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    Ce soir on regardera les étoilesLa guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
    Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.

    Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d'un poids lourd en partance pour l'Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
    Car Mohammed, son grand frère, son héros, s'est égaré en chemin… Qu'est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d'être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

     

    Editeur :  Belfond
    Genre: Roman étranger
    Date de sortie: 1/02/2018
    Prix du livre papier : Broché  21,00€  
    Version numérique: 14,99€ 
    ISBN: 2714475787  

     

     

    Ce soir on regardera les étoilesComment résister à une invitation au bookclub du Cercle Belfond ? A ce jour les lectures proposées par  Carine Verschaeve m'ont toujours enchantée et grâce  à elle j'ai découvert des auteurs qui m'étaient jusqu’alors inconnus. Et un bookclub est une expérience à ne pas rater.  

    Nous voilà donc, avec ma binôme Gaelle, en route pour cette aventure sur les pas d' Alì Ehsani et son frère Mohamed des terres désolées d'Afganistan aux mirages des côtes Italiennes. Un long chemin semé d’embûches, de rêves,  de doutes et d'espoir.

    Comment suivre ce témoignage émouvant écho réel d'une tragédie sans en être bouleversée au point de devoir refermer ce livre par moments tellement certains passages vous retournent le coeur et l'âme.

    Comment ne pas s'insurger contre la cruauté humaine et même contre l’indifférence des uns et des autres  ?

     L'histoire d'Alì Ehsani vous remet à votre juste place et quel que soit votre milieu social, car même au plus bas de l’échelle, nous sommes des nantis. Nous ne connaissons pas la peur des bombardements, ni la faim, ni la crainte d'être maltraités...  la liste est longue. 

    C'est avec beaucoup d'émotions donc que nous suivons le périple de l'auteur et son frère Mohamed. Une bataille quotidienne pour survivre et se rapprocher de cette Europe au parfum d' Eldorado. Mais même bien avant que les migrants refluent par vagues  vers les côtes Européennes, il n'a pas aisé de passer la barrière entre l' Asie et l' Europe. C'est un périple semé d’embûches, de peur, de sueur et de sang.

    J'ai pleuré... souvent.

    J'ai pleuré devant le manque d'humanité de l' Homme.

    J'ai pleuré en voyant qu'il existe encore des Hommes et des Femmes prêts à des sacrifices pour  en aider un autre plus malmené par la vie que lui, lui tendre la main, l’accueillir dans sa famille. Je voudrais être cet homme là.

    J'ai été impressionnée par cette solidarité Afghane, par ce peuple démuni qui se serre les coudes, par sa fierté, sa volonté féroce d'offrir aux siens une vie meilleure.

    J'ai pleuré devant la cupidité humaine, que ce soit celle des passeurs ou autres profiteurs du système qui profitent de la détresse d'autres humains.

    J'ai pleuré devant les à priori (clandestins = voleurs, bagarreurs..., rien ne leur est épargné).

    J'ai admiré le courage de l'auteur, sa ténacité, mais aussi celle de son frère Mohamed.

    J'ai partagé les peurs, les doutes, l'espoir de protagonistes. Je suis tombée avec eux, me suis relevée aussi, vivant cette aventure comme si j'étais avec eux.

     Oui l'auteur nous adresse un vivant  et vibrant témoignage de ce récit d'exil qui ne laissera personne indifférent. Narré sous forme de dialogue et au présent, sorte de dédicace à son frère Mohamed disparu. L'auteur nous brosse un portrait très vivant de ses péripéties, favorisant par le mode narratif une proximité avec le lecteur. Le rythme  est souple et agréable. Le tout est très digne. l'auteur ne sombre jamais dans le mélo et fait preuve de beaucoup de pudeur, sans compassion ni colère. Il nous fait partager les épreuves d’un déracinement, la violence du voyage, la peur et la pauvreté et la lente intégration.

    « C’est dur, mais c’est mieux que chez nous ».

    Des aventures somme toute incroyables pour un enfant de tout juste 8 ans quand il démarre ce voyage dans des conditions inimaginables. Il force notre respect par sa détermination sans faille, sa foi ardente et l'espoir qui se s’éteint jamais.

    Un livre à transmettre à tous pour que chacun puisse s'interroger et remettre en question ses rancœurs envers tous ces migrants qui ne cherchent qu'à fuir des pays en guerre, où dans lesquels ils sont maltraités, qui ne rêvent que d'une vie meilleure.  

    « En Afghanistan, il y avait la guerre et je croyais que c’était partout pareil parce que je n’avais jamais rien vu d’autre. Tous les jours, un missile partait détruire quelque chose, même si on ne comprenait pas bien qui était contre qui. »

    Merci Carine Verschaeve  pour ce beau cadeau, merci Ali pour cette belle leçon d'humanité qui nous fait reflechir au sens des vrais valeurs.

