• Toute une vie et un soir SP

    Toute une vie et un soir SPDans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l’innocente Noreen, sa belle-soeur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante…
    Un roman plein de pudeur et de grâce qui contient toute l’âme de l’Irlande.

     Editeur : Delcourt
    Genre: Littérature
    Date de sortie: 3/4/2019
    Prix du livre papier : 20,50€
    Version numérique: 14,99 € 
    Nombre de pages :  267

     

     

    Toute une vie et un soir SPUn huit-clos époustouflant avec son personnage principal, ce taiseux,  bougon, ronchon et si peu démonstratif de ses sentiments pour ses êtres chers qu'est Maurice Hannagan 84 ans. Toute une vie de silence et de retenue et en un soir il va nous faire partager tout ces non-dits, ses gestes contenus, et surtout cet amour immense qu'il a gardé si longtemps au fond de lui et quelques secrets aussi. 

    L'auteure  ne manque pas d’originalité dans sa manière de nous conter cette histoire. C'est à Kevin, son fils, que Maurice narre le feuilleton de sa vie, à travers 6 chapitres, chacun mettant en avant les proches qui ont marqué son existence. La construction est  parfaite avec des enchaînements d'une fluidité absolue entre présent et passé. La plume est à la fois poétique et le style peu alambiqué, les mots sonnent justes et les thèmes traités intemporels.

    Maurice déroule sa vie à travers des temps forts de son passé dans une ambiance purement irlandaise. Il se dévoile à son fils et à nous lecteurs, tel qu'il est avec sa force et ses faiblesses, reconnait ses erreurs, parfois ses regrets. Sa vulnérabilité nous touche tant son histoire est poignante. L'émotion est très présente, mais l'humour aussi. 

    Nous plongeons dans un passé pas si lointain, cependant marqué par un mode de vie dépassé, découvrons les liens entre les Hannigan et les Dollard, entre Maurice et Emily la propriétaire de cet hôtel dans lequel notre protagoniste vient, semble-t-il s’enivrer au comptoir.

    Anne Griffin nous entraîne dans son Irlande natale, celle des années 40, jusqu'à l'époque contemporaine. Nous y suivons le Maurice de 10 ans, alors employé chez la famille Dollard, fils de fermier, peu destiné à l'avenir qui l'attend. Cependant comme  pour tout un chacun, bonheurs et drames sont étroitement liés. Des anecdotes, de celles qui ressemblent aux nôtres,que l'on partagerait autour d'une table lors d'un repas en famille,  y sont  parfaitement narrés, crédibles. Ces tranches de vies sont si intenses que l'on s'émeut pour cet octogénaire que l'on aimerait avoir pour père, grand-père, oncle, ami, malgré ses airs bourrus et sa rudesse. 

    Toute une vie et un soir de Maurice Hannigan est palpitante à vivre. Tant et si bien qu'une fois plongée dans le roman, je n'ai pas pu en sortir jusqu'au dénouement. Tout d'abord parce que l'on s'en vient à aimer la famille Hannigan, et parce que l'auteure nous tient en haleine avec son fil conducteur, cette fameuse pièce d'or qui jouera sur la destinée des 2 familles.

    Les thèmes  de son roman, deuil, solitude, choix de vie, pudeur des sentiments, ne laissent pas indifférents. Ils sont fortement développés. Les comportements des protagonistes mesurés et en adéquation avec les sujets abordés, comme la dyslexie non détectable à l'époque, certains troubles mentaux, la perte d'un enfant, et d'autres encore, que l'auteure maîtrise pour nous offrir un roman vibrant de sentiments.

    C'est loin d'être un roman triste, bien qu'il soit bouleversant, parfois, tant d'épreuves émaillant la vie de Maurice. Le dernier chapitre, est lui, une ode au bonheur, tant il prend le pas sur les drames vécus par notre protagoniste qui au crépuscule de sa vie va jusqu'au bout de ses décisions, de ses choix, fidèle à lui même, à ses sentiments, ses valeurs. Une histoire qui sonne vraie, des personnages vivants tant ils sont réalistes auquel l'on s'attache au fil des pages. C'est pourquoi on a du mal à quitter Maurice, Kevin, Sadie, Emily et tous les autres qui ont marqué la vie de notre personnage principal.

    Je remercie Masse Critique privilège et les Editions Delcourt pour m'avoir permis de faire cette magnifique découverte.

     

     

     

    L'auteur :

    Nationalité : Irlande 
    Né(e) à : Dublin , 1969
    Biographie : 

    Anne Griffin est une écrivaine irlandaise, nouvelliste et romancière.
    Titulaire d'un BA d'histoire de l'University College Dublin (USD), elle a été libraire pendant huit ans, à Dublin et à Londres. Après de nouvelles études à l'Université nationale d'Irlande à Maynooth, elle a travaillé ces vingt dernières années avec diverses organisations caritatives, dont Women's Aid, Youth Work Ireland et la Dyslexia Association of Ireland.

    Anne Griffin a commencé à écrire en 2013. En 2015, elle entreprend une maîtrise en création littéraire à l'UCD avec James Ryan, Éilis Ní Dhuibhne, Frank McGuinness, Lia Mills, Paul Perry et Anne Enright.
    Récompensée par le John McGahern Award, Anne Griffin a publié des nouvelles dans The Irish Times et The Stinging Fly, entre autres."Toute une vie et un soir" ("When All Is Said", 2019), son premier roman, a été traduit dans de nombreux pays.

    son site : http://annegriffinwriter.com/
    Twitter : https://twitter.com/AnneGriffin_ 

     

    Extraits citations 

     

    "dans mon cerveau tout est clair. Mais le clamer devant tout le monde, à quelqu'un d'autre ? On a pas été élevés comme ça. On nous l'a pas appris à l'école. Ni prêché depuis la chaire. Apres on s’étonne qu'à 30,40 ou 80 ans, on soit pas capable de s'y mettre ?

     

    "je possède 49% de cet établissement.49% de ce tabouret et 100% du postérieur posé dessus.49 % pour une cicatrice sur ma joue, une enfance volée et un ennemi juré."

     

    " Où qu'on soit dans le monde ce sont les même choses qui comptent  : l'argent et sauver la face."

     

    "au bout d'un moment  je n'ai plus ouvert ma porte. Plus le courage. Je savais qu'il faisait tout pour que je reste en contacte avec le monde et moi, je voulais plus rien y faire."

     

    © A. Griffin

     

     


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  • Commentaires

    1
    Lundi 17 Juin à 09:24
    LADY MARIANNE

    j'aime bien les extraits ---
    bonne nouvelle semaine en lecture et autres activités-
    bisous-

    2
    Lundi 17 Juin à 09:54

    Je le note car tu me tentes..
    Bonne journée

    3
    Mardi 25 Juin à 09:47

    il a l'air chouette ce livre ! bisous

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