• L'amant de Lady Chatterley LC

    L'amant de Lady Chatterley LC"Ce n'était pas très gai, mais c'était le destin.(...) C'était la vie." Tel est l'amer constat que Constance Reid, alors âgée de 23 ans, porte sur son mariage avec Clifford Chatterley.
    Ils se sont mariés en 1917 lors d'une permission de Clifford. Il est revenu du front en 1918, gravement estropié et condamné à la chaise roulante.
    Si leur entente a toujours été plus intellectuelle que physique, l'incapacité de Clifford à satisfaire sa femme et à lui donner un enfant met rapidement un point final à leur mariage. Amant après amant, Constance trouve son plaisir, jusqu'au jour où elle ouvre enfin les yeux sur Mellors, le garde-chasse de son mari. La soudaine "avide adoration" que Constance éprouve pour lui naît principalement de l'intense intimité sexuelle qu'ils partagent alors que tout les sépare dans l'Angleterre puritaine du début du XXe siècle.
    L'explosion sensuelle et amoureuse de leur liaison ira jusqu'à infléchir la ligne de leur destin respectif. Roman puissamment érotique et sensuel, L'Amant de Lady Chatterley a profondément bouleversé et continue d'ébranler les idées reçues sur le plaisir féminin et la virilité. 

    Editeur : Gallimard
    Genre: Classique
    Date de sortie: 24/6/1993
    Prix du livre papier :  Broché 8,00 € Poche :  5,60 €
    Version numérique: 5,49 €

     

     L'amant de Lady Chatterley LCAppréhender l'Amant de Lady Chatterley de la même manière qu'n roman contemporain est une erreur. Oeuvre fortement décriée de son temps, ce que l'on peu concevoir car ciel on y parle de sexe ! n'est pourtant pas une romance érotique. Ou tout au moins ce n'est pas le sujet essentiel de ce roman.

    L'auteur brosse plutôt le tableau d'une société  déclinante, c'est son point de vue, décrit un art de vie aristocratique qui part à vau l'eau. Toute l'oeuvre est empreinte de pensées philosophiques, de discours sociaux,  de prises de position politique, de conventions sociales  déclinantes sous le fléau de l’industrialisation. Remettons donc tout dans le contexte pour tenter de découvrir les messages de  D.H  Laurence.

    Pour autant malgré les éloges d'une élite bien pensante, que ce soit lecteurs contemporains ou  passés, auteurs, ou critiques, eh bien je me suis plutôt ennuyée. Il faut un peu trop se triturer la cervelle pour décoder les messages,  comprendre les pensées profondes de cette société anglaise débattant sur les relations Homme/ femme, à travers les discussions de Clifford et de ses amis  et des échanges de Mellors avec Connie, bien qu'ils soient un peu différents. 

    Quant au style,  je le trouve plutôt irrégulier, l'on bute un peu sur des passages au vocabulaire d'une simplicité affligeante pour être transporté un peu  plus loin dans des strophes d'une poésie incroyable, vous transportant dans des paysages particulièrement bien décrits.

     Que dire des personnages ? De cette étrange relation entre Constance et cet amant, qui finira par en tomber amoureuse. Bien que l'on doute parfois qu'elle connaisse ce sentiment. Elle se croit amoureuse de son mari l'handicapé. Et lui l'aime-t-il ? Rien n'est moins sur. Tout ne semble que convenances.  

     Connie est dépressive. Elle s'ennuie. Bat la campagne pour se changer les idées. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Mellors dans ses promenade et en recherche la compagnie. L'explication serait-elle dans cette dépression dans laquelle elle glisse ? À quoi s'accrocher pour ne pas tomber ?   Se serait-elle laisser aller dans un autre contexte ?

    Le volet romance est assez en deuxième plan.  Une romance qui ne convainc pas.  Et je peine à éprouver quoi que se soit pour n'importe quel personnage. Et encore moins pour Clifford qui consent à ce que sa femme,  suite à son handicap puisse aller coucher ailleurs. C'est froid et sans émotions.