     

    Ce soir on regardera les étoiles

     

    Coups de Coeur

     

    Ce soir on regardera les étoiles

     


     Avec Gaelle.

     

    Extraits citations

     

     " L'espace d'un instant, je me demande à quoi cela sert d'être heureux si on a plus personne avec qui le partager..." 

     

    "- Je ne veux pas partir. je veux attendre maman.

    mais finalement nous sommes partis.

    - Nous sommes comme les oiseaux, as-tu dis.

    -Pourquoi ?

    - Parce que les oiseaux volent là où ils veulent et nous, on va aller très loin."

     

    " même s'ils devaient garder une kalachnikov à portée de main, les instituteurs  étaient tous gentil et bien formés; ils nous enseignaient les mathématiques, la langue dari, la grammaire persane, comme dans une école normale, sauf qu'ils devaient être armés, dans un pays où beaucoup d'enfants possédaient un pistolet. "

     

    "certains jours, le bruit se répand parmi nos compatriotes que la police arrête les Afghans: ils en prennent quelques uns au hasard et ils les renvoient chez eux pour faire plaisir aux Iraniens. C'est comme vider la mer avec une petite cuillère mais c'est grave pour nous; en un instant on peut out perdre ..."

     

    "- Nous sommes restés en bon terme avec eux et nous avons bien fait, mais il ne faut pas leur faire confiance; ils ne sont pas méchants, mais ils sont tous résignés et quand on se résigne, c'est dangereux.

    -Qu'est-ce que ça veut dire "être résigné" ?

    - ça veut dire qu'ils ont oublie de voler de leurs propres ailes "  

     

    "Ils savent que tu es parti. Pourquoi  ne me demandent-ils pas  si tu es arrivé, si tu vas bien ? Quand je sors, je me sens comme un chien abandonné, pourtant  je me dis que ce n'est  même pas ça, c'est pire encore : les chiens en laisse ne sont peut être pas libres, mais au moins ils savent que quelqu'un pense à eux"

     

    "même moi je sais que ce mariage ne compte pas, que c'est seulement un jeu entre eux, mais la célébration donne à toute le monde énormément d'espoir"   

     

    " a présent nous pouvons circuler en Grèce mais après l'avoir conquise, nous ne savons  pas très bien que faire de toute cette liberté"

     

    "  Les gens qui parlent des émigrés utilisent souvent le mot "désespéré " mais ce que moi je pense, aujourd’hui, à Rome, dans ma vie italienne c'est qu'il n'y a rien de plus semblable à l'espoir que  la décision d'émigrer : espoir d'arriver dans un endroit meilleur, espoir de réussir, espoir de survivre, espoir de tenir bon, espoir d'un dénouement heureux, comme au cinéma. Il est normal que tout être humain cherche désespérément à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d'y arriver."

     

    "le plus dur de ma vie a été celui où j'ai pensé avoir fait tant de route pour rejoindre une  terre promise qui n'existait que dans nos têtes."

     

    "-comment s'appelaient tes parents ?

    - Laila et ..

    Je m'interromps au milieu de la phrase. 

    Ce n'est pas possible

    - je ne me rappelle pas.

    - Comment ça tu ne te rappelle pas

    (...)

    Le plat préféré de papa. la couleur préférée de maman, tant de petites choses que nous nous étions racontées, toi et moi, tous les soirs, sans penser à la plus importante. Je regarde le policier (...) mais je sais pourquoi je ne m'en souviens pas. Nous l’appelions toujours papa et donc, pour moi c'était seulement papa"

     

    © A. Ehsani et F. Casolo.


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    Je viens de loinL’épreuve fut difficile (Oh combien !), mais je l’ai surmontée… enfin presque, pas sans encombre, évidemment…
    Je vais vous raconter mon AVC (avant, pendant, après) et le bouleversement, le tsunami qu’il a provoqué dans ma vie, dans nos vies. La famille, les amis et les collègues m’ont aidée… mais, vous le verrez, c’est à mon bébé que je dois la vie… Une formidable histoire d’amour est née entre ma fille et moi.
    Tout ce que je n’ai pas pu dire, ou écrire… sur les relations avec mon mari, sur l’amour mystérieux, méconnu, presque idéal… je le confesse, ici.
    Comment vous donner envie d’aller plus avant dans mon récit sans vous conter la toute fin de l’histoire ? Mais mon histoire est sans fin puisque mon existence n’est pas achevée ! Cependant, j’en ai tiré tant de leçons que je voudrais partager avec vous.
    Est-il possible que l’AVC soit le générateur imprévisible de ce modeste hymne à la vie ?
    Que ferions-nous sans espoir ? On peut considérer ce qui m’est arrivé comme la source inépuisable d’une magnifique aventure. Si vous saviez combien j’ai envie de vivre, de pouvoir faire ce que je n’ai pas pu entreprendre auparavant ! J’ai croqué, je croque encore, et je croquerai toujours la vie à pleines dents…

    Alors, pourquoi pas vous ? 

