• Bakhita: LC, challenge janvier et Défi lecture 2018

     

    Bakhita

     

    Née dans un village du Darfour vers 1868, Bakhita est enlevé à 7 ans par des négriers qui vont la revendre sur le marché aux esclaves d'El Odeïd, en plein coeur du Soudan. Passant de maître en maître, tous aussi cruels et impitoyables, elle est rachetée à Khartoum par le cousul d'Italie et atterrie à Gênes avant d'être donnée à un couple habitant près de Venise. Placée chez les sœurs de la charité canossienne en attendant de repartir avec eux au Soudan, elle demande à y être baptisée puis à être religieuse au grand effroi de ses maîtres qui lui font un procès. 

    Dans les années 30, sa biographie est publiée avec succès, elle incarne pour tous l'histoire édifiante de l'esclave devenue fille de Dieu et devient objet de propagande sous Mussolini. 

    Telle est l’authentique histoire de Bakhita, morte en 1947 et canonisée en 2000 dont l'auteur s'empare avec une rare empathie et un incomparable talent d'écriture pour en restituer au-delà des images pieuses et de l'hagiographie les drames et l'incompréhension.

     

    Editeur :  Albin Michel
    Genre:  Biographie
    Date de sortie: 23/08/2017
    Prix du livre papier : Broché  22,90€ 
    Version numérique: 15,99€ 
    ISBN: 2226393226 

     

     Bakhita LC et challenge janvier 

     

     J'étais très impatiente de découvrir cette histoire vraie dont les avis sont très positifs, mais au risque de passer pour  une extraterrestre, je dois dire que je sors de cette lecture avec un avis mitigé.  

    D'abord de Josephine Bakhita cette sainte canonisée par Jean-Paul II en 2000, donc assez récemment, je ne connaissait rien.  Donc la curieuse que je suis me suis intéressée au personnage en dehors de cette histoire romancée de Veronique Olmi. J'étais donc surprise qu'un événement pareil soit passé inaperçu, des saintes célèbres et bien on les connait pour leurs actions dans le genre de celles de Mère Theresa.

    C'est donc ce volet là dans cette aventure qui m'a frustrée. Bien que l'auteure déroule de parcours de Bakhita jusqu'à sa mort, le volet religieux, à mon sens important est peu développé. L'auteure s'attache bien davantage à sa place au sein de la communauté, à  sa négritude qui effrayait les autres, y compris les religieuses ce qui lui valut d'être exposée comme une bête de foire, dans le but de les rassurer et pour qu'ils "s'habituent". J'avoue en avoir été choquée peut être même davantage que par les exactions de ces vautours d'esclavagistes.Tout comme par le fait que la communauté religieuse utilise l'Histoire merveilleuse ( c'est le titre des premiers écrits sur notre héroïne par Ida Zanolini), celle de cette enfant esclave, prédestinée à vivre dans l'amour de Dieu. Et ainsi utiliser son aventure douloureuse pour obtenir, il faut le dire pour de l'argent. Tout ceci est bien terre à terre. Petite digression pour expliquer que j'aurais aimé connaitre quelles furent les actions de Madre Moretta pour être une jour béatifiée et canonisée.

    Véronique Olmi nous offre cependant une oeuvre remarquable, en traduisant les pensées supposées d' une gamine de 9 ans, en butte aux mauvais traitements d'hommes, de femmes et d'enfants,  choquant le lecteur avec cette aventure incroyable.

    Incroyable car on se demande comment une gosse aussi jeune ait pu parvenir à survivre dans des conditions si cruelles, subissant maltraitance sur maltraitance. 

    D’où l'histoire merveilleuse et le rapport à la religion. Dieu nous envoie des épreuves et bla bla bla. Bref même les non croyants connaissent les préceptes. Du genre il faut souffrir pour obtenir son entrée au royaume de Dieu. Donc le destin de Bakhita était écrit, elle servirait Dieu un jour, et sans le savoir encore c'est cette force invisible dont l'auteur parle parfois qui la porte. Est-ce ce qui lui a permis de survivre dans des conditions inhumaines, que l'auteur nous décrit avec force, nous perturbant émotionnellement.

    Comment autant de cruauté, est-elle possible ? Comment l' Homme peut-il être aussi sadique. Comment peut-on asservir et avilir un être humain, le maintenir sous sa coupe, asseoir son pouvoir de vie ou de mort maintenant un individu au rang d'animal, voire d'objet que l'on jette quand il est cassé ?

    Veronique Olmi maîtrise son sujet sur l'esclavage  et la vie religieuse dans un couvent au XIXe. Son style est particulier, elle ne se contente pas de re-raconter les aventures de Bakhita, elle les vit, et le lecteur les vis avec elle. Tout tourne autours des émotions, des pensées  de notre héroïne, cette gamine violentée au point d'en oublier, son nom, son village d'origine.

    Elle développe certains sujets perturbants. Devenir un esclave libre dans le contexte du XIXe n'est pas forcement une bonne chose. Ces hommes et femmes asservis n'ont plus de repères pour reprendre une vie normale. Et de ce fait ceci m'a fait m'interroger sur les choix de Bakhita. On nous vend une histoire de foi,je ne récuse pas cette affirmation, mais  et si tout simplement dans les premiers cette enfant perdue n'avait pas trouvé dans ce couvent Vénitien, un lieu sécurisant hors le mode extérieur brutal et dangereux ?

    La plume de l'auteure est fluide, poétique et très descriptive sans pour autant être ennuyeuse. Véronique Olmi nous transporte  dans une Afrique de tous les dangers, mais aussi traite d'une période sombre de l'Histoire Italienne avec Mussolini au pouvoir. 

    Elle nous offre sa vision personnelle de la vie de notre héroïne. Cependant, j'aurais aimé savoir pourquoi et comment l'auteur s'est imprégnée du personnage, à part les remerciements en fin de livre, on ne trouve pas hélas de petite note supplémentaire expliquant les raisons de ce choix de rendre hommage  à Bakhita.

    Donc je reste un peu frustrée tout en reconnaissant que l'auteur manie la plume avec brio pour faire connaitre le parcours atypique de cette religieuse peu connue du public.

    Aucun lecteur ne peut rester insensible à une telle histoire de vie racontée avec talent.

     

     

     

    Avec Gaëlle

     

    Challenge 

     

    Bakhita:  LC,  challenge janvier et Défi lecture 2018

    et 

    Bakhita:  LC,  challenge janvier et Défi lecture 2018

     

     

    Extraits citations

     

    "Il y a un souvenir et une trace dans l'univers, qui ne s'efface pas. Rien ne s'invente. Et rien ne s'efface."

     

    "On leur avait tout arraché. Elles avaient tout vu. Et  leur coeur, étrangement, continuait à battre."

     

    "Elle porte en elle  cette malédiction et la fascination pour ce qu'on imagine d'elle et qu'elle n'est pas. Elle fait peur aux enfants, elle dégoûte les vieillards, attire les hommes comme une bête qu'on aimerait dompter pour tester sa propre puissance et révéler sa suprématie."  

     

    "elle veut être baptisée et devenir la fille d'un père qui ne l'abandonnera jamais"

     

    "Ce  sera un homme avec les souvenirs d'une enfance qui ne se raconte pas. Un être sans descendance"

     

    "Toutes les marques d'infamie étaient cachées, la tunique était comme un voile de pudeur depuis son enlèvement, elle a ressenti qu'il y avait quelque chose d'elle qui n’appartenait qu'à elle. Son  corps objet de profit et de tant de violences, lui était rendu, dissimulé aux autres il devenait un secret." 

     

    "On croit toujours quand on est malheureux qu'on le sera toujours"

     

    "Toute nouveauté est une menace"

     

    "Quand on a mal. Quand on faim. On aime plus. On n'en a plus la force, elle le sait. Alors elle nourrit les blessés pour qu'ils retrouvent en même temps que le gout du pain celui de la vie."  

     

    " a Vimercate elle n'est plus cet objet de peur et de curiosité qu'elle a pu être."

     

    " L'amour des maîtresses pour elle était un caprice"

     

    "Elles le savent, elles vont trouver un moyen, l’évasion commence par l'esprit."

     

    "c'est la musique tranquille d'un village paisible qui cultive ses champs, une image de paradis perdu qu'elle gardera pour se persuader que ça a existé."

     

    © V. OLmi


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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Janvier à 13:14
    LADY MARIANNE
    <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="6" width="100%" bgcolor="#FFFFFF"> <tbody> <tr> <td bgcolor="#333399">

    Née au Soudan en 1869, enlevée à l'âge de sept ans, vendue plusieurs fois, elle connaît des souffrances physiques et morales qui la laissent sans identité. Ce sont ses ravisseurs qui lui donnent le nom de Bakhita ("chanceux"). En 1882, il a été acheté à Kartum par le consul italien Calisto Legnani. En 1885, il suivit ce dernier en Italie où, à Gênes, il fut confié à la famille d'Augusto Michieli et devint la fille de sa fille. Lorsque la famille Michieli s'installe dans la mer Rouge, Bakhita reste avec sa fille aux Canossian Sisters of Venice. Ici, il a l'occasion d'apprendre sur la foi chrétienne et, le 9 janvier 1890, demande le baptême en prenant le nom de Giuseppina. En 1893, après un voyage intense, il décida de devenir une religieuse canossienne pour servir Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour. Devenu religieuse, elle s'installe en 1896 à Schio (Vicence) où elle meurt le 8 février 1947. Pendant cinquante ans, elle a tenu des tâches simples et humbles offertes avec générosité et simplicité. (Avocat).

    Martyrologe romain: Sainte Joséphine Bakhita, une vierge née dans la région du Darfour au Soudan, a été kidnappée et, vendue plusieurs fois sur les marchés d'esclaves africains, a subi un esclavage cruel; finalement rendue libre, à Venise elle est devenue une soeur chrétienne et religieuse des Filles de la Charité et a passé le reste de sa vie dans le Christ dans la ville de Schio dans le territoire de Vicence, travaillant pour tout le monde.

    </td> </tr> <tr> <td>

     

     

    tu tapes son nom et traduction---- tu trouveras  bisous

    </td> </tr> </tbody> </table>
    2
    Mardi 9 Janvier à 13:14
    LADY MARIANNE
    <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="6" width="100%" bgcolor="#FFFFFF"> <tbody> <tr> <td bgcolor="#333399">

    Née au Soudan en 1869, enlevée à l'âge de sept ans, vendue plusieurs fois, elle connaît des souffrances physiques et morales qui la laissent sans identité. Ce sont ses ravisseurs qui lui donnent le nom de Bakhita ("chanceux"). En 1882, il a été acheté à Kartum par le consul italien Calisto Legnani. En 1885, il suivit ce dernier en Italie où, à Gênes, il fut confié à la famille d'Augusto Michieli et devint la fille de sa fille. Lorsque la famille Michieli s'installe dans la mer Rouge, Bakhita reste avec sa fille aux Canossian Sisters of Venice. Ici, il a l'occasion d'apprendre sur la foi chrétienne et, le 9 janvier 1890, demande le baptême en prenant le nom de Giuseppina. En 1893, après un voyage intense, il décida de devenir une religieuse canossienne pour servir Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour. Devenu religieuse, elle s'installe en 1896 à Schio (Vicence) où elle meurt le 8 février 1947. Pendant cinquante ans, elle a tenu des tâches simples et humbles offertes avec générosité et simplicité. (Avocat).

    Martyrologe romain: Sainte Joséphine Bakhita, une vierge née dans la région du Darfour au Soudan, a été kidnappée et, vendue plusieurs fois sur les marchés d'esclaves africains, a subi un esclavage cruel; finalement rendue libre, à Venise elle est devenue une soeur chrétienne et religieuse des Filles de la Charité et a passé le reste de sa vie dans le Christ dans la ville de Schio dans le territoire de Vicence, travaillant pour tout le monde.

    </td> </tr> <tr> <td> </td> </tr> </tbody> </table>
      • Mardi 9 Janvier à 14:05

        ben oui Lady j'ai bien lu tout ça mais ca ne répond pas à mes questions

    3
    Gaoulette
    Mardi 9 Janvier à 15:07
    J’aime beaucoup ta manière de remonter ton ressenti. Surtout sur la religion. Je suis croyante mais j’ai plus vu la femme forte et incroyable
    4
    Mercredi 10 Janvier à 06:42

    un sujet très intéressant ! bonne journée

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