    " -  Si la sexualité te manque au point de désintégrer, va te procurer une aventure"

    À travers les pensées de Connie et  même de Mellors, l'auteur semble être nostalgique d'un  temps passé assujetti aux conséquences de l’industrialisation massive se répercutant sur les paysages et sur les comportements sociaux. L'auteur laisse entrevoir une vision pessimiste du monde , des relations hommes femmes.

    D.H Laurence semble très désabusé, son  analyse est sombre et de ce fait l’histoire est triste et tragique et plutôt démoralisante. C'est peu captivant et guère passionnant.  Le titre prévu par le départ Tenderness  aurait à mon sens mieux adapté au contenu du roman qui laisse entendre au lecteur quelque chose de plus sulfureux avec son Amant de Lady Chatterley ! J'ai le sentiment d'avoir été dupée !

    Que dire de cette fin qui m'a déroutée et laissée abasourdie ?

    Bref un roman dans lequel il faut lire entre les lignes, apprécier la symbolique, les métaphores sans quoi on passe à coté des messages de l'auteur. Et encore je ne suis pas sure de les avoir tous appréhendés ! la preuve je me demande comment ce roman peut ébranler les idées reçues sur le plaisir féminin et la virilité ?

    Une lecture fatigante que j'ai moyennement appréciée, trop centrée sur des questions existentielles, aussi intéressantes   soient-elles ! Pour moi un roman qui a bien mal vieillit avec une intrigue plutôt mince, beaucoup de digressions et plutôt mal écrit, un peu trop intellectuel mais qui reste pour beaucoup les intellectuels en l’occurrence, un chef d'oeuvre de la littérature classique.

    Alors si vous cherchez un roman sulfureux (pauvres censeurs s'ils devaient lire tous les mum porn contemporains)  plutôt qu'une analyse sur la dimension physique et affective, sur l'exaltation de la beauté, passez votre chemin. Pour les autres courrez vite en faire l'acquisition.

     

    L'amant de Lady Chatterley LC

    L'amant de Lady Chatterley LC

     

     Avec Anne

     

    Extraits citations

     

     " par un effort de volonté nous forçons a nier ce que nous savons par intuition"

     

    " _Un homme doit proposer à une femme un but quelconque s'ils doivent vivre l'un pour l'autre et si c'est une vraie femme"

     

    " Après tout, c'était son mari, Wragby était sa maison, les circonstances l'avaient voulu ainsi"

    " À votre avis, on ne peut aimer qu'une fois ?

    - Ou jamais. La plupart des femmes n'on jamais aimé, ne se sont jamais mises à aimer. Elles ignorent ce que cela veut dire c'est pareil pour les hommes. Mais quand je vois une femme vraiment amoureuse mon coeur se serre"

     

    " -l'aristocratie est une fonction, un élément du destin. Et les masses en sont une autre, un autre élément." 

    - ce n'est pas d'engendrer qui compte, c'est la place où le destin nous a mis. Place n'importe quel enfant"

     

    " la vie intellectuelle de Clifford et la sienne s' étaient réduites à rien"

     

    "- peut-être l’âme humaine a-t-elle besoin d’excursions, et l'on ne doit pas les lui refuser"

     

    " Mais quelle importance ont les relations  occasionnelles, surtout les relations sexuelles ? (...)  ce qui compte c'est l'union de toute une vie, c'est vivre ensemble jour après jour"

     

    " rêve ou folie, la vie était toujours clôturée"

     

    "-pour Charlie et moi, la sexualité est un mode de communication au même titre que le langage" 

     

    " - le sexe serait peut-être une sorte de communication physique naturelle entre un homme et une femme"

     

    - dans sa beauté, sa pureté la liberté d'une femme était infiniment plus merveilleuse qu'aucun amour sexuel"

     

    © D.H Laurence

     


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  • Commentaires

    1
    Lundi 20 Août à 14:12
    Je préfère les livres que je lis grâce à toi et Gaëlle
    2
    Gaelle GUITTON
    Mercredi 22 Août à 19:05
    Oh ça envie ou pas. Un roman philosophique sur le sexe intéressant....
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