• Ce soir on regardera les étoiles

     

    Ce soir on regardera les étoilesLa guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
    Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.

    Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d'un poids lourd en partance pour l'Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
    Car Mohammed, son grand frère, son héros, s'est égaré en chemin… Qu'est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d'être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

     

    Editeur :  Belfond
    Genre: Roman étranger
    Date de sortie: 1/02/2018
    Prix du livre papier : Broché  21,00€  
    Version numérique: 14,99€ 
    ISBN: 2714475787  

     

     

    Ce soir on regardera les étoilesComment résister à une invitation au bookclub du Cercle Belfond ? A ce jour les lectures proposées par  Carine Verschaeve m'ont toujours enchantée et grâce  à elle j'ai découvert des auteurs qui m'étaient jusqu’alors inconnus. Et un bookclub est une expérience à ne pas rater.  

    Nous voilà donc, avec ma binôme Gaelle, en route pour cette aventure sur les pas d' Alì Ehsani et son frère Mohamed des terres désolées d'Afganistan aux mirages des côtes Italiennes. Un long chemin semé d’embûches, de rêves,  de doutes et d'espoir.

    Comment suivre ce témoignage émouvant écho réel d'une tragédie sans en être bouleversée au point de devoir refermer ce livre par moments tellement certains passages vous retournent le coeur et l'âme.

    Comment ne pas s'insurger contre la cruauté humaine et même contre l’indifférence des uns et des autres  ?

     L'histoire d'Alì Ehsani vous remet à votre juste place et quel que soit votre milieu social, car même au plus bas de l’échelle, nous sommes des nantis. Nous ne connaissons pas la peur des bombardements, ni la faim, ni la crainte d'être maltraités...  la liste est longue. 

    C'est avec beaucoup d'émotions donc que nous suivons le périple de l'auteur et son frère Mohamed. Une bataille quotidienne pour survivre et se rapprocher de cette Europe au parfum d' Eldorado. Mais même bien avant que les migrants refluent par vagues  vers les côtes Européennes, il n'a pas aisé de passer la barrière entre l' Asie et l' Europe. C'est un périple semé d’embûches, de peur, de sueur et de sang.

    J'ai pleuré... souvent.

    J'ai pleuré devant le manque d'humanité de l' Homme.

    J'ai pleuré en voyant qu'il existe encore des Hommes et des Femmes prêts à des sacrifices pour  en aider un autre plus malmené par la vie que lui, lui tendre la main, l’accueillir dans sa famille. Je voudrais être cet homme là.

    J'ai été impressionnée par cette solidarité Afghane, par ce peuple démuni qui se serre les coudes, par sa fierté, sa volonté féroce d'offrir aux siens une vie meilleure.

    J'ai pleuré devant la cupidité humaine, que ce soit celle des passeurs ou autres profiteurs du système qui profitent de la détresse d'autres humains.

    J'ai pleuré devant les à priori (clandestins = voleurs, bagarreurs..., rien ne leur est épargné).

    J'ai admiré le courage de l'auteur, sa ténacité, mais aussi celle de son frère Mohamed.

    J'ai partagé les peurs, les doutes, l'espoir de protagonistes. Je suis tombée avec eux, me suis relevée aussi, vivant cette aventure comme si j'étais avec eux.

     Oui l'auteur nous adresse un vivant  et vibrant témoignage de ce récit d'exil qui ne laissera personne indifférent. Narré sous forme de dialogue et au présent, sorte de dédicace à son frère Mohamed disparu. L'auteur nous brosse un portrait très vivant de ses péripéties, favorisant par le mode narratif une proximité avec le lecteur. Le rythme  est souple et agréable. Le tout est très digne. l'auteur ne sombre jamais dans le mélo et fait preuve de beaucoup de pudeur, sans compassion ni colère. Il nous fait partager les épreuves d’un déracinement, la violence du voyage, la peur et la pauvreté et la lente intégration.

    « C’est dur, mais c’est mieux que chez nous ».

    Des aventures somme toute incroyables pour un enfant de tout juste 8 ans quand il démarre ce voyage dans des conditions inimaginables. Il force notre respect par sa détermination sans faille, sa foi ardente et l'espoir qui se s’éteint jamais.

    Un livre à transmettre à tous pour que chacun puisse s'interroger et remettre en question ses rancœurs envers tous ces migrants qui ne cherchent qu'à fuir des pays en guerre, où dans lesquels ils sont maltraités, qui ne rêvent que d'une vie meilleure.  