    Editeur : Persée Editions
    Genre: Autofiction
    Date de sortie: 22/11/2017
    Prix du livre papier : Broché 16,20€ 
    Version numérique: 7,99€
    ISBN:   2823121935

     

     

     

    Je viens de loinTout d'abord je vous dire un grand merci à  Claire Garcia-Deloffre et aux éditions Persée pour ce SP.

    L'auteure nous raconte les conséquences de son AVC, véritable tsunami dans sa vie, mais aussi l'avant, pour que nous puissions mieux comprendre, la comprendre.

    Ce petit ouvrage très court est une pépite.

    D'abord de part la plume de l'auteure, ses illustrations personnelles faites par son mari, mais surtout pour le message fort qu'elle veut transmettre à travers ce récit lui même , un hymne à la vie, sous forme d'auto-fiction.

    Une autofiction donc tirée de l'expérience de Claire sublimée par la plume de notre narratrice. Un récit qui vient du coeur, une expérience qui donne espoir  à ceux qui vivent ou ceux qui vivront, personne n'est à l'abri, 'un tel drame avec lequel il faut composer après avoir accepté les effets secondaires du handicap, de l'image de soi sur nous même sur les autres, les proches ou les anonymes. 

    Mais le chemin est long semé d’embûches, de luttes de chutes.

    Un bel hommage aux soignants auquel je ne suis pas insensible,vu bien sûr que j'en suis une, enfin toujours dans l'âme, aux patients aussi, à tous ceux qui ont portés,poussés, soutenus, Claire et sans lequel sans doute la fin n'aurait peut être pas été aussi belle.

    L'auteure nous émeut avec son histoire qu'elle nous narre avec simplicité, sans apitoiement et beaucoup de pudeur. Nous vivons avec les épreuves, percevons les regards des autres sur ce qu'elle est devenue, regards d'inconnus mais des siens aussi et pas tous les jours faciles d'y lire ce quelle est pour beaucoup : une handicapée. Oui le lecteur souffre avec elle, s’émeut, s'insurge de ces réflexions déplacées faites souvent en toute innocence.

    J'admire Claire pour sa volonté farouche, mais surtout pour sa faculté, au bout du chemin, de vivre avec son handicap après qu'elle ait tracé pour nous le chemin de l'acceptation et de l'adaptation à son nouveau monde.

    Une leçon de vie qui nous fait prendre conscience de l'importance d'apprécier le bonheur à son juste prix.

    " le bonheur... Ce après quoi tous les humains courent ! Si le récit de mon aventure, de mon "heureuse tragédie",  vous a permis de prendre conscience de votre bonheur, alors je n'aurais pas perdu mon temps" 

    Touchée Claire, vous n'avez pas perdu votre temps. Merci et encore merci ! 

    Un coup de coeur. Un récit à lire absolument.

     

     

    Je viens de loin

     

     

    Extraits citations

     

     

    " Je m'étais imposée un modèle, Lolita, une autre patiente rencontrée dans un des hôpitaux de Berck. Elle récriait avec  véhémence " battez vous contre la fatalité" Et oui c'est pourquoi nous étions la  : la fatalité"

     

    " (...) "la fatalité vient à semer un parcours d’embûches, mais ces embûches nous les vaincrons " , Néanmoins, nous tenons en main notre destin et nous faisons ce qu nous voulons de notre vie, dans la mesure où les choix que nous privilégions sont justes. Il convient d'arranger les petites et les grandes choses de notre destinée"

     

    " fameuse autorité parentale ! En avais-je l'autorité, moi ? Pas sure ! En matière d'autorité, les enfants sont ce que nous faisons d'eux . A bon entendeur, salut...!

     

    " Il n'y a rein d'impossible dans la vie, il suffit juste d'y croire"

     

     

     


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    Jamais sans mes soeurs : Livre itinérant et LCCeleste, Kristina et leur demi-sœur Juliana ont toutes les trois été élevées et ont grandi dans la terrible secte des Enfants de Dieu. Celeste et Juliana n'ont pu échapper à la secte que très récemment. Séparées dès leur plus jeune âge, les Sœurs témoignent ici à trois voix de leur expérience au cœur de cette organisation internationale qui, sous couvert de la " Loi d'amour ", prêchait la pédophilie et la violence. Victimes dès l'âge de 3 ans de tortures physiques et mentales, forcées à la mendicité et à la prostitution, violées par les membres de la secte, conduites de pays en pays sous de fausses identités, elles livrent ici le témoignage bouleversant de leur jeunesse sacrifiée et de leur difficile combat pour la reconstruction

     

     Editeur :  Archipoche
    Genre:  biographie
    Date de sortie: 03/05/2017
    Prix du livre papier :  Broché : 16,90€ poche 7,80€ 
    Version numérique: 6,99€ 
    ISBN: 2377350151 

     

      

     Jamais sans mes soeurs : Livre itinérant et LC

    Cela fait un petit moment que l'actualité ne parle plus de ces sectes dangereuses qui au nom de la foi manipulent leurs membres commentant à leur endroit manipulations psychologiques et perpétrant au nom de préceptes soi disant fixés par Jesus Christ notre sauveur des abominations.

    Cette histoire en est la preuve. Le plus effrayant c'est que cette secte existe toujours. Continue-t-elle  prôner l'amour, violentant les enfants, pratiquant l’inceste et toute autres horreurs que nous racontent les auteures, Kristina, Celeste et Juliana ?

    En suivant leurs différentes histoire, le lecteur est horrifié par le rôle des parents acceptant ou niant les maltraitances subies par leurs enfants.

    Le père au départ semble bien sympathique, aimant ses enfants jusqu'à ce que tres rapidement il accepte les  monstrueuses lois communautaires.

    Une communauté avec pour gourou, un pervers narcissique, pédophile et proxénète.

    L'on a beaucoup de mal a imaginer que l'on puisse imposer des relations sexuelles à des enfants dès l’âge de 4 ans, alors que notre cœur se serre devant les abus des adultes envers des enfants de cet âge. 

    Celeste nous narre sa vie dans la secte avec beaucoup de pudeur, Juliana et Kristina sont beaucoup précises dans leurs écrits, avec des descriptions détaillées de ceux qu'elles ont subi sexuellement. 

    Le lecteur est surpris par l'amour  inconditionnel qu'elles portent à leur père, l'adulte qui aurait du les protéger. L'on reste aussi étonné de leur maturité d'esprit précoce, comprenant très tôt que l’inceste, les relations sexuelles imposées sont contre nature. Surprenant aussi que cet esprit rebelle se retrouve chez plusieurs personnes de la fratrie, tout comme les souvenirs datant de l'âge de 3 à 4 ans. J'ai si peu de souvenirs de cette époque, que je m'interroge. 

    Par l’intermédiaire de cette lecture  (eh oui je me suis documentée) l'on apprend que les membres de la Famille Royale, statut que s'est octroyée ce sociopathe de David Berg, le gourou, ont eux même vécu un véritable calvaire, Aaron un de ses fils s'est suicidé, sa fille Deborah a quitté la communauté et écrit un livre et Davidito  à l'âge adulte a assassiné sa nourrice qui avait avait abusé de lui et s'est ensuite suicide à son tour ( on trouve sur le net la vidéo qu'il a faite et qui explique ce meurtre suicide)

    Cette biographie est donc très intéressante et en cherchant toujours des complètements d'infos, j'ai découverts une liste d'anciens membres de la secte, dont certains acteurs assez connus pour ne citer que Rose McGowan de la série Charmed. Ce qui nous donne à croire que l'espoir existe et que l'homme est résilient ce qui lui permet de s'en sortir.

    Les 3 sœurs nous offrent un témoignage bouleversant de la folie sectaire et de le conditionnement qu'elles sont subies et combien il est difficile de sortir de cercle infernal. On ne peut qu'admirer leur courage et la volonté farouche de la mère qui éloignée de la Famille et de son compagnon malfaisant a pu enfin "reprendre ses esprits" et ses enfants combatifs malgré l'endoctrinement qui ont permis très tôt de comprendre l'immoralité des règles abusives de la secte.

    Cependant le lecteur reste sous le choc, comment une telle secte peut elle encore exister malgré la mort de David Berg sans être inquiété malgré les témoignages des enfants maltraités ? 

    On ne peut qu’espérer que cette histoire bouleverse un peu l'ordre établi et que justice soit faite avec ce  livre témoignage. 

    Bref difficile d'attribuer une note à ce roman autobiographique.

     

     

    Extraits citations

     

    "Mo savait utiliser comme personne les femmes et le sexe pour influencer les hommes de pouvoir et ceux du gouvernement."

