• La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

    La meilleure façon de marcher est celle du flamant roseLa loi de Murphy n'est rien comparée à la loi d'Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu'on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l'évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s'emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu'elle a depuis l'enfance qu'il lui a toujours manqué quelqu'un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l'ETA servent d'école buissonnière. Et que l'accident d'un instant devient la fracture de toute une vie? On peut se laisser choir ou faire le saut de l'ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par  pouvoir de l'esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.

     

    Editeur :  Flammarion
    Genre: Romance contemporaine
    Date de sortie: 28/03/2018
    Prix du livre papier : Broché 19,90€
    Version numérique: 13,99 €
    ISBN: 2081421690 

     

    La meilleure façon de marcher est celle du flamant roseCe qui semble une banale chick-lit avec son héroïne qui vient une fois de plus de se faire larguer n'en est pas une, contrairement à ce   le titre pouvait me le donner à penser

    L'histoire commence quand son énième compagnon la quitte avec un message sur son répondeur. On pourrait en rire si aujourd’hui ce n'était pas le mode le plus répandu de rompre. Et moi de m'imaginer que tout le roman va tourner autour de cette rupture avec une Enaid semblable  à  d'autres personnages féminins en quête de l'amour d'un homme que l'on croise dans de nombreux romans contemporains.

    On en est loin, très loin même, malgré le premier chapitre d'apitoiement. C'est dans le passé de la jeune femme que nous allons plonger.

     C'est avec beaucoup d'humour et de poésie que l'auteure nous dévoile à travers le récit de l’héroïne  l'enfance difficile et solitaire  de cette dernière. Voyage dans les années 90, la jeune fille se cherche dans un quête identitaire, accumulant les bêtises, entre fréquentations douteuses et absence de règles ayant en guise de repère des grands parents qui font de leur mieux pétris de règles et de croyances. Les parents sont inexistants, le père jamais là, trempant dans des contrats douteux, changeant de femme et de religion comme de chemise et la mère, éjectée du décor comme nous le découvrirons plus tard, jugée indigne d'élever sa fille avec son train de vie de "trainée".

    Malgré le sérieux du sujet, c'est drôle pétillant et triste à la fois, traité avec légèreté alors qu' Enaid  s'en prend plein la figure. Le lecteur ressent fortement le besoin de notre héroïne d'être aimée et chacune d'entre nous pourra s'identifier à ce personnage même si la malchance est plus présente dans la vie d' Enaid qu'elle ne l'est chez les autres, C'est sûr, les bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau n'ont pas été très efficaces, et les coups du sort s’enchaînent jusqu'à une descente en enfer quand son chemin croise celui d'un pervers narcissique.

    Mais la jeune fille telle un roseau plie mais ne rompt pas, après avoir été mise à terre elle trouve moyen de se relever, même sur une seule jambe telle un flamand rose. Elle se construira au fil des épreuves et fera de son passé douloureux une force.

    Le roman se termine sur une note d'espoir, il n'est jamais trop tard, Diane Ducret le prouve avec ce  passage quand l’héroïne rencontre sa mère après trente ans  d'absence de relations. C'est terriblement émouvant et l'on se désole de tout ce temps perdu dont malheureusement ni l'une ni l'autre n'est responsable.

    Yvette, la grand mère, nous fait rire avec ses idées bien arrêtées, ses a priori et ses bondieuseries. André est plus terre à terre et distant, cependant ce couple insolite qui joue les parents adoptifs (Enaid ne comprendra pas tout de suite les liens de parenté qui les unit  tous les 3) est très attaché et attentif à l'éducation de la gamine qui n'en prendra conscience que bien plus tard. Eh oui c'est ainsi, c'est quand on grandit que nos yeux se dessillent et que l'on touche du doigt la valeur des sentiments. Enaid va le réaliser quand un drame va les frapper avec cette "maladie " qui touche le grand père.

    Au fil du récit l'auteure nous fait rire et nous émeut. Elle nous laisse en fin de lecture tout retourné en proie à nos propres questions existentielles, à ce manque enfoui pour certains au fond de lui et qui l’empêche d'avancer , de ce besoin de relation unique avec sa mère quelque soit l'amour quelle nous porte. Est-ce que la vie d' Enaid aurait été différente ? Si tout au moins elle avait su la vérité ?

    Je ne connaissais pas l'auteure, et je suis sous le charme de la plume magique de cette dernière. Merci à Babelio aux Masse critiques privilège et aux éditions Flamarion pour cette découverte et de m'avoir permis de lire ce roman en grande part autobiographique écrit avec beaucoup d'humour et de pudeur.

    Je n'aime habituellement les titres à allonge prend en fin de lecture il prend tout son sens  

    Une auteure à suivre

    La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

     

    Bibliotheque

     

    Extraits citations

     

    "il m'a toujours manqué quelqu'un, au plus profond de moi jusqu'au jour où j'ai décidé de plus attendre personne"

     

    "A ce stade, me concernant , une tong estivale m'ira très bien. Niveau attentes je suis passée de l'escarpin de luxe à la sandale, voire à la tatane"

     

    "- (...)  si on te traite comme un âne, au lieu de te plaindre, mets toi une selle sur le dos"

     

    "Lui suit les préceptes du tao, il donne  vie à la philosophie. Dans le taoïsme, le bonheur est un bateau dont le navigateur  sait profiter des courants pour le conduire là ou il veut Mais celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage."

     

    "Aimer c'est nourrir l'autre corps et âme, l'aider à s’élever, quitte a être dur parfois"

     

    " ce que je m'inflige chaque jour est encore plus difficile a supporter ce que lui m'a fait J'ai refusé d'être une victime, pourquoi à présent être mon propre bourreau ?" 

     

    " Soudain je n'ai plus eu peur de gâcher mes jeunes années. Pour la première fois, j'ai décidé de ne plus attendre personne pour être moi"

     

    "moi la fille de personne, je n'arrive pas à m'imaginer devenir un jour la mère de quelqu'un"

     

    "il a fait de moi son élève, ce n'est pas un père, certes, mais c'est plus  que tout ce que l'on m'a donné jusqu'alors"

     

    " (...) la loi d' Enaid : tout ce qui est susceptible de tourner mal tournera encore plus mal qu'on aurait humainement pu le prévoir"

     

    "je ne cherche plus à comprendre pourquoi ma vie  ressemble à une punition, il y a la vie des autres, puis il y a moi"

     

    "Pourtant ils sont bien là entre mes doigts, les mots que j'attendais, ceux qui me disent que j'ai été aimée;Peut etre pas d'un amour qui sourit ou fait des goûters, mais de l'amour d'un oiseau de nuit battant des ailes prés de moi"

     

    © Diane Ducret

     

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 31 Mai à 15:00
    LADY MARIANNE

    un avis positif-
    parfois le titre attire , là ce n'était pas le cas-
    pourtant un bon roman-  comme quoi--
    bonne continuation- bisous-

    2
    Gaelle GUITTON
    Jeudi 31 Mai à 15:39
    Je trouvais la couverture sympa et c’est vrai que je m’attendais à du Chick lit. Tu me donnes envie de le lire du coup.
    3
    Vendredi 1er Juin à 06:31

    merci pour ton ressenti

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