    « En Afghanistan, il y avait la guerre et je croyais que c’était partout pareil parce que je n’avais jamais rien vu d’autre. Tous les jours, un missile partait détruire quelque chose, même si on ne comprenait pas bien qui était contre qui. »

    Merci Carine Verschaeve  pour ce beau cadeau, merci Ali pour cette belle leçon d'humanité qui nous fait reflechir au sens des vrais valeurs.

     

    Ce soir on regardera les étoiles

     

    Coups de Coeur

     

    Ce soir on regardera les étoiles

     


     Avec Gaelle.

     

    Extraits citations

     

     " L'espace d'un instant, je me demande à quoi cela sert d'être heureux si on a plus personne avec qui le partager..." 

     

    "- Je ne veux pas partir. je veux attendre maman.

    mais finalement nous sommes partis.

    - Nous sommes comme les oiseaux, as-tu dis.

    -Pourquoi ?

    - Parce que les oiseaux volent là où ils veulent et nous, on va aller très loin."

     

    " même s'ils devaient garder une kalachnikov à portée de main, les instituteurs  étaient tous gentil et bien formés; ils nous enseignaient les mathématiques, la langue dari, la grammaire persane, comme dans une école normale, sauf qu'ils devaient être armés, dans un pays où beaucoup d'enfants possédaient un pistolet. "

     

    "certains jours, le bruit se répand parmi nos compatriotes que la police arrête les Afghans: ils en prennent quelques uns au hasard et ils les renvoient chez eux pour faire plaisir aux Iraniens. C'est comme vider la mer avec une petite cuillère mais c'est grave pour nous; en un instant on peut out perdre ..."

     

    "- Nous sommes restés en bon terme avec eux et nous avons bien fait, mais il ne faut pas leur faire confiance; ils ne sont pas méchants, mais ils sont tous résignés et quand on se résigne, c'est dangereux.

    -Qu'est-ce que ça veut dire "être résigné" ?

    - ça veut dire qu'ils ont oublie de voler de leurs propres ailes "  

     

    "Ils savent que tu es parti. Pourquoi  ne me demandent-ils pas  si tu es arrivé, si tu vas bien ? Quand je sors, je me sens comme un chien abandonné, pourtant  je me dis que ce n'est  même pas ça, c'est pire encore : les chiens en laisse ne sont peut être pas libres, mais au moins ils savent que quelqu'un pense à eux"

     

    "même moi je sais que ce mariage ne compte pas, que c'est seulement un jeu entre eux, mais la célébration donne à toute le monde énormément d'espoir"   

     

    " a présent nous pouvons circuler en Grèce mais après l'avoir conquise, nous ne savons  pas très bien que faire de toute cette liberté"

     

    "  Les gens qui parlent des émigrés utilisent souvent le mot "désespéré " mais ce que moi je pense, aujourd’hui, à Rome, dans ma vie italienne c'est qu'il n'y a rien de plus semblable à l'espoir que  la décision d'émigrer : espoir d'arriver dans un endroit meilleur, espoir de réussir, espoir de survivre, espoir de tenir bon, espoir d'un dénouement heureux, comme au cinéma. Il est normal que tout être humain cherche désespérément à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d'y arriver."

     

    "le plus dur de ma vie a été celui où j'ai pensé avoir fait tant de route pour rejoindre une  terre promise qui n'existait que dans nos têtes."

     

    "-comment s'appelaient tes parents ?

    - Laila et ..

    Je m'interromps au milieu de la phrase. 

    Ce n'est pas possible

    - je ne me rappelle pas.

    - Comment ça tu ne te rappelle pas

    (...)

    Le plat préféré de papa. la couleur préférée de maman, tant de petites choses que nous nous étions racontées, toi et moi, tous les soirs, sans penser à la plus importante. Je regarde le policier (...) mais je sais pourquoi je ne m'en souviens pas. Nous l’appelions toujours papa et donc, pour moi c'était seulement papa"

     

    © A. Ehsani et F. Casolo.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Mars à 20:21
    LADY MARIANNE

    un billet très bien organisé et détaillé qui doit te demander beaucoup de temps-
    nonne continuation dans tes lectures et avis- bisous-

    2
    Gaelle GUITTON
    Lundi 5 Mars à 20:53
    J’adore lire tes chroniques et replonger dans le roman. Tu détailles toujours parfaitement les émotions et ce qu’il en ressort du roman. Je t’avouerai que moi c’est l’amour inconditionnel de cette fraternité qui m’a touchée
    3
    Mardi 6 Mars à 08:18

    Je pense que c'est trop dur pour moi ! merci pour ton ressenti ! bonne journée

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