson dans l'ordre chronologique.

    Donc en avant pour Horreur Boréale, avant de rejoindre Anne ma binôme pour la LC du tome suivant

    Découverte totale de cette auteure dont je n'avais jusqu'à ce jour, jamais entendu parler. 

    Pour beaucoup les auteures nordiques sont connues pour des styles bien à elles, loin des genre des séries américaines, à l'opposé de la facture d'un Harlan Coben, auteur de référence.

    J'avoue avoir adhéré totalement au monde construction littéraire d' Asa Larsson avec l'entrée en matière avec  l'avocate Rebecka Martinsson, personnage récurrent comme on pourra le voir dans le tome suivant. Donc bien en a pris, puisque ce tome met en avant ce personnage.

    Nous plongeons donc dans un univers bien peu familier, enfin surtout pour moi, dans une région reculée de Laponie  Suédoise et sa petite ville de Kiruna.  Petit voyage touristique s'impose pour la curieuse que je suis qui aime planter les décors. 

    Une petite ville tranquille en apparence avec son ambiance hivernale et ses paysages  teintés d'aurore boréale, et que nenni, un crime atroce vient d'y être perpétré à l'encontre d'un éminent pasteur.

    D'emblée l'auteur nous intrigue avec ses personnages et les liens entre une avocate et la victime, sa sœur et d'autres imminents protagonistes.

    C'est entre passé et présent que Rebecka nous entraînera jusqu'au dénouement, et nous dévoilera tout un pan de sa vie passé dans la ville de son enfance.

    Tandis que les inspecteurs enquêtent, Rebecka va de son coté mettre à mal la communauté religieuse avec son retour inattendue. De fil en aiguille elle va faire tomber quelques voiles et révéler la vraie nature de quelques personnalités  aux âmes plus  noires que celles que l'on attend de pasteurs agissants au nom de Dieu. Et le lecteur de s’interroger: quels sombres secrets cache la communauté pour refuser de collaborer avec la police ?

    Quel est le but de notre avocate ? Quels liens l'unissent à Sanna pour qu'elle accepte de protéger sa progéniture et mettre tout en oeuvre pour l'innocenter alors que les membres de son groupe n'en ont semble-t-il  rien à faire ?

    Cette communauté religieuse qui ressemble plutôt à une secte, avec des hommes de pouvoir qui prônent des règles qu'ils ne semblent pas vraiment suivre eux-même. 

    Jusqu'au sont capables d'aller certains individus pour le bien de tous ? Ses actions sont-elles justifiables  au nom de Dieu ?

    Asa Larsson  tient le lecteur en haleine, avec ce polar psychologique, le surprenant en le maintenant jusqu'au dernières pages malgré les doutes qui se confirment  au fil des pages.

    Sa profession d'avocate lui permet d'être crédible, quand elle développe certains thèmes sur la fiscalité. Sa plume est fluide et addictive et transporte tranquillement le lecteur vers une conclusion dans laquelle il manque encore quelques réponses.  Réponses que je présume trouver dans le tome suivant Le sang versé.

    Une belle découverte.

    Horreur boréale

     

    Extraits citations

     

    " Tel l'amour de Dieu. Le même pour tous. distribué sous emballage conditionné. à ceux venant faire la queue"

     

    "Incroyable ce qu'on vous aime, médita Rebecka. ils mentent, ils vous trompent et ils vous dévorent au petit déjeuner. Et tout cela au nom d'un pur amour." 

     

    " Une fois brisées, certaines fêlures ne peuvent être recollées."

     

    © A. Larsson

     

     


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