     

    "on peut peut-etre pardonner, mais on ne peut pas simplement oublier une vie de souvenirs. Contrairement à la mémoire d'un ordinateur, l'esprit n'a pas de touche effacer"

     

    "j'avais abandonné quelqu'un que j'aimais pour un culte qui ne m'aimait pas"

     

    " Ne perds jamais tes rêves de vue. Car ne pas avoir de rêves, c'est de ne pas avoir d'espoir, c'est ne pas avoir de but"

     

    "il est difficile de se réveiller un jour et de se rendre compte que vous avez vécu toute votre vie sous la coupe du mensonge de quelqu’un d'autre"

     

    "tout groupe capable de détruire de la sorte une famille était le vrai monstre, et pas le contraire"

     

    " l'espoir peut se révéler un instrument puissant entre les mains de celui qui le détient, car il peut le donner ou le supprimer à sa guise"

     

    " Le mal  ne peut triompher que tant que les gens de bien ne font rien"

     

    "pour finir, ce que le Système appelait abus n' en était pas vraiment puisque c'était fait dans l'amour"

     

     " j'appris alors que le partage n'était véritable que s'il faisait mal"

     

    © Kristina, Celeste, Juliana

     

     

    Avec Gaelle

     

    Jamais sans mes soeurs : Livre itinérant et LC

     

     

     


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    Bakhita

     

    Née dans un village du Darfour vers 1868, Bakhita est enlevé à 7 ans par des négriers qui vont la revendre sur le marché aux esclaves d'El Odeïd, en plein coeur du Soudan. Passant de maître en maître, tous aussi cruels et impitoyables, elle est rachetée à Khartoum par le cousul d'Italie et atterrie à Gênes avant d'être donnée à un couple habitant près de Venise. Placée chez les sœurs de la charité canossienne en attendant de repartir avec eux au Soudan, elle demande à y être baptisée puis à être religieuse au grand effroi de ses maîtres qui lui font un procès. 

    Dans les années 30, sa biographie est publiée avec succès, elle incarne pour tous l'histoire édifiante de l'esclave devenue fille de Dieu et devient objet de propagande sous Mussolini. 

    Telle est l’authentique histoire de Bakhita, morte en 1947 et canonisée en 2000 dont l'auteur s'empare avec une rare empathie et un incomparable talent d'écriture pour en restituer au-delà des images pieuses et de l'hagiographie les drames et l'incompréhension.

     

    Editeur :  Albin Michel
    Genre:  Biographie
    Date de sortie: 23/08/2017
    Prix du livre papier : Broché  22,90€ 
    Version numérique: 15,99€ 
    ISBN: 2226393226 

     

     Bakhita LC et challenge janvier 

     

     J'étais très impatiente de découvrir cette histoire vraie dont les avis sont très positifs, mais au risque de passer pour  une extraterrestre, je dois dire que je sors de cette lecture avec un avis mitigé.  

    D'abord de Josephine Bakhita cette sainte canonisée par Jean-Paul II en 2000, donc assez récemment, je ne connaissait rien.  Donc la curieuse que je suis me suis intéressée au personnage en dehors de cette histoire romancée de Veronique Olmi. J'étais donc surprise qu'un événement pareil soit passé inaperçu, des saintes célèbres et bien on les connait pour leurs actions dans le genre de celles de Mère Theresa.

    C'est donc ce volet là dans cette aventure qui m'a frustrée. Bien que l'auteure déroule de parcours de Bakhita jusqu'à sa mort, le volet religieux, à mon sens important est peu développé. L'auteure s'attache bien davantage à sa place au sein de la communauté, à  sa négritude qui effrayait les autres, y compris les religieuses ce qui lui valut d'être exposée comme une bête de foire, dans le but de les rassurer et pour qu'ils "s'habituent". J'avoue en avoir été choquée peut être même davantage que par les exactions de ces vautours d'esclavagistes.Tout comme par le fait que la communauté religieuse utilise l'Histoire merveilleuse ( c'est le titre des premiers écrits sur notre héroïne par Ida Zanolini), celle de cette enfant esclave, prédestinée à vivre dans l'amour de Dieu. Et ainsi utiliser son aventure douloureuse pour obtenir, il faut le dire pour de l'argent. Tout ceci est bien terre à terre. Petite digression pour expliquer que j'aurais aimé connaitre quelles furent les actions de Madre Moretta pour être une jour béatifiée et canonisée.

    Véronique Olmi nous offre cependant une oeuvre remarquable, en traduisant les pensées supposées d' une gamine de 9 ans, en butte aux mauvais traitements d'hommes, de femmes et d'enfants,  choquant le lecteur avec cette aventure incroyable.

    Incroyable car on se demande comment une gosse aussi jeune ait pu parvenir à survivre dans des conditions si cruelles, subissant maltraitance sur maltraitance. 

    D’où l'histoire merveilleuse et le rapport à la religion. Dieu nous envoie des épreuves et bla bla bla. Bref même les non croyants connaissent les préceptes. Du genre il faut souffrir pour obtenir son entrée au royaume de Dieu. Donc le destin de Bakhita était écrit, elle servirait Dieu un jour, et sans le savoir encore c'est cette force invisible dont l'auteur parle parfois qui la porte. Est-ce ce qui lui a permis de survivre dans des conditions inhumaines, que l'auteur nous décrit avec force, nous perturbant émotionnellement.

    Comment autant de cruauté, est-elle possible ? Comment l' Homme peut-il être aussi sadique. Comment peut-on asservir et avilir un être humain, le maintenir sous sa coupe, asseoir son pouvoir de vie ou de mort maintenant un individu au rang d'animal, voire d'objet que l'on jette quand il est cassé ?

    Veronique Olmi maîtrise son sujet sur l'esclavage  et la vie religieuse dans un couvent au XIXe. Son style est particulier, elle ne se contente pas de re-raconter les aventures de Bakhita, elle les vit, et le lecteur les vis avec elle. Tout tourne autours des émotions, des pensées  de notre héroïne, cette gamine violentée au point d'en oublier, son nom, son village d'origine.

    Elle développe certains sujets perturbants. Devenir un esclave libre dans le contexte du XIXe n'est pas forcement une bonne chose. Ces hommes et femmes asservis n'ont plus de repères pour reprendre une vie normale. Et de ce fait ceci m'a fait m'interroger sur les choix de Bakhita. On nous vend une histoire de foi,je ne récuse pas cette affirmation, mais  et si tout simplement dans les premiers cette enfant perdue n'avait pas trouvé dans ce couvent Vénitien, un lieu sécurisant hors le mode extérieur brutal et dangereux ?

    La plume de l'auteure est fluide, poétique et très descriptive sans pour autant être ennuyeuse. Véronique Olmi nous transporte  dans une Afrique de tous les dangers, mais aussi traite d'une période sombre de l'Histoire Italienne avec Mussolini au pouvoir. 

    Elle nous offre sa vision personnelle de la vie de notre héroïne. Cependant, j'aurais aimé savoir pourquoi et comment l'auteur s'est imprégnée du personnage, à part les remerciements en fin de livre, on ne trouve pas hélas de petite note supplémentaire expliquant les raisons de ce choix de rendre hommage  à Bakhita.

    Donc je reste un peu frustrée tout en reconnaissant que l'auteur manie la plume avec brio pour faire connaitre le parcours atypique de cette religieuse peu connue du public.

    Aucun lecteur ne peut rester insensible à une telle histoire de vie racontée avec talent.

     

     

     

    Avec Gaëlle

     

    Challenge 

     

    Bakhita:  LC,  challenge janvier et Défi lecture 2018

    et 

    Bakhita:  LC,  challenge janvier et Défi lecture 2018

     

     

    Extraits citations

     

    "Il y a un souvenir et une trace dans l'univers, qui ne s'efface pas. Rien ne s'invente. Et rien ne s'efface."

     

    "On leur avait tout arraché. Elles avaient tout vu. Et  leur coeur, étrangement, continuait à battre."

     

    "Elle porte en elle  cette malédiction et la fascination pour ce qu'on imagine d'elle et qu'elle n'est pas. Elle fait peur aux enfants, elle dégoûte les vieillards, attire les hommes comme une bête qu'on aimerait dompter pour tester sa propre puissance et révéler sa suprématie."  

     

    "elle veut être baptisée et devenir la fille d'un père qui ne l'abandonnera jamais"

     

    "Ce  sera un homme avec les souvenirs d'une enfance qui ne se raconte pas. Un être sans descendance"

     

    "Toutes les marques d'infamie étaient cachées, la tunique était comme un voile de pudeur depuis son enlèvement, elle a ressenti qu'il y avait quelque chose d'elle qui n’appartenait qu'à elle. Son  corps objet de profit et de tant de violences, lui était rendu, dissimulé aux autres il devenait un secret." 

     

    "On croit toujours quand on est malheureux qu'on le sera toujours"

     

    "Toute nouveauté est une menace"

     

    "Quand on a mal. Quand on faim. On aime plus. On n'en a plus la force, elle le sait. Alors elle nourrit les blessés pour qu'ils retrouvent en même temps que le gout du pain celui de la vie."  

     

    " a Vimercate elle n'est plus cet objet de peur et de curiosité qu'elle a pu être."

     

    " L'amour des maîtresses pour elle était un caprice"

     

    "Elles le savent, elles vont trouver un moyen, l’évasion commence par l'esprit."

     

    "c'est la musique tranquille d'un village paisible qui cultive ses champs, une image de paradis perdu qu'elle gardera pour se persuader que ça a existé."

     

    © V. OLmi


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    28 jours     Mira, seize ans, passe de la nourriture en fraude pour survivre dans le ghetto. Lorsqu'elle apprend que toute la population juive est condamnée, elle décide de rejoindre les combattants de la Résistance. Aux côtés de Daniel, Ben, Amos, et tous ces jeunes gens assoiffés de vivre, elle tiendra longtemps tête aux SS, bien plus longtemps que quiconque aurait pu l'imaginer. En tout, 28 jours. 28 jours pendant lesquels Mira connaîtra des moments de trahison, de détresse et de bonheur. 28 jours pendant lesquels elle devra décider à qui appartient son coeur. 28 jours pour vivre toute une vie. 28 jours pour écrire son histoire.
    Fils de déportés juifs, David Safier revient sur la pire tragédie du xxe siècle en mêlant la petite à la grande histoire. Si l'auteur de comédies désopilantes a changé de registre, il n'a rien perdu de son ambition : confronter le lecteur aux grands questionnements de l'existence en l'arrachant au confort de son quotidien. Avec ce roman d'initiation bouleversant et humaniste, basé sur des événements authentiques, c'est chose faite.

     

    Editeur :  Presse de la Cité
    Genre: Litterature contemporaine
    Date de sortie: 12/10/2017
    Prix du livre papier : Broché : 21,50€
    Version numérique  : 14,99€
    ISBN: 2258116856 

     

     

    28 jours . C'est le temps que les résistants du ghetto  de Varsovie ont tenu tête aux Allemands avant que les derniers résidents ne soient exterminés et le ghetto détruit.

    C'est le nombre de jours qu'il a fallu à Mira pour parvenir au terme de sa quête initiatique : Quel sorte d'humain voulait-elle être :  combattante,  vengeresse, celle qui veut simplement vivre ? Une jeune fille de 15 ans devrait-elle se poser de telles questions, en débattre

    "_ et en nous défendant nous rendons la lignite à notre peuple

    _ Il y a des choses plus importantes que la dignité

    _ Ah oui ? Et quoi ?

    _ la survie"

    au lieu d’être juste une jeune fille de 15 ans ?

    Nous aussi nous interrogeons ce que nous voudrions être sans conditions de vie extrêmes A 15 ans nos questions existentielles sont ou ont été bien différentes de celle de Mira, faites en toute liberté de choix. . Mais dans ce ghetto, les conditions de vie et la crainte de mourir ne faussent-elles pas la donne ? le libre arbitre existe-il vraiment ?

    Dans cette ville fantôme tout s'achète et tout se vend même la vie d'un autre si celle-ci peut sauver la sienne ou simplement obtenir un bout de pain. C'est condamnable non ?

     Mais peut-on être juge quand la barbarie et la cruauté de certains individus vous poussent à de telles extrémités ?

    Chaque individu est différent et le seuil de tolérance propre à chacun. Peut-on condamner ou élever au rang de héros telle ou telle personne suivant nos valeurs, alors que nous n'avons rien vécu de toute cette souffrance  ?

    Peut-on comprendre que l'on attente à la vie d'un enfant que l'on suspecte de trahison ? Peut-on condamner une mère qui sacrifie son bébé persuadée qu'elle pourra en avoir d'autres, comme si un bébé pouvait remplacer l'enfant sacrifié ?

    Doit-on accepter les dommages collatéraux au nom de la survie d'un groupe ?

    Qu'est-ce qui est légitime : sacrifier les autres dans le combat ou dans celui de la survie personnelle ?

    J'ai pleuré à chaque sacrifice de vie humaine au nom de la survie, j'ai pleuré pour Mira, Daniel, Amos,  et tous les autres, les personnages réels de cette histoire, les anonymes auquel David Safier rend hommage avec vibrante et émouvante histoire.

    Une histoire authentique romancée sombre mais pas que; Mira nous fait partager ses espoirs et ses rêves, elle nous fait rire car même si la mort rode elle vit des moments intenses de joie et d’amour. C'est Mira qui nous conte son histoire, le quotidien du ghetto, les humiliations, la faim, la peur..

    L'amour, l'amitié, les valeurs n'ont pas disparues totalement dans cet univers ou chaque jour vécu de plus est un jour de gagné, chaque minute est importante et il ne faut pas gaspiller les précieuses secondes de bonheur grappillé. Hannah le comprend vite. La petite sœur s'invente des histoires pour embellir sa triste vie, un moyen de tolérer un  quotidien insupportable, Hannah  encore une enfant dans son corps mais une adulte dans sa tête qui cherche à être transparente, son mode de  survie.

    " Hannah préférait devenir invisible. Dans le ghetto les invisibles  survivaient plus longtemps que les plus fors"

    Un roman poignant et magnifique, qui nous pousse à nous interroger sur la valeur de la vie, sur la personne que nous sommes, sur celle que nous voulons être. Sur ce que je serais capable de faire dans une telle situation . Serais-je capable de tuer quelques en soient les raisons ? Sauverais-je des vies ? Mettrais-je la mienne en jeu pour en sauver d’autres ? Serais-je un Korczak ? Ou au contraire un Simon ?

    Au terme de cette lecture je voudrais ressembler à Mira, Amos et Daniel. Je voudrais avoir en moi la force de caractère de chacun, parce que tout n'est pas simple ni tout noir ni tout blanc.

    28 jours est un roman initiatique bouleversant et humaniste, qui nous bascule dans une des pire tragédie de l' histoire,  nous  confronte  aux grands questionnements de l'existence, nous pousse dans nos retranchements en nous bousculant en cette période contemporaine où les ghettos et la ségrégation existent toujours

    David Safier m'avait fait rire avec son roman loufoque et désopilant  Maudit Karma, ici il nous prouve que son talent ne s'arrête pas à la comédie et qu'il peut nous toucher en plein cœur.

    Quel que soit le genre, sa plume frappe fort et vous accroche au point que une fois lus les premiers chapitres lus, le lecteur ne peut plus abandonner les héros jusqu'à l'issue finale, et nous tient haletants et tremblants pour les protagonistes, espérant un happy-end.

    Une pépite à lire absolument.

    Merci à Masse Critique Privilège, Babelio, les Editions Presse de la Cité  pour m'avoir permis de faire cette magnifique lecture et à  l'auteur Mr David Safier pour cet hommage aux anonymes du Ghetto, le Mira, Daniel,Amos et autres, ainsi qu'aux plus connus Janus Korczak, Mordechaj Anielewicz,deux  personnes luttant à leur manière. Un livre à lire quel que soit l'âge.

     

     

     

     

     

    Pour en savoir plus sur certains personnages réels de cette tranche d'histoire

     

    28 jours

     

    Janusz Korczak

     

    28 jours

     

    Mordechaj Anielewicz

     

    28 jours

    Ghetto de Varsovie

     

     

    Extraits citations

     

    "je faisais souvent ça quand la peur me submergeait, toucher une surface  quelconque (...) l'essentiel était de savoir qu'il existait autre chose que ma peur"

     

    "les hommes étant tous égaux dans la mort -mème si les religions prétendent le contraire -les cimetières catholiques et juif étaient voisins.."

     

    "moi aussi j'avais compris quelque chose en marchant pieds nus dans l'eau glacée (...) tandis que mon père me regardait rempli de honte. Les adultes ne pouvaient plus me protéger.

     

    "_ tout être humain a ses faiblesse, surtout dans  le monde où nous vivons, reprit-elle. Tu ne devrais pas  nous juger"

     

    "je croyais plus à la survie qu'à la fierté

     

    "Daniel regrettait de ne pas être allé à la mort avec ses frères et sœurs orphelins, et mon frère  y envoyait les autres pour sauver sa propre peau"

     

    " (...) et ma mort devait avoir un sens. C'était la seule façon d'en donner un à la mort d ... Et à sa vie. Et  à ce qu'il restait de la mienne"

     

    'le vainqueur est celui qui a le moins peur. Voilà ce que j'avais compris. Voilà pourquoi les Allemands avaient gagné contre nous les Juifs.  Jusqu'à présent. Parce que maintenant nous n'avions plus peur. Parce que nous étions déjà morts"

     

    " tant que nous pensons à elle, elle n'est pas morte"

     

    "dans ce cinéma avec ce garçon qui me tenait la main, je sus quelle sorte d'humain je désirais le plus être : quelqu'un de tout à fait normal, menant une vie ordinaire"

     

    "il mourrait heureux, parce que, dans les derniers instants de sa vie nous lui avions rendu sa dignité"

     

    "face à la mort ce qui est important pour les être humains n'est pas toujours logique"

     

    "_la deuxième arme la plus puissante des tyrans est le mensonge ...

    _ Et la première ? demanda Hannah

    _ la peur"

     

    © D. Safier